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Rain Room, cette incroyable installation qui mime la pluie

Agathe Lautréamont 27 janvier 2017

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Au cours de l’année 2015, le Los Angeles County Museum of Art (ou Lacma, pour les intimes) obtenait en prêt, pour une durée de quinze mois, une installation artistique fascinante et immersive, qui a su attirer pas moins de 190 000 ( ! ) visiteurs en un an et demi. Le nom de cette installation ? Rain Room, une pièce close où l’on pénètre sous une ondée… sans jamais être mouillé. Et les visiteurs ont été tellement emballés par le projet que l’institution culturelle de l’ouest des États-Unis a décidé d’acheter purement et simplement l’œuvre, en ce début d’année 2017.

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Rain Room © Digital meets Culture, 2015

Sur la côte Ouest des États-Unis, la ville de Los Angeles est régulièrement écrasée par un soleil de plomb. Alors, quand dans le courant de l’année 2015, les amateurs d’art contemporain ont entendu parler de l’ouverture d’une installation jouant avec la pluie, ceux-ci sont venus par dizaines de milliers découvrir cet événement artistique.

Au Lacma (Los Angeles County Museum of Art), une exposition temporaire intitulée Rain Room proposait en effet aux visiteurs une expérience fascinante. Les curieux sont invités à pénétrer dans une pièce où règne une semi-obscurité, seulement percée d’un sobre jeu de lumière. Autour d’eux, résonne doucement le bruit d’une cascade tandis qu’au centre de l’espace, une simulation d’averse leur donne le sentiment d’évoluer sous une ondée en pleine période automnale.

Dès que le public s’avance, des détecteurs captent la présence d’un individu : l’eau s’arrête alors immédiatement au-dessus du spectateur, mais continue de l’entourer. Cependant, il faut avancer lentement, précautionneusement, pour que l’installation puisse déceler nos mouvements. Un peu trop de précipitation, et c’est la douche assurée !

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Rain Room © MoMa, 2016

Repenser la pluie

En tout et pour tout, cette expérience sensorielle ne dure que quelques minutes (à l’image de l’Infinity Mirror Room de Yayoi Kusama, où les visiteurs sont invités à ne pas trop s’attarder), mais pour les visiteurs, cette installation se révèle hors du commun. Leurs sens sont bouleversés, il leur est possible de contrôler les éléments (ici, l’eau)  et ils ont une autre perception de l’espace autour d’eux. Cet élément naturel que nous connaissons tous, la pluie, est ici redéfini, repensé, pour proposer aux visiteurs une nouvelle expérimentation appelée à marquer profondément leurs souvenirs.

Et bonne nouvelle pour les habitants de Los Angeles qui n’auraient pas encore trouvé le temps de tenter l’expérience : l’installation artistique conçue par le studio de créateurs Random International a été achetée par le Lacma. Une acquisition d’ampleur et surtout qui fait sens,  pour une ville située au cœur de la Californie, état qui chaque année est ravagé par de violents incendies et des sécheresses records. Le message écologique de l’achat d’une telle œuvre est donc très fort, en plus de se révéler éloquent.

Interactive "Rain Room" Exhibit Allows Visitors To Control Their Environment

Rain Room © Mario Tama – Getty Images

Climato-scepticisme

Mais la date de cette acquisition n’a pas été choisie par hasard par le Lacma et le studio Random International. L’œuvre  a en effet été achetée au même moment où la Maison Blanche retirait de son site internet toute évocation du changement climatique, tandis que Donald Trump vient d’être investi pour quatre ans. Le co-fondateur de Random International, Hannes Koch, n’a pas caché son irritation dans les colonnes du journal The Art Newspaper :

« Il est important de résister à toutes ces conneries ! » a-t-il tempêté, avant de poursuivre : « Le fait que les habitants de Los Angeles aient besoin de s’enfermer dans une installation artistique pour faire l’expérience de la pluie est un aperçu de la dystopie qui nous attend ! Espérons que cette œuvre aidera à une prise de conscience ! »

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Rain Room © MoMa, 2016

Quand la Californie meurt de soif

Hannes Koch et ses acolytes du studio Random International, Florian Ortkrass et Stuart Wood, ne minimisent pas leur joie de voir leur installation achetée par le Los Angeles County Museum of Art. Quelle meilleure région que la Californie en effet, pour une œuvre qui cherche à alarmer sur le changement climatique, en faisant pleuvoir de l’eau recyclée sur les visiteurs ? Quant au directeur du Lacma, Michael Govan, il voit dans la date d’achat de l’œuvre par le musée une période idéale pour un tel événement.

L’institution fête en effet les cinquante ans du lancement de son programme « Art & Technologie ». De même, en quinze mois d’installation, les habitants de Los Angeles en étaient arrivés à s’approprier la Rain Room. Il eût été décevant de la voir repartir et s’envoler pour un autre musée, ailleurs dans le monde.

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Rain Room © LA Times, 2016

Donald Trump

Au-delà d’une œuvre immersive, qui invite les visiteurs à repenser leurs rapports à la pluie et plus largement à l’eau, Rain Room est un véritable miroir tendu au grand public venu vivre cette expérience. L’installation explique que tout individu est capable, volontairement ou non, de modifier sensiblement l’environnement dans lequel il choisit de s’installer.

Rain Room va donc pouvoir continuer à faire pleuvoir son eau recyclée sur les visiteurs de l’installation au long des années à venir tandis qu’à l’extérieur, la Californie continuera de pleurer ses forêts dévastées par des incendies et ses sols craquelés par la sécheresse. De l’autre côté du pays, à Washington, le nouveau président élu Donald Trump se montre volontiers climato-sceptique, relance des projets d’oléoducs controversés, retire du site de la Maison Blanche toute évocation du changement climatique.  Vous avez dit cynisme ?

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