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Les œuvres graphiques de J.R.R Tolkien bientôt adaptées en tapisseries à Aubusson

Jéremy Billault 8 février 2017

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La Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson (23) accueillera dès cet été jusqu’en 2021 un projet original et ambitieux : la création successive de quatorze tapisseries adaptées des œuvres graphiques, parfois peu connues, de J.R.R Tolkien. 

Bilbo-raftelves-web

J.R.R. Tolkien, Bilbo comes to the Huts of the Raft-Elves, The Hobbit, chap. IX, 1937. Aquarelle sur papier. L’une des cinq aquarelles réalisées par l’auteur pour la première édition américaine de l’ouvrage The Hobbit. © The Tolkien Estate Limited 1937.

Tout le monde y gagne. Coup de comm’, coup d’essai, coup de génie, peu importe laquelle de ces motivations a pris le pas sur les autres, tout le monde y gagne. Tout le monde, c’est d’abord la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson, sortie de terre l’été dernier, en quête d’un nouveau public qui, il ne le sait pas encore, sera subjugué par son savoir-faire. Tout le monde, c’est aussi Tolkien, sa famille et, par extension, les millions de passionnés qui ne jurent que par son oeuvre (même s’il a parfois fallu six films pour qu’ils la découvrent).

Mélangez ces deux entités a priori difficilement soluble et vous obtiendrez le nouveau projet ambitieux de la Cité de la tapisserie d’Aubusson : quatorze tapisseries (environ 6m²), réalisées régulièrement d’ici 2021 consacrées à plusieurs œuvres de J.R.R Tolkien. Plutôt que de recréer ou de s’inspirer directement du Seigneur des Anneaux ou du Silmarillion, Emmanuel Gérard et Bruno Ythier, respectivement directeur et conservateur de l’établissement, ont préféré aller directement à la source : les œuvres graphiques de la main de l’écrivain, les gouaches et les aquarelles qu’il a ponctuellement utilisées pour illustrer certaines éditions de ses livres.

Après avoir contacté la maison d’édition, puis la famille, puis l’avocate de ladite famille Tolkien, les deux hommes sont donc finalement parvenus à accrocher l’éventualité d’un accord, sous couvert de la présentation d’un projet établi. Il aura donc fallu un échantillon tissé pour obtenir la précieuse autorisation du Tolkien Estate (refusée dans 90% des cas, notamment depuis l’engouement qu’ont suscité les films). Cet échantillon porte en lui un véritable projet artistique, celui d’un hommage, de la mise en avant d’un aspect méconnu de l’oeuvre de Tolkien au moyen d’un art qui s’est toujours saisi de grands textes narratifs et mythologiques, légendaires ou religieux.

Pépites

portrait-tolkien

Portrait de J. R. R. Tolkien, datant vraissemblablement des années 1930. Bodleian Shelf Mark MS. Tolkien photogr. 10, fol. 2. © Tolkien Trust 1978, 1992

Loin du pur blockbuster, la Cité de la tapisserie ne consacrera qu’une partie de ses futures tapisseries aux plus connues des œuvres de Tolkien, à savoir la trilogie Le Seigneur des Anneaux et Bilbo le Hobbit (devenu trilogie pour le cinéma). Pour le premier, les dessins et aquarelles sont rares (deux tapisseries en seront issues) : la trilogie marque l’avènement des descriptions et du soin apporté au détail au dépend de l’illustration concrète. Cinq tapisseries seront extraites du second, plus riche en illustrations, et quatre autres seront issues de l’imaginaire de l’auteur mettant en place la Terre du milieu, théâtre de l’ensemble de son oeuvre.

Vous l’aurez remarqué (probablement pas), trois tapisseries sur quatorze manquent à la liste. Et pour cause, c’est à un Tolkien plus intime qu’elle seront empruntées : celui des Lettres du Père Noël. Pendant plus d’une vingtaine d’années, pendant la jeunesse de ses enfants, J.R.R Tolkien avait l’habitude d’écrire une lettre envoyée par le Père Noël, narrateur de ses propres aventures et entouré de l’Ours Polaire et de ses neveux Paksu et Valkotukka. Les illustrations extrêmement touchantes de ces lettres auront, pour trois d’entre elles, une adaptation murale.

Mais c’est au hasard que l’on doit probablement l’anecdote touchante qui, à elle seule, justifie l’ensemble de ce projet ambitieux et ô combien profitable à tous. En chinant au plus profond de la genèse de l’oeuvre de Tolkien, Emmanuel Gérard et Bruno Ythier ont trouvé une pépite : un tapis elfique, dessiné par Tolkien qui, grâce à eux, prendra vie. Compte-tenu de la précision et de l’élégance qui font encore aujourd’hui la réputation de l’artisanat elfique, la pression est désormais sur les épaules des petites mains artistes de la Cité de la tapisserie.

Il sera possible d’admirer les dessins sélectionnés dès le mois de juin dans une salle spécialement consacrée au projet qui comptera finalement treize tapisseries murales et un tapis (LE tapis) présenté au sol. Nouvelle vision plutôt que copie grand format, la tapisserie permettra d’appréhender autrement un univers que certains connaissent sur le bout des doigts, tout cela grâce à une pratique traditionnelle remise au goût du jour. Effectivement, tout le monde y gagne.

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