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Le 23 janvier 1944 disparaissait Edvard Munch

Laura Bourdon 23 janvier 2017

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Il est l’un des plus grands précurseurs du mouvement expressionniste. Edvard Munch (1863-1944), dont l’œuvre fut particulièrement décriée de son vivant, marqua pourtant considérablement l’histoire de l’art tout au long du XXe siècle. Poète de la vie, de l’amour et de la mort, Munch donna naissance à une esthétique nouvelle et surtout anti-académique ; couleurs violentes, lignes acérées, Munch dépeint le reflet de sa propre intériorité, les affres de la vie moderne, de la passion, l’angoisse et la souffrance. Focus sur un parcours et une œuvre emblématique.

L'enfant malade

L’Enfant malade, Munch, 1885

Né en 1863 dans la ville d’Adalsbruk en Norvège, celui qui deviendra l’un des pionniers du mouvement expressionniste grandit auprès de son père, médecin militaire aux revenus modestes, tandis que sa mère et sa sœur aînée succombent à la maladie de la tuberculose. Alors âgé de cinq ans, le jeune Edvard côtoie très tôt les affres de la vie et ses bouleversements tragiques. Autant de réminiscences autobiographiques qui nourriront profondément son œuvre artistique, lui qui fut surnommé le peintre de l’amour, de la mort mais aussi de la douleur.

D’abord contraint au suivi d’études techniques d’ingenierie par un père autoritaire, il est d’office inscrit à l’école de Christiana où il étudia pendant deux années. En 1880, il écrira dans son journal « Ma décision est arrêtée, je serai peintre ». Une vocation qui l’amena à entrer à l’Ecole royale de dessin, par une bourse qu’il obtint grâce à l’appui de ses amis Christian Krohg et Frits Thaulow, qui très tôt décèlent en lui un grand talent.

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Kissing by the Window, Edvard Munch, 1892 © Wikimedia Commons

En 1885, Edvard Munch se rend à Paris, où il entreprend un travail sur l’Enfant malade, un tableau illustrant sa sœur aînée Sophie dans des délires fiévreux. Dominé par de grandes lignes courbes et des zones de couleurs homogènes, le tableau volontiers mélancolique transcrit l’émotion personnelle douloureuse de son auteur. Exposé pour la première fois en 1889, le tableau fit scandale, jugé comme une provocation par son absence manifeste de finition, et le traitement de la surface picturale raclée sur plusieurs couches, à l’opposé de l’académisme alors en vigueur.

Quelques années plus tard en 1892, Munch est invité à exposer ses œuvres à Berlin. Là encore, le scandale éclate. Ses toiles sont qualifiées d’inachevées et son geste irrespectueux des codes picturaux. Munch est alors étiqueté d’anarchiste, l’exposition berlinoise est fermée, et de là naîtra la fulgurante notoriété de l’artiste qui a posteriori, fut considéré comme le pionnier de l’expressionnisme de la peinture moderne.

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Anxiety, Edvard Munch © Wikimedia Commons

Malgré un accueil des plus décriés, il s’installe à Berlin. Là, Munch se rapproche de poètes, d’écrivains, d’historiens de l’art et de sculpteurs, un cercle d’artistes où les scandinaves sont fortement représentés. Influencé par la psychanalyse naissante et la philosophie de Nietzsche, cette période se révèle particulièrement créative pour Munch qui entame une série de tableaux, sa célèbre « frise de la vie » traduisant ses obsessions sur l’amour, la mort et la douleur.

L’art de Munch évolue à cette période, la trame de ses tableaux ne renvoie plus uniquement à ses souffrances personnelles mais touche les valeurs universelles liées à l’amour, la passion mais aussi l’angoisse. Cette mouvance expressionniste s’affirmera à la fin du XIXe siècle de part et d’autre de l’Europe mais c’est sans doute Le Cri, peint par Munch en 1893, qui cristallise le mieux cette démarche.

Munch le cri

Le Cri, Edvard Munch, 1893

Le Cri révèle un être hagard, qui hurle son angoisse existentielle aux abords d’un fleuve noir et sous un ciel apocalyptique. Les couleurs scrupuleusement choisies révèlent autant de symboles, passant d’un ciel rouge-orangé, à vif et à sang, aux teintes bleutées froides symbolisant le vide et l’absence de vie. Le personnage central offre ici la vision d’une âme tourmentée. La portée de ce tableau sera immense, tant est si bien que l’une de ses versions sera dérobée au musée d’Oslo en 2004 puis retrouvée deux ans plus tard par la police norvégienne. En 2012, une version du Cri a été vendue 107 millions de dollars, ce qui représenta pour l’époque l’œuvre d’art la plus chère du monde.

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Les Jeunes filles sur le pont, Edvard Munch, 1896

Munch reviendra en France en 1886, à l’aune de la Belle Epoque et de l’avènement du style décoratif. Là, il se consacre au graphisme et à la lithographie. Il peignit aussi les paysages de sa jeunesse, du fjord d’Oslo, alors considérés comme le paroxysme du symbolisme nordique. Munch déploie dans ses toiles toute la gamme de coloris possible qu’il applique par masse, développant un vocabulaire formel, où dominent les perspectives fuyantes et les courbes sinueuses. Les Jeunes Filles sur le pont que le peintre réalise en 1901 témoigne de ces aspects stylistiques.

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Nuit étoilée, Edvard Munch, 1922-1924

Toute sa vie d’artiste sera vouée à l’expérimentation de techniques, allant de la peinture aux lithographies, en passant par la sculpture, la gravure, l’aquarelle, le dessin ou encore les pastels. Munch continuera de produire jusqu’à la fin de sa vie, un après-midi du 23 janvier 1944 où il mourut dans sa propriété d’Oslo aux suites d’une pneumonie. Il légua à la ville d’Oslo près de 1 000 tableaux, 4 500 dessins, ainsi que la totalité de son œuvre graphique et ses collections de notes personnelles : soit 13 000 pages manuscrites ponctuées de phrases rares et concises pleines de significations, caractéristiques de son flux de conscience.

En 1963, le musée Munch sera inauguré à Oslo. D’importantes rétrospectives lui seront consacrées, notamment par le Centre Georges Pompidou en 2012 ; récemment Munch était à l’honneur d’une grande exposition aux côtés d’Hodler et Monet au Musée Marmottan-Monet, une exposition que l’on retrouvera dès le mois de février à la Fondation Pierre Gianada de Martigny.

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