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Barbara Hepworth : modernité et pureté de la sculpture

Agathe Lautréamont 10 janvier 2017

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Le 10 janvier 1903, dans la ville de Wakefield au nord de l’Angleterre, naissait Barbara Hepworth. Ou plutôt, pardon, Dame Barbara Hepworth. Puisque l’artiste fut décorée (excusez du peu) de l’Ordre de l’Empire Britannique en 1965. Pourquoi un tel honneur remis par la reine Elizabeth II ? Tout simplement parce que Barbara Hepworth était une figure majeure de la sculpture britannique, phare de la modernité en sculpture, mais aussi chantre de l’abstraction aussi pure que poétique. Retour sur le travail d’une immense créatrice, disparue en 1975.

Pelagos 1946 by Dame Barbara Hepworth 1903-1975

Barbare Hepworth, Pelagos, 1946 © Tate

Née dans une famille de classe moyenne du Yorkshire, Barbara Hepworth développa très tôt un goût prononcé pour la création artistique, une tendance que ses parents l’encouragèrent à développer. C’est donc à l’École d’Art de Leeds qu’elle découvre la sculpture, entre 1920 et 1921, avant de poursuivre son cursus au sein du Royal College of Art, de 1921 à 1924. Au sein de ce prestigieux établissement, elle rencontra les peintres Raymond Coxon et Edna Ginesi, ainsi que le sculpteur Henry Moore.

1924 est également l’année où elle concourut pour la première fois au prestigieux Prix de Rome, avec face à elle, John Skeaping, qu’elle épousa un an plus tard. À compter de cette date, le jeune couple se consacre fiévreusement à la sculpture de la pierre.  Le succès ne tarda pas à venir, puisqu’en 1927, le collectionneur George Eumorfopoulos visita l’atelier des artistes et acheta deux œuvres de Barbara Hepworth.

Oval Sculpture (No. 2) 1943, cast 1958 by Dame Barbara Hepworth 1903-1975

Barbara Hepworth, Oval Sculpture (No. 2), 1943 © Tate

Les années trente marquent le début d’une reconnaissance véritable du travail de Barbara Hepworth. Entourée de son mari et des artistes Bedford et Moore, elle devint la figure principale du « Nouveau Mouvement », qui se caractérise par un travail directe de la matière. Les sculptures sur bois et sur pierre ne sont pas préparées au préalable par des essais dans de la terre cuite ou du plâtre, ce qui est une approche révolutionnaire de la sculpture.

Les expositions se multiplièrent alors partout en Angleterre. En 1932, Barbara Hepworth se tourna résolument vers l’abstraction tout en expérimentant le percement de la pierre. Dans le même temps, elle découvrit le travail d’artistes comme Jean Arp, Pablo Picasso, Georges Braque, Piet Mondrian ou encore Constantin Brancusi.

La grande créativité d’Hepworth reçut cependant un coup d’arrêt lorsqu’éclata la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l’empêcha cependant pas d’obtenir sa première exposition solo en 1943, à Leeds. La Seconde Guerre mondiale passée, l’aura d’Hepworth s’installa définitivement en Europe, grâce à des expositions se multipliant ainsi qu’une participation très remarquée à la Biennale de Venise.

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Barbara Hepworth © Tate

En 1959, Barbara Hepworth fut couronnée du Grand Prix de la Biennale de São Paulo, tandis qu’en 1965, la reine d’Angleterre la récompensait de l’Ordre de l’Empire Britannique. Les succès alors, ne se démentirent plus. La sculptrice était honorée de toutes parts par des expositions, des rétrospectives, participa à l’administration de la Tate de Londres (à qui elle offrit plusieurs de ses œuvres).

Aujourd’hui, les œuvres de Barbara Hepworth sont toujours célébrées de par le monde comme la parfaite illustration d’un esprit créatif, constamment en quête de beauté, de renouvellement et de modernité. Celle qui fut reconnue majoritairement pour sa sculpture était également peintre et photographe, appréciant toutes les pratiques artistique, cherchant à capter les formes pleines et organiques de la nature afin d’en rendre compte de façon abstraite mais toujours lyrique dans sa sculpture; qu’elle soit de bois, de bronze ou de pierre.

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Barbara Hepworth © Tate

Lors de nombreuses interviews, elle aimait à expliquer qu’elle n’envisageait pas son existence sans la sculpture, n’appréciant rien de plus que le contact de ses mains avec la matière brute, qu’elle taillait directement sans dessin préparatoire ni essai préliminaire dans la glaise ou le plâtre. Elle se laissait guider autant par son instinct que ses émotions, pour donner à ses sculptures cet aspect épuré typique de sa pratique.

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