Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 DEGAS

28/11/2017 > 25/02/2018

Musée d'Orsay

- PARIS

expo_cercle_3 PHOTOGRAPHISME

08/11/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 ANDRÉ DERAIN, 1904 - 1914

04/10/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 CÉSAR

13/12/2017 > 26/03/2018

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

Le MoMA remplace Picasso et Matisse par des artistes soudanais et iraniens en réponse au Muslim ban de Donald Trump

Jéremy Billault 7 février 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Le Museum of Modern Art (MoMA) de New-York a décidé d’accrocher, en réponse au Muslim ban de Donald Trump, les œuvres de sept artistes originaires des pays concernés (dont les citoyens se voient aujourd’hui refuser l’entrée sur le sol américain). Au cœur du parcours d’art occidental d’avant 1945, Zaha Hadid ou Tala Madani remplacent Picasso et Matisse. 

C3x7_JuWcAMJMG9

Zaha Hadid, The Peak Project, Hong Kong, China (Exterior perspective) 1991, accroché au cinquième étage du MoMA

Le MoMA entre dans la danse. Quelques semaines seulement après l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, les actions, réactions et manifestations du monde américain des arts et de la culture sont si nombreux qu’ils parviennent à franchir les étapes aussi vite que leur président signe des décrets. Aux mutations sociétales quasi-instantanées imposées par l’administration Trump répondent la réactivité et la créativité des institutions locales dont le dernier en date n’est pas des moindres : le Museum of Modern Art (MoMA) de New-York.

Accrochages

 

L’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Voilà d’où viennent ceux qui depuis quelques jours sont interdits d’entrée sur le territoire  américain. Voilà également d’où viennent Ibrahim el-Salahi (peintre, Soudan), Zaha Hadid (architecte, Irak) ou encore Tala Madani (vidéaste, Iran) qui, eux, sont bien présents sur le sol américain : à travers leurs œuvres, dans la collection du MoMA.

W1siZiIsIjI1NzAwNCJdLFsicCIsImNvbnZlcnQiLCItcmVzaXplIDEzNjZ4MTM2Nlx1MDAzZSJdXQ

Charles Hossein Zenderoudi, K+L+32+H+4. Mon père et moi (My Father and I), 1962 ©

Bien présents indeed ; depuis le 2 février dernier, leurs œuvres, ainsi que celles de 4 autres artistes (d’origine iranienne), sont accrochées au cinquième étage du musée, en lieu et place de sept œuvres majeures d’artistes occidentaux parmi lesquels Picasso, Matisse ou Picabia. Fait extrêmement rare : la trame narrative qui explore au fil du musée l’art occidental d’avant 1945 est interrompue par des œuvres plus tardives voire contemporaines. Interruption brutale pour un message clair : la diversité est la bienvenue au musée et contribue à sa richesse culturelle. Make the MoMA great again, c’est accueillir des artistes du monde entier.

« Cette oeuvre, peut-on lire sur les murs du musée selon nos confrères du New-York Times, est celle d’un artiste venu d’un pays dont les citoyens se voient actuellement refuser l’entrée aux Etats-Unis, suite à un décret présidentiel daté du 27 janvier 2017. Elle est l’une des quelques œuvres du genre de la collection que le musée a décidé d’installer au cinquième étage pour affirmer que les idéaux d’accueil et de liberté est vital, pour le musée comme pour les Etats-Unis. »

Histoire

resi

© Shepard Fairey

L’accrochage militant du MoMA s’inscrit dans la lignée des nombreuses actions du milieu de l’art en réaction à la présence puis aux actes de Donald Trump. Tout a commencé par une protestation générale : celle du 20 janvier 2017. Alors que Donald Trump est sur le point d’être investi, un certain nombre de musées et de galeries ouvrent leur portes gratuitement, contre-rassemblement culturel contestataire qui refuse l’homme, le symbole et le programme qu’il compte mettre en place dans un avenir dont on doute de la proximité.

C2noE5WXcAAGiei

Jaden Smith devant l’installation de Shia Labeouf

Dans les jours qui suivent, quelques grands noms de l’art contemporain joignent leurs forces créatrices à la cause de ceux qui manifestent encore : d’aucuns brandissent des posters dessinés par Shepard Fairey, créateur de l’affiche de campagne de Barack Obama en 2008 devenu porte-parole graphique de la lutte anti-Trump, d’autres s’expriment devant la caméra installée devant un musée par Shia Labeouf (en ligne ici jusqu’à la fin du mandat présidentiel de Donald Trump).

L’implication d’une institution aussi importante que le MoMA change la donne. On ne parle plus d’un individu, si important qu’il soit, ou d’un groupe d’individus, idem, mais d’une entité culturelle au rayonnement international. Au discours s’est immédiatement substitué l’acte, le musée bouleversant sans sourciller son accrochage permanent afin d’apporter la preuve concrète que le décret se trompe. Dans les jours qui viennent, le MoMA compte poursuivre cet accrochage thématique en augmentant la présence des artistes que le décret eût visé s’ils avaient dû venir, aujourd’hui, avec leurs œuvres. Et la liste des candidats risque de s’agrandir.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE