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Le mythe Beethoven #3 : comment l’homme est devenu légende

Jéremy Billault 8 janvier 2017

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Pendant encore quelques semaines, la Philharmonie de Paris a décidé de s’attaquer à une figure majeure de l’Histoire de la musique et à la légende immortelle qu’elle est devenue : Ludwig van Beethoven. Au moyen d’un dispositif exceptionnel, la Philharmonie évoque, plus que le musicien, la figure historique (voire légendaire) qui déchaîne les passions et parfois les excès. 

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Sourd, chevelu, tirant une gueule de six pieds de longs : dans l’imaginaire collectif, Beethoven semble avoir traversé les siècles à travers des clichés à la vie dure. Et pour cause, dès le 26 mars 1827, alors qu’il s’éteint à l’âge de 56 ans, Beethoven devient un mythe. Tel est le sujet passionnant que traite la Philharmonie de Paris dans Le mythe Beethoven, un voyage dans le monde étrange et fascinant de l’héritage que nous a laissé ce musicien de génie. Outre l’inspiration sans fin que Ludwig van Beethoven a apporté et apportera aux musiciens de toutes les époques, l’exposition s’attaque à l’incroyable destin posthume de ce prophète des temps modernes, représenté, réapproprié et réinterprété à l’infini.

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© J. Gyenes

A sa mort, Beethoven est partout : ses funérailles en grandes pompes sont grandioses, sa maison devient un lieu de pèlerinage, son visage un symbole, son corps une relique, son histoire une légende. Plus qu’un musicien apprécié uniquement pour son travail, Beethoven est considéré, dès les années 1830, comme ayant été un véritable prophète dont le pouvoir artistique touche au plus profond de l’âme, au supérieur,  au divin : ses symphonies deviennent le centre d’une expérience sacrée, d’un dialogue avec l’absolu par l’intermédiaire du grand homme récemment disparu. L’époque, particulièrement propice au culte des grands hommes, sa surdité prodigieuse dans son rapport à la vibration et à la musique et son véritable talent sont à la base d’une légende qui, avec le temps, prendra de l’ampleur et perdra petit à petit le sens de la mesure.

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© RMN Grand Palais Hervé-Lewandowski

D’abord sa maison (lieu de culte, lieu saint), puis son visage (le fameux masque mortuaire au visage figé omniprésent dans l’exposition) devenu l’image du mythe. Et enfin son corps. Car il faut savoir que Ludwig van Beethoven a été enterré plusieurs fois, trois fois pour être exact, en 1827, en 1863 (à Währing à chaque fois) et en 1888 (au cimetière central de Vienne). Surgissent alors un peu partout des fragments de sa dépouille (morceaux de tissus ou même mèches de cheveux dont l’une est exposée à la Philharmonie), alors que les objets lui ayant appartenu s’arrachent comme des reliques. Le talent de l’artiste a fait de l’homme une légende à laquelle s’accrochent par milliers ses admirateurs : l’histoire de sa vie devient une suite d’anecdotes parfois hyperboliques, chacun de ses gestes devient une allégorie. Voilà pourquoi, en plus de Beethoven lui-même et des vocations musicales qu’il continue à susciter, encore au XXIème siècle, le phénomène et tout ce qui l’entoure est un sujet passionnant. Et une chance pour nous, la Philharmonie a bien fait les choses.

LUDWIG VAN, LE MYTHE BEETHOVEN

14/10/2016 > 29/01/2017

Philharmonie - Cité de la Musique / Musée de la musique

PARIS

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Exposition terminée
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