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Chute du tourisme : le patrimoine égyptien en danger

Agathe Lautréamont 4 janvier 2017

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La conclusion était à prévoir, mais l’apprendre est toujours pénible à entendre. L’Égypte a expliqué en ce début de semaine avoir toutes les peines du monde à entretenir son exceptionnel patrimoine historique et culturel. En cause : la baisse drastique de la rente touristique, pilier central de l’économie de ce pays. Si les touristes ne reviennent pas en Égypte, le pire est à craindre pour la préservation des joyaux architecturaux qui jalonnent ce pays de 90 millions d’habitants.

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Le plateau de Gizeh © Wikimedia Commons

Le constat est sans appel. Depuis la révolution de 2011 et la chute du président Hosni Moubarak (sans parler de la destitution de l’islamiste Mohamed Morsi en 2013), l’Égypte s’embourbe dans une crise économique sans fin et dans une instabilité politique qui ne cesse de menacer l’équilibre de la nation.

Si l’on ajoute à ces éléments les menaces que les terroristes font peser sur la présence touristique en Égypte, on obtient une réunion de tous les ingrédients pour que les visiteurs du monde entier délaissent le pays au profit d’autres destinations plus sûres. Or, qui dit privation de l’importante manne financière que représente le tourisme, dit difficultés pour l’Égypte à prendre soin de son patrimoine historique.

Le ministre des Antiquités d’Égypte Khaled el-Enany,  interrogé en début de semaine par l’AFP, ne cache pas son alarme. Les recettes rapportées par les tickets d’entrée pour les monuments et les musées ont fortement chuté, une baisse de revenus qui affecte nécessairement l’état des monuments égyptiens.

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Le masque de Toutânkhamon, au Musée du Caire © Musée du Caire, 2015

Ainsi, pour l’année 2015, les billets d’entrée achetés par les visiteurs auront rapporté à l’État 300 millions de livres (environ 38 millions de dollars) tandis qu’en 2010, les recettes s’élevaient à 1.3 milliards de livres (200 millions de dollars), si l’on en croit les chiffres officiellement fournis par le Ministère des Antiquités. Quant au nombre de touristes, il est passé de 15 millions à seulement 6.3 millions par an.

Et malheureusement, cette tendance à la baisse s’est encore confirmée tout au long de l’année 2016. Pourtant, l’Histoire ne peut se permettre d’attendre une embellie de la géopolitique mondiale. Des pyramides du plateau de Gizeh au temple d’Abou Simbel en passant par la Vallée des Rois, le patrimoine a besoin de travaux de préservation et de restauration constants.

L’ancien ministre des Antiquités égyptien, Zahi Hawass, partage le constat de l’actuel édile : les antiquités se détériorent absolument partout sur le territoire égyptien. Des restaurations sont nécessaires sur nombre de bâtiments millénaires (même l’influent et célèbre Musée du Caire pâtit des bourses vides du Ministère de la Culture), mais il est impossible d’agir, au vue de la situation économique actuelle du pays.

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Le temps d’Abou Simbel © Wikimedia Commons

Pour ne rien arranger à la situation, le gouvernement égyptien se trouve également à court d’argent et est donc incapable de compenser la chute des recettes des diverses institutions culturelle du pays. Un pays qui doit en plus songer à payer un peu moins de 40 000 employés pour l’administration des antiquités : inspecteurs, égyptologues, techniciens et ouvriers en tout genre. Pour un pays dont la croissance est en berne et qui subit une inflation conséquente, la charge est désormais très lourde.

En attendant que la situation économique et politique du pays se stabilise enfin, le Ministère des Antiquités tente d’attirer davantage d’égyptiens dans les musées et monuments. Pour se faire, des ouvertures nocturnes sont programmées pour les plus grandes institutions, tandis qu’un pass proposant des réductions et des avantages au cours des visites est en cours de lancement.

The golden sarcophagus of King Tutankhamun in his burial chamber is seen in the Valley of the Kings, in Luxor

La tombe de Toutânkhamon, dans la vallée des rois © Wikimedia Commons

Pour le moment, la sauvegarde des structures est assurée par des missions archéologiques internationales, ainsi que par l’apport de généreux mécènes et donateurs, soucieux de voir ces témoignages de cultures millénaires perdurer dans le temps. Une solution hélas temporaire, car les apports extérieurs seuls ne sauraient suffire. Dans le même temps, des chantiers de fouilles ont été stoppés net tandis que de nombreuses restaurations ne jouissent pas de l’entièreté des fonds nécessaires.

Priorité aux rénovations les plus urgentes donc, et le reste devra patienter. L’ouverture récente au public de nouveaux sites, à l’instar de la tombe de la reine Néfertari ou du pharaon Séthi Ier pourront-elles renverser la vapeur ? Peut-être est-ce être trop optimiste. Le Grand Musée égyptien, dont nous vous avions parlé il y a quelques mois, représente bien des espoirs pour le Ministère de la Culture. L’institution doit ouvrir (partiellement) ses portes en 2018 et tend à désengorger le Musée du Caire, afin d’exposer au grand public la majorité de ses réserves.

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