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L’horloge du château de Vaux-le-Vicomte restaurée pour la première fois !

Agathe Lautréamont 24 janvier 2017

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Le temps s’est-il arrêté à Vaux-le-Vicomte ? En tout cas, la grande horloge du château, qui accueille les visiteurs à l’entrée du château, a tout récemment été démontée. C’est la première fois depuis le XIXe siècle que le mécanisme de cette grande horloge, véritable monument dans le monument, a été désinstallé afin de bénéficier d’une restauration ainsi que d’une complète modélisation en 3D. L’idée est de prendre soin de ce mécanisme délicat pour lui permettre de traverser les siècles en tout quiétude, mais également d’en apprendre davantage sur son mécanisme complexe…

Château de Vaux le Vicomte Rear View

la façade nord de Vaux-le-Vicomte © Alexadre Ipfelkofer – Getty Images

En 1890, un nouvel élément de décoration venait orner la façade du château de Vaux-le-Vicomte, chef-d’œuvre d’architecture construit par la folie des grandeurs du surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet. Cet élément, c’est une horloge : une magnifique pièce horizontale pesant tout de même quarante kilos et qui a été conçue par l’horloger parisien Wagner Neveu, en 1890.

Depuis cette époque, la superbe pièce rythme la vie du domaine aujourd’hui géré par des mains privées, bien cachée dans les combles du domaine, au creux d’une minuscule pièce faite de bois. Mais depuis cent vingt-sept ans et 3 784 320 000 mouvements de balancier, le mécanisme de l’horloge a bien besoin d’une restauration. Car l’œuvre n’aura cessé de fonctionner, peu importe la période de l’année, peu importent les conditions météorologiques.

Pourtant, les outrages du temps sont bien là : les conservateurs du château de Vaux-le-Vicomte ont en effet récemment découvert avec stupeur qu’une des pièces centrales du mécanisme était totalement usée. Il fallait agir, et vite. Vaux-le-Vicomte a alors fait appel en urgence à l’horloger lyonnais François Simon-Fustier, qui accouru depuis le Rhône pour admirer cette merveille et surtout tenter de la réparer. Le 19 janvier donc, une délicate opération à cœur (mécanique) ouvert s’est déroulée dans le domaine de Nicolas Fouquet : l’horloge a été minutieusement démontée.

clock

Aperçu des motifs de l’horloge du XIXe siècle © DR – Flickr

On ne voit donc plus son cadran surplomber la façade nord du palais. Le mécanisme qui fait face à l’extérieur est simple, mais d’une grande robustesse. Pas moins de quinze mètres de câbles métalliques sont nécessaires pour actionner les longues aiguilles du cadran. À l’intérieur des combles du château, inaccessibles au public, deux autres câbles empesés par des contrepoids font tinter la cloche, qui se trouve au faîte du toit du palais qui rendit un roi jaloux.

L’horloge ne sonne donc plus les heures à Vaux-le-Vicomte. Alexandre de Vogüé, propriétaire des lieux, ne cache pas que ce silence crée un manque dans le domaine. « Ce son fait partie des lieux. Il rythme nos journées et nos nuits, a-t-il expliqué au journal Le Parisien. Quand on l’arrête pour les besoins d’un tournage, on ressent un vide. »

En attendant, pour pouvoir à nouveau entendre tinter le carillon, il faudra faire preuve de patience car depuis la mi-janvier, l’horloge s’est éclipsée : direction Lyon, dans l’atelier de L’Horloger de la Croix-Rousse. Là, la précieuse pièce sera démontée, nettoyée, réparée, le tout avec amour…

Vaux Le Vicomte Castle Illuminated by Candlelight

Vaux-le-Vicomte © Pascal Le Segretain – Getty Images

François Simon-Fustier a expliqué au Parisien : « Un axe a bougé et, à terme, les engrenages ne s’enclencheront plus correctement. Certains créneaux pourraient se casser et comme il y a des poids pouvant aller jusqu’à 50 kg au bout des câbles, les dégâts pourraient être importants. » En même temps que la rénovation, l’horloger aux doigts de fée compte bien modéliser en 3D chaque élément de l’horloge.

Objectif de la démarche : réaliser, à terme, un film qui montrerait comme ce mécanisme complexe fonctionne. La séquence serait projetée dans le château de Vaux-le-Vicomte à destination des visiteurs, mais serait également utilisée par Simon-Fustier dans le but de former des apprentis. L’horloger lyonnais refuse d’avancer une date précise de la fin de la restauration, préférant rester prudent. Il estime la durée du travail long et minutieux à environ deux mois.

Malheureusement, une telle opération a un coût, et non des moindres : pas moins de 30 000 euros pour donner à l’horloge une seconde jeunesse, réaliser le film en 3D et réinstaller la précieuse pièce. Vaux-le-Vicomte ne disposant pas d’une telle somme, le domaine compte bientôt faire appel à la générosité du public, via une opération de crowdfunding. Il sera possible de faire un don en ligne à partir du 15 avril prochain.

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