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Un centre culturel construit à l’emplacement des Bouddhas de Bâmiyân

Agathe Lautréamont 6 février 2017

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En 2001, le monde découvrait la haine féroce des talibans envers l’histoire, le patrimoine, la culture. Des terroristes décidèrent de dynamiter des statues monumentales séculaires, les bouddhas de Bâmiyân, sur ordre du chef taliban de l’époque qui les décréta « idolâtres ». Aujourd’hui, ne demeurent plus que les grottes qui avaient accueilli les statues durant des centaines d’années. Mais l’Unesco a décidé d’agir en ce début 2017 : un centre culturel va être construit à proximité du site, pour ne pas oublier cette brutalité et se souvenir de ces constructions exceptionnelles.

M2R Arquitectos

Le projet de centre culturel © M2R Arquitectos – Unesco, 2017

Au cœur des paysages arides de l’Afghanistan, dans la province de Bâmiyân, dressent des grottes vides, monumentales, verticales, qui ont été patiemment percées par la main de l’homme il y a cela des siècles et des siècles. Il y a seize ans maintenant, ces grottes creusées dans le grès accueillaient encore leurs hôtes : trois statues de Bouddha monumentales, mesurant entre 53 et 38 mètres, très anciennes.

Les scientifiques hésitent encore quant à leur période de réalisation, mais une fourchette de date s’étirant de 300 à 700 après J-C a été avancée. Les œuvres faisaient les délices des archéologues et des rares visiteurs qui venaient s’aventurer dans cette région aride de l’Afghanistan jusqu’à ce qu’un fanatique chef de guerre, Mohammed Omar, en décide autrement. Pour le terroriste, ces sculptures étaient idolâtres, contraire à la doctrine islamique qui stipule que toute représentation humaine est interdite. Les œuvres ont été détruites à coup de dynamite.

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La vallée de Bâmiyân © Unesco, 2017

Seize ans de réflexion

Il aura donc fallu attendre seize ans pour que l’Unesco trouve enfin une réponse adéquate à la barbarie des extrémistes de tout poil. Aux pieds des grottes désormais dénuées de toute sculpture, un centre culturel va bientôt voir le jour. Car si les impressionnantes sculptures ont été réduites en poussière, la vallée de Bâmiyân, en Afghanistan, demeure un espace chargé d’histoire qui bénéficie d’un classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Son poids culturel et archéologique demeure inchangé malgré les vandales, d’où le choix de l’institution internationale de ne pas la laisser tomber dans l’oubli. Que nous réserve, alors, ce centre culturel qui sortira bientôt de terre ?

Deux galeries seront entièrement dédiées aux découvertes archéologiques effectuées sur le sol afghan, tandis qu’une salle de spectacle accueillera des performances, pour un coût total évalué à 2.5 millions de dollars. La somme a été intégralement avancée par le gouvernement de Corée du Sud, tandis que le Ministère afghan de l’urbanisme apportera 1.5 millions de dollars, dans le but de doter le centre culturel d’un jardin.

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La vallée de Bâmiyân, à l’époque où les Bouddhas se dressaient encore © Unesco, 2017

Mille projets en compétition

La construction de ce centre culturel résulte, comme souvent, d’un appel à candidature. Pas moins de mille projets ont été déposés à l’Unesco et c’est finalement le plan d’un cabinet d’architectes argentin, M2R Arquitectos, qui a été retenu.

Le studio a décrit son projet non comme un classique musée, mais davantage comme un lieu de rencontre et de rassemblement, un système constitué d’espaces qui sauront se faire discret aux pieds des anciens emplacements des sculptures détruites. À cette intention, une partie du bâtiment ne sortira pas de terre, mais sera directement creusée dans le sol.

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La vallée de Bâmiyân © Unesco, 2017

Rebâtir les Bouddhas ?

Mais une question demeure cependant sur toutes les lèvres : quid des Bouddhas en eux-mêmes ? Doit-on laisser les grottes désespérément vides ? Faut-il les reconstruire ? En 2013, l’idée avait déjà été avancée mais l’Unesco, à l’époque, s’était empressé de condamner un projet de reconstruction, tandis que l’Afghanistan, de son côté, semblait emballé par le projet. Aujourd’hui, le pays souhaiterait qu’au moins un des trois Bouddhas, le plus monumental de tous, soit rebâti.

En attendant, ce pays d’Asie centrale et l’Unesco travaillent main dans la main à conserver les grottes des statues, ainsi que les niches troglodytes également percées dans la pierre, aux abords des sculptures. Ces maisons rudimentaires étaient à l’époque occupées par les moines bouddhistes et certaines portent encore les marques de riches décorations murales. L’Unesco réserve sa décision pour le mois d’octobre prochain.

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