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Christo renonce à emballer une rivière pour protester contre Donald Trump

Jéremy Billault 26 janvier 2017

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Quelques jours seulement après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, l’artiste Christo a décidé d’abandonner un projet monumental prévu sur le sol américain en guise de protestation. Un travail de plus de 20 ans anéanti pour manifester un désaccord profond et une nouvelle étape dans les actes anti-Trump. Analyse. 

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Christo, Over the River (Project for Arkansas River, State of Colorado) Photo: André Grossmann © 2010 Christo

20 ans de travail acharné, 15 millions de dollars, 5 années de procédures judiciaires pour finalement… Rien. Via un communiqué lapidaire publié sur son site internet, Christo a annoncé cette semaine qu’il décidait de mettre fin à un projet comme toujours monumental : le Projet pour la rivière Arkansas, Etat du Colorado. Il faut le dire, personne ne s’y attendait. Si chaque projet imaginé par Christo (derrière lequel se cachent Christo et Jeanne-Claude, son épouse disparue il y a quelques années) représente un véritable investissement, le projet du Colorado devait être l’un des grands moments de sa carrière.

Over the river

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Christo, Over the River (Project for Arkansas River, State of Colorado) Photo: André Grossmann © 2010 Christo

Fidèle à lui-même, Christo comptait une fois de plus emballer. Après le Reichtag, après le Pont Neuf, le projet du Colorado était d’emballer tout un pan de la rivière Arkansas aux Etats-Unis. Sur environ 70 kilomètres, Christo comptait installer un plafond de toile qui transformerait pendant deux semaines la lumière, l’atmosphère et les environs. Comme c’est le cas systématiquement chez lui, Christo a financé intégralement le projet depuis son origine (déjà 15 millions de dollars avant même la mise en place concrète de l’oeuvre).

S’il a pu compter sur le soutien d’une partie de la population et de quelques élus, Christo s’est malgré tout attiré les foudres de certaines collectivités locales qui ne voyaient pas d’un très bon œil l’arrivée d’un projet si peu écologique et qui ont demandé à la justice de trancher. Le verdict n’est pas encore tombé, peu importe. Malgré les millions de dollars, malgré le travail en amont, malgré la logistique, malgré la défense du dossier, malgré, aussi, la promesse de mener à bien les projets initiés il y a des années, Christo n’ira pas plus loin.

Make Arkansas River great again

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Christo, Over the River (Project for Arkansas River, State of Colorado) © 2010 Christo

La faute au nouveau propriétaire de son terrain de jeu. Les 68 kilomètres de rivière appartiennent effectivement à l’Etat américain qui, parait-il, vient de voir un nouveau chef prendre sa tête. Oui, l’accession de Donald Trump au pouvoir aura eu raison de la détermination légendaire de l’inarrêtable Christo.  « Je viens d’un pays communiste (la Bulgarie, ndlr), a-t-il expliqué au New-York Times. Je n’utilise que mon propre argent, mon propre travail et mes propres plans car j’aime être totalement libre. Et par les temps qui courent, le gouvernement fédéral est le propriétaire de notre terrain. Je ne peux pas mettre à bien un projet qui bénéficie à ce propriétaire. »

Next Step

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Christo, Over the River (Project for Arkansas River, State of Colorado) © 2010 Christo

Depuis l’investiture de Donald Trump, il y a moins d’une semaine, le monde de l’art n’a cessé de manifester son désaccord avec son investiture. Le 20 janvier, certains musées étaient en grève alors que les manifestations anti-Trump se faisaient entendre dans tout le pays, brandissant notamment des affiches dessinées par Shepard Fairey pour l’occasion. A 81 ans, Christo préfère quant à lui se concentrer exclusivement sur son projet d’Abu Dhabi : un gigantesque Mastaba perdu dans le désert.

Toujours est-il que l’abandon de ce projet monumental s’impose comme une nouvelle étape dans les actions artistiques anti-Trump : de quelques affiches de contestation on est passé à un gouffre budgétaire monumental, à l’anéantissement d’un projet de grande ampleur justifié par la seule présence de Donald Trump à la Maison Blanche. L’argent, les moyens démesurés, les ennuis avec la justice : Christo avait tout affronté avec vigueur. Une semaine de présidence aura suffi à le lasser.

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