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Art contemporain et patrimoine #2 : Kôichi Kurita au château de Chambord

Jéremy Billault 3 février 2017

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Deuxième épisode de notre série consacrée à un phénomène de plus en plus fréquent et de  plus en plus spectaculaire : l’art contemporain dans les lieux marquants de notre patrimoine. Aujourd’hui, rendez-vous au bord de la Loire, du côté du château de Chambord !

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© Exponaute

Parmi les châteaux de France, il est sans doute l’un des plus somptueux. Sa programmation culturelle devait donc être à la hauteur. Le nouvel épisode de notre série consacrée à l’association réussie entre art contemporain et patrimoine nous emmène au bord de la Loire, au château de Chambord. Si dans les mois à venir, l’actualité du château sera surtout marquée par la rénovation des jardins et par une très grande exposition organisée dans le cadre du quarantième anniversaire du Centre Pompidou, c’est une exposition en deux partie qui pour l’heure nous intéresse.

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© Exponaute

Des différentes tendances qui se dégagent des projets artistiques installés au cœurs des trésors de notre patrimoine, on ne retiendra aujourd’hui que celle qui tend à s’intégrer avec fidélité dans la beauté de leur décor. Alors que certains artistes misent sur le décalage, voire la provocation et parfois même le scandale, les deux installations de Kôichi Kurita sont un travail de longue haleine, destiné à promouvoir l’élégance du château et son ancrage dans son milieu géographique. Pour les besoins de son exposition intitulée Terre Loire, l’artiste japonais a donc arpenté, avec la minutie qu’on lui connait, les abords du fleuve, de la source à l’embouchure.

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© Exponaute

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Kôichi Kurita est un artiste contemporain connu  pour travailler la terre, littéralement. Les terres, pour être tout à fait précis. Aux quatre coins du globe, Kôichi Kurita prélève par centaines les échantillons de terre, espacés de quelques dizaines de mètres les uns des autres. Pour Chambord, l’artiste a parcouru pendant des mois les abords du plus long fleuve de France pour produire avec ses récoltes deux installations grandioses.

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© Exponaute

La première, présentée dans la chapelle, est éblouissante de travail et de beauté : délicatement disposés sur des carrés de toile dans l’ordre chronologique (et donc géographique) de leur récolte, les échantillons de terre forment un étonnant océan de couleurs. Une fois séchées et réduites, les terres diffèrent parfois totalement de leur voisine (Kurita les prélève à même le sol, sans trop creuser). Sous la lumière somptueuse de la chapelle, la diversité des couleurs nous offre un aperçu aérien et subtil de la richesse du parcours réalisé par l’artiste, de la richesse et de la beauté locales. Selon le même principe, la seconde installation est, elle, installée pour créer un immense dégradé de couleurs : la terre est présentée dans des flacons alignés, arc-en-ciel géologique (ou arc-en-terre) tout aussi émouvant. Outre l’élégance de l’installation illuminée avec réciprocité par la prestance du château, les installations de l’artiste japonais rendent un vibrant hommage à l’ancrage même du château au bord du fleuve qui en connait tant. Une réussite subtile, un grand moment de grâce.

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