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Le 10 février 1879, disparaissait le caricaturiste Honoré Daumier

Agathe Lautréamont 9 février 2017

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Honoré Daumier (1808-1879) faisait partie de ces figures artistiques infatigables et très influentes, du fait de leur omniprésence sur la scène culturelle française et plus précisément, parisienne. Jugez plutôt : caricaturiste, graveur, sculpteur, peintre, dessinateur… Daumier observait d’un œil et d’un coup de crayon acérés la vie politique française et ne reculait pas devant les prises de positions à rebours des atmosphères générales. Aujourd’hui, l’artiste est unanimement considéré comme un des plus importants dessinateurs de presse de l’Histoire française, tant son impact sur la caricature politique est important. À l’occasion des 138 ans de la mort de Daumier, revenons sur ce personnage haut en couleurs !

Nadar, Honoré Daumier, photographie, Paris, BNF.

Nadar, Honoré Daumier © BNF

Né à Marseille d’un père vitrier, Honoré Daumier a montré très jeune un fort penchant pour le dessin, ne cachant pas à sa famille sa fibre artistique et son intention d’en faire son métier. Malgré les réticences du pater familias, qui eût préféré le voir embrasser une carrière dans le droit, le jeune Daumier déménage pour la capitale française en 1816, accompagné de sa mère.

En 1823, le jeune homme entre à l’Académie Suisse, tandis qu’il réalise ses premiers pas dans le monde de la lithographie à la même époque. C’est donc au sein de petites maisons d’édition que Daumier se fait la main et apprend un métier qui le passionne de plus en plus. Mais comme souvent dans l’Histoire, c’est grâce à une rencontre que le destin se met en place pour de bon. En ce qui concerne notre caricaturiste, c’est lorsqu’il croise le chemin de Charles Philipon, dessinateur et journaliste de son état.

Le mentor engage donc l’apprenti pour la revue « La Silhouette » et un an plus tard, Daumier peut vraiment démarrer sur les chapeaux de roue une carrière de caricaturiste politique. Dans les colonnes de la revue « La Caricature », il croque sans ménagements les politiciens de la monarchie de Juillet, les égratigne sans scrupule et gagne vite une grande notoriété pour son trait incisif.

1 janvier 1845 par winterhalter

Franz Xaver Winterhalter, Louis-Philippe, 1845 © Wikimedia Commons

Deux ans plus tard, le dessinateur connaît ses premiers déboires judiciaires. Suite à une caricature représentant Louis-Philippe en Gargantua, le géant de François Rabelais, il doit payer une amende de cinq cents francs et purger six mois de prison. Mais cet épisode n’a pas émoussa la volonté de Daumier, bien au contraire. Avec ses complices de la rédaction, Achille Devéria, Auguste Raffet et Grandville, il dessine aussi bien la corruption des magistrats que les mœurs ridicules de la bourgeoisie parisienne, tandis que l’incompétence du gouvernement français est également régulièrement prise pour cible.

Mais un peu plus tôt dans cet article, nous vous avions expliqué qu’Honoré Daumier portait aussi la casquette de sculpteur ! Toujours dans cette volonté de moquer joyeusement les têtes dirigeantes du pays, il réalisa des bustes en terre crue colorée des principales figures politiques du début de la monarchie de Juillet. Toutes les sculptures n’ont pas été conservées, mais 36 d’entre elles sont encore visibles au Musée d’Orsay, à Paris. Les œuvres n’étaient cependant pas destinées à être montrées au grand public, mais servaient simplement à Daumier et ses acolytes pour réaliser plus rapidement leurs dessins satiriques destinés à « La Caricature ».

poires daumier 1831

Honoré Daumier, Les Poires, 1831 © Wikimedia Commons

Lorsque le journal « La Caricature » cessa sa parution, Charles Philipon n’en abandonna pas pour autant sa collaboration avec Daumier, et il lui proposa alors de le suivre dans l’aventure du « Charivari », une parution particulièrement virulente envers Louis-Philippe et qui entérina pour de bon la notoriété du dessinateur. Aujourd’hui, Daumier est passé à la postérité comme un des plus grands caricaturistes de presse du XIXe siècle et une de ses œuvres en particulier est connue d’absolument tous les petits écoliers puisqu’elle est reproduite systématiquement dans les livres d’histoire : la caricature dite « Les poires ».

Cette feuille, divisée en quatre dessins distincts, fut réalisée en novembre 1831. Parue dans le journal « La Caricature » l’œuvre cinglante décrit, avec beaucoup d’humour, la dégradation progressive de l’image de Louis-Philippe. En plus de l’attaque politique particulièrement virulente, Daumier usa de la ficelle évidente de la moquerie envers le physique. Louis-Philippe, roi des Français, se voyait renié sa place royale pour se trouver limité à une vulgaire poire. Honoré Daumier pouvait-il seulement se douter de la postérité qui attendait son dessin ? Nul ne saurait le dire.

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