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David Hockney, dans l’intimité du peintre de l’intime

Jéremy Billault 16 février 2017

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Alors que dans quelques mois elle posera ses toiles au Centre Pompidou, l’exposition rétrospective de David Hockney est en ce moment présentée, c’est logique, à la Tate Britain de Londres. De ses débuts à ses toutes dernières oeuvres, Hockney se dévoile comme jamais dans la plus grande exposition personnelle de son histoire. Visite, en avant-première.  

"PORTRAIT OF AN ARTIST (POOL WITH TWO FIGURES)" 1972 ACRYLIC ON CANVAS 84 X 120" © DAVID HOCKNEY PHOTO CREDIT: ART GALLERY OF NEW SOUTH WALES/JENNI CARTER

David Hockney, Portrait of an Artist (Pool with two figures), 1972 © Art Gallery of New South Wales / Jenni Carter

Le 9 juillet prochain, il aura 80 ans. Pourtant, il n’a pas changé. De sa bouille sympathique à son regard espiègle, toujours habillé de ses lunettes reconnaissables entre mille, David Hockney est toujours ce jeune garçon sensible et détaché qui a fait de la subtilité l’arme de sa rébellion. Avant une arrivée très attendue au Centre Pompidou dans quelques mois, il fallait bien que David Hockney reçoive, pour ses 80 printemps, l’hommage appuyé de tout le Royaume-Uni en son temple : la Tate Britain.

Alors prenez la première étape de cette grande rétrospective comme vous le voudrez, un avant-goût de ce qui attend le musée parisien ou le rassemblement d’un public et d’une institution autour d’un artiste majeur, le fait est que l’événement est un Evénement, le partage intime de l’oeuvre d’un peintre familier qui, en France, accédera grâce à lui à la reconnaissance du grand public.

David Hockney "Garden, 2015" Acrylic on canvas 48 x 72" © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt

David Hockney, Garden, 2015 © Richard Schmidt

Dans l’ambiance feutrée et élégante des salles du musée londonien, David Hockney se dévoile comme jamais : des années soixante (période dont les œuvres sont rarement exposées) aux œuvres inédites de 2016 en passant par les « double portraits » exceptionnellement réunis, nous avons ici bien affaire à la plus importante de ses expositions. Et peut-être la plus intense, l’oeuvre d’une existence, d’une vie, d’une histoire, un art poétique, l’avènement de l’un des petits derniers de la famille des Grands.

Intimité

"MODEL WITH UNFINSHISHED SELF-PORTRAIT" 1977 OIL ON CANVAS 60 X 60" © DAVID HOCKNEY

Model With Unfinished Self-Portrait, 1977 © David Hockney

On vous dit, on vous le répète ici avec peut-être beaucoup d’insistance, mais David Hockney, c’est l’intimité. D’abord par ce qu’il peint : ses proches, ses parents, sa maison de Los Angeles, sa piscine, son jardin ou encore ces hommes nus, sujet encore tabou à l’époque qui fera sa gloire. Fondamentalement, aussi. Par ce qu’il ressent, par la douce émotion transmise par les couleurs à un public attendri. L’intimité d’Hockney, c’est la lumière de Turner, le noir de Soulages, les courbes de Botero.

En d’autres termes, la poétique de David Hockney réside en la retranscription picturale du moment vécu, pleinement vécu, au-delà de la figuration. A bigger splash en est l’exemple :  le quart de millième de seconde de l’instant d’un corps plongeant dans une piscine (Hockney est fasciné par l’eau, la piscine en particulier), élément perturbateur d’un fond géométrique comme un Mondrian, coloré comme un Rothko.

David Hockney "A Lawn Being Sprinkled" 1967 Acrylic on canvas 60 x 60" © David Hockney Photo Credit: Richard Schmidt

David Hockney, A Lawn Being Sprinkled, 1967 © Richard Schmidt

On pense à Clifford Still et à ses éclairs de couleurs bouleversant l’harmonie des teintes de tableaux monumentaux, on entend presque distinctement le clapotis de l’eau brisant le calme apaisé des environs : profond comme les abstraits par ce qu’il nous donne à ressentir, élégant comme un figuratif pour toucher au familier et nous prendre par la main sur le chemin de la beauté.

La magie de ce sacré David évolue mais ne change définitivement pas. La corde qu’il fait vibrer est celle qui vibre chez lui :  d’une sensibilité à une autre, d’artiste à Homme, à nous, il s’appuie sur une situation, un décor, des couleurs, des personnages pour nous conduire au plus profond de son sentiment intime. Voilà ce que l’on se prend en pleine face quand pour la première fois devant nous sont exposés ensemble les double portraits : une situation et deux personnages qui, exactement comme chez Fantin-Latour, semblent déconnectés, individuels.

David Hockney

Christopher Isherwood et Don Bachardy, 1968  © David Hockney

Ils sont pourtant dépendants l’un de l’autre et dépendants de la scène, la présence de l’autre est créatrice de tension (ou en tout cas de lien), la présence du couple est, notamment dans le cas du couple Henry Geldzahler / Christopher Scott, une revendication assumée, un regard défiant plein de délicatesse contre les tabous de la société de l’époque. Harmonieux dans leur individualité, par la direction de leur regard, leur snobisme apparent ou par l’élégance du décor, les différents éléments de ces portraits produisent de concert la puissance du tableau et de la sensation.

"OUTPOST DRIVE, HOLLYWOOD" 1980 ACRYLIC ON CANVAS 60 X 60" © DAVID HOCKNEY

Outpost Drive, Hollywood, 1980 © David Hockney

Inventer le souvenir

Les techniques varient, l’artiste évolue mais l’esprit reste le même, fasciné par des techniques et des formes différentes avec une sensibilité intacte. C’est dire si le format de la rétrospective est savoureux. Outre les tableaux les plus célèbres, l’exposition nous permet de découvrir quelques tâtonnements expérimentaux emprunts d’une certaine grâce : des dessins, des photos, des montages, des collages et même quelques vidéos screenées depuis un Ipad d’un dessin prenant forme sous la main d’un artiste qu’on devine.

"RED POTS IN THE GARDEN" 2000 OIL ON CANVAS 60 X 76" © DAVID HOCKNEY PHOTO CREDIT: RICHARD SCHMIDT

David Hockney, Red Pots in the Garden, 2000 © Richard Schmidt

De retour dans son jardin, en 2016, les couleurs ont changé, elles sont plus criardes, les formes plus marquées, l’amour et la passion plus apaisés dans une tendresse toujours aussi délicate. Éblouissante même, quand après avoir traversé toute une vie, le visiteur est immergé dans une installation composée de quatre formations d’écrans : quatre chemins en vidéos, chacun portant les marques évidentes d’une saison particulière.

Ces saisons, nous venons de les vivre, elles sont les étapes d’un profond voyage intérieur, pour Hockney comme pour nous. L’intimité familière de chaque toile nous pousse presque à considérer que l’on observe un souvenir.  un sentiment extrêmement profond et très personnel. Dans les couloirs de l’exposition, le public anglais se souvient tendrement de celui qu’il a toujours aimé. En juin prochain, le public français découvrira celui qu’il aimera pour toujours.

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