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Éclectique au Quai Branly : quand l’Afrique rencontre la Grèce

Agathe Lautréamont 26 janvier 2017

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Jusqu’au 2 avril 2017, le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac accueille une exposition étonnante et réjouissante, surprenante et bien menée : Éclectique. Sous-titré : « Une collection du XXe siècle », cet événement rassemble cinquante-neuf œuvres mal connues du grand public, parfois jamais exposées… jusqu’à aujourd’hui. Cette collection, c’est celle composée par l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, qui propose une mise en résonance des cultures entre elles. Toutes les cultures. Et c’est précisément la force de cet événement. Car la collection de Lacharrière propose une rencontre entre les époques, les styles et les continents. Illustration.

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C’est l’une des premières impressions qui nous vient après quelques pas effectués au cœur de l’exposition du musée du Quai Branly. Autour de nous, disposées au fil du parcours sans véritable fil rouge hormis le goût du collectionneur, des pièces uniques, précieuses, venues des quatre coins du monde et surtout exécutées à des époques qui sont parfois séparées par de très nombreux siècles.

Une œuvre (au noir, cela va sans dire) de Pierre Soulages côtoie une idole sculptée dans le marbre par le maître de Goulandris, dans les Cyclades, au troisième millénaire avant Jésus-Christ. Un peu plus loin, c’est Pablo Picasso que l’on rencontre à travers une petite chouette aux grands yeux vides et pourtant si expressifs. L’oiseau se trouve face à une pileuse de mil sculptée par un artisan malien du XVIe ou XVIIe siècle, le cartel hésite.

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Statue d’Héraclès enfant, IIIe siècle après Jéssus-Christ © Agathe Lautréamont, 2016

Désapprendre

Il convient donc de laisser sur le pas de la porte les habitudes qui sont les nôtres en matière d’exposition. Dans le parcours « Éclectique », qui porte parfaitement son nom, l’objectif n’est pas de tenir par la main le visiteur, en le guidant à l’aide de frises chronologiques, de dates bien précises, de salles thématisées ou d’unités stylistiques.

Nous ne serons pas orientés dans notre appréciation de l’événement culturel par sa cohérence temporelle, par son unité de couleur, par sa logique. Non, l’exposition « Éclectique » doit avant tout s’appréhender comme un parcours de vie, une expérience visuelle et une compréhension humaniste de l’art.

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Statuette Fang, figure de reliquaire, XIXe siècle © Agathe Lautréamont, 2016

Voir

Il suffit de prendre un exemple très concret, qui se rencontre d’ailleurs dès la première étape de l’exposition temporaire du Quai Branly. Sitôt monté l’escalier vers le parcours « Éclectique », le visiteur peut tourner autour de deux vitrines, dans lesquelles reposent respectivement une sculpture en marbre du IIIe siècle après Jésus-Christ et une sculpture Fang du XIXe siècle, originaire du… Gabon.

Le visiteur du parcours est donc, dès le départ, interloqué. Qu’ont à voir ces deux très belles œuvres pour qu’elles soient ainsi présentées, côte à côte, sur un pied d’égalité ? « Rien » est la réponse qui nous vient d’emblée à l’esprit. L’une est en marbre, l’autre en bois. La première est d’une couleur beige, l’autre d’un marron très chaud, presque noir, et brillant.

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Statue d’Héraclès enfant, IIIe siècle après Jéssus-Christ © Musée du Quai Branly, 2016

Esthétique

La sculpture grecque représente le demi-dieu Héraclès, la sculpture du Gabon est une figure de reliquaire, les mains fermées devant le buste, portant en offrande un petit objet. D’un point de vue purement esthétique, il serait possible de trouver comme point commun aux deux œuvres la nudité des personnages, leurs visages nobles, les membres bien dessinés.

Et puis, on comprend. Cette curiosité, cette surprise, cette quête d’un lien, c’est là précisément l’objectif de l’exposition « Éclectique ». En composant sa collection, au fil de ses coups de cœur et de ses centres d’intérêts, Marc Ladreit de Lacharrière a peu à peu constitué un ensemble profondément hétérogène, dont le fil rouge est la beauté, l’esthétisme, la délicatesse, la finesse, la recherche.

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Statuette Fang, figure de reliquaire, XIXe siècle © Musée du Quai Branly, 2016

Beauté

Il n’est aucunement question de produire une analyse précise sur une époque donnée ou d’explorer un style artistique dans un pays quelconque. Non, « Éclectique » porte aux nues les valeurs d’humanisme, de compréhension mutuelle et surtout d’échange entre les cultures et les époques.

Il n’existe pas de hiérarchisation entre les arts, un talent ne saurait se targuer d’être supérieur à un autre, un masque anthropomorphe de Côte d’Ivoire sculpté au XIXe siècle est tout aussi fascinant qu’une peinture de Martin Barré. D’où ce rapprochement dès le début d’exposition, d’où cette explication de l’intention de Marc Ladreit de Lacharrière grâce à cette représentation d’Héraclès enfant positionnée tout à côté d’une figure Fang.

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