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Comment le créateur de Bambi s’est inspiré de l’art traditionnel chinois

Agathe Lautréamont 6 janvier 2017

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Le 30 décembre 2016 s’éteignait Tyrus Wong, à l’âge de 106 ans. Le créateur sino-américain s’illustra au cours de son existence dans la calligraphie, l’illustration et la peinture pour de nombreux studios Hollywoodien. Malheureusement, en partie du fait de ses origines, il demeura dans l’ombre tout au long de sa carrière, seulement connu du grand public pour avoir participé activement à la création du personnage de Bambi, le chef-d’œuvre de Disney. Un personnage qu’il créa en s’inspirant d’estampes chinoises vieilles de près de mille ans…

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En 1942, les studios Walt Disney travaillent activement à la conception du long-métrage Bambi. Alors employé dans les studios, Tyrus Wong peignait secrètement des centaines d’aquarelles afin de mettre sur papier ses propres visions de ce à quoi devait ressembler l’univers final du film mettant en scènes les pérégrinations d’un jeune faon que l’on suit de la naissance à l’âge adulte.

Alors que le faon est précisément esquissé, les contours et les décors des concept-art de Wong figurent des fonds à la limite de l’abstrait, évoquant la luxuriante forêt aux différentes saisons avec des touches de pinceau minimales, des touches aqueuses douces et des éclats de couleurs chatoyantes.

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L’arrivée du regard de Tyrus Wong marqua un nouveau départ pour les studios Disney, qui avaient déjà été salués pour leur utilisation de couleurs proches de l’abstraction dans les fonds du film Blanche-Neige et les sept nains. Une esthétique qui avait d’ailleurs valu au studio de remporter un Academy Award.

Quant au travail de Wong en lui-même, il était d’une épuration presque extrême, se limitant à détailler quelques figures animales qui semblent comme perdues au milieu de la nature. L’aquarelle presque vaporeuse de l’artiste renforçait une sensation de rêverie, d’émotion et de communion avec l’environnement réduit à ses seuls mélanges de teintes chamarrées.

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En 2013, le Walt Disney Family Museum consacrait une exposition au travail de l’artiste sino-américain. Le directeur de l’institution et conservateur, Michael Labrie, avait écrit à l’époque dans le catalogue qu’en regardant ses peintures, l’on pouvait presque sentir l’odeur des pins. Et c’est précisément ce que recherchaient les studios Disney en sortant Bambi sur grand écran : une immersion sensorielle dans la forêt où évolue le héros du film.

Tyrus Wong, en choisissant d’évoquer les arbres davantage que les peindre véritablement, en choisissant des touches d’aquarelle pastel plutôt que la ligne et le détail, cherchait à figurer ce qu’un promeneur ressent lors d’une immersion dans la nature, plutôt que ce que l’on peut y voir.

Et lorsqu’on demandait à l’illustrateur d’où il tirait son inspiration, il répondait : de l’art de la dynastie Song, qui régna en Chine de 960 à 1279.  Une période souvent considérée comme un âge d’or pour la peinture chinoise.

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Bien que les œuvres de cette époque fussent essentiellement réalisées à l’encre, on retrouve dans ces travaux comme dans les aquarelles de Tyrus Wong des taches subtiles et de belles nuances de tons. Les artistes chinois de la dynastie Song maîtrisaient à la perfection leur pinceau et leur pierre à encre et étaient capables de révéler toutes les insoupçonnées nuances.

L’idéal des artistes de cette dynastie était de représenter sur l’œuvre ce que ressentait le créateur au plus profond de son être, davantage qu’un sujet précis.

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Wong estimait que si l’on était capable de réaliser une peinture avec seulement cinq touches de pinceau au lieu de dix, alors on était capable de faire chanter l’œuvre d’art. Un idéal qui se révèle absolument prégnant lorsque l’on admire les aquarelles réalisées à l’époque de la conception de Bambi. Les taches colorées sont mouvantes, dansent presque sous nos yeux et créent une musicalité imaginaire délicate et enivrante.

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