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À Rome, faut-il interdire l’accès aux marches de la place d’Espagne ?

Agathe Lautréamont 24 janvier 2017

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C’est un passage obligatoire pour tout touriste ayant posé ses valises dans la Ville aux Sept Collines. À Rome trône la Piazza di Spagna, ou place d’Espagne, lieu incontournable de rendez-vous des citadins et visite obligatoire pour tout voyageur désireux de s’imprégner de l’atmosphère de Rome. Récemment, l’escalier monumental a été restauré à grands frais afin de lui rendre toute sa splendeur. Mais aujourd’hui, Rome s’interroge : faut-il limiter l’accès des visiteurs à ces marches séculaires, afin de mieux les préserver ? En Italie, la question fait polémique…

Spanish Steps in Rome

Les célèbres marches menant à la Place d’Espagne © Thomas Koehler – Getty Images

Il est iconique, un lieu de rendez-vous privilégié pour les habitants de Rome et un passage inscrit dans le programme de tous les touristes de passage au cœur de la ville millénaire. L’escalier monumental, menant à la célébrissime Place d’Espagne, se trouve aujourd’hui pourtant au creux d’une vive controverse en Italie, après que le riche homme d’affaires Paolo Bulgari a proposé que les marches ne soient plus accessibles de nuit, et qu’une taxe doive être payée pour pouvoir y installer des chaises. Pour Bulgari, l’escalier devrait être rendu inaccessible afin de préserver sa beauté…

On pourrait se demander pourquoi Paolo Bulgari, président de la célèbre marque de luxe italienne du même nom, s’intéresse brusquement au sort de cette part du patrimoine romain. C’est très simple : c’est en partie grâce à lui que les marches de ce magnifique escalier ont pu être restaurées, moyennant le versement d’une somme d’un million et demi d’euros. Dans une interview donnée au journal italien La Repubblica, l’homme d’affaires a tempêté contre la gestion de l’escalier monumental menée par la ville de Rome. « Les restaurateurs ont effectué un travail aussi difficile que remarquable » a-t-il expliqué. « Les marches étaient recouvertes de café, de vin, de chewing-gum… »

Selon Bulgari, il est désormais plus que temps que la capitale italienne prenne des mesures afin de limiter l’accès aux marches afin d’empêcher les « barbares » (selon les termes de l’homme d’affaires interrogé par La Repubblica) d’abîmer l’escalier et le transformer en « bivouac ».

The popular Spanish Steps area attracts heavy tourist crowds

Un jour d’été à Rome © John Greim – Getty Images

Tempérant les propos de Paolo Bulgari, l’historien de l’art Vittorio Sgarbi, interrogé par The Art Newspaper, abonde tout de même quelque peu dans le sens du richissime homme d’affaires. Pour Sgarbi, il serait plus judicieux d’infliger une amende symbolique (de l’ordre d’un ou deux euros) à toute personne surprise à s’assoir sur les marches du magnifique escalier menant à la Place d’Espagne. Les fonds seraient ensuite investis dans l’entretien du site.

Mais ce n’est pas la première fois que la sonnette d’alarme est tirée quant à la situation de la Place d’Espagne. Déjà en 2015, un incident avait ému l’opinion publique et hérissé le poil des conservateurs du patrimoine. Une équipe de football néerlandais, au cours de festivités, avait endommagé la fontaine Barcaccia, chef-d’œuvre baroque conçu par le Bernin en 1629 ; soulevant d’importantes questions quant à la préservation de la place en elle-même ainsi que des œuvres s’y trouvant.

Mais cette proposition faite par Paolo Bulgari n’a pas remporté tous les suffrages du côté de l’Italie. Faut-il absolument protéger tous les monuments, les rendre inaccessibles au grand public, au risque de transformer la ville de Rome en une sphère aseptisée dans laquelle on ne pourrait plus vivre ? Doit-on absolument figer la ville Éternelle dans le temps ? Ou au contraire continuer sur cette lancée d’une grande accessibilité des visiteurs aux monuments de la capitale ?

Spanish Steps in Rome

Les célèbres marches menant à la Place d’Espagne © Thomas Koehler – Getty Images

Ainsi, la conservatrice et critique d’art Emilia Giorgi, interrogée par News Artnet, a-t-elle un avis bien tranché sur la question : « L’architecture, et plus particulièrement l’architecture romaine, est historiquement conçue à destination de la population. Sans elle, elle devient un objet à placer dans une vitrine, et cette progression vers la muséification de la ville est dangereuse. »

Pour le moment, la nouvelle maire de la ville de Rome, Virginia Raggi, a décidé de couper la poire en deux. Si la place d’Espagne et son escalier monumental sont toujours accessibles gratuitement pour le public, la consommation de boisson et de nourriture a été interdite sur les marches séculaires, au risque de devoir payer une grosse amende.

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