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Pas de collection d’art moderne et contemporain du shah d’Iran pour Berlin

Agathe Lautréamont 29 décembre 2016

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Les tractations, négociations et hésitations auront duré de très (trop ?) longs mois. Finalement, le couperet a fini par tomber : l’exceptionnelle collection d’art moderne et contemporain, rassemblée par l’épouse du Shah d’Iran Farah Pahlavi, ne voyagera finalement pas hors des frontières de l’Iran, comme l’Allemagne l’a espéré durant de nombreux mois. Les deux pays ne sont pas parvenus à trouver un accord pour que les œuvres exceptionnelles de cette collection puissent, enfin, être exposées dans un pays autre que l’Iran.

Tehran Museum of Contemporary Art Exhibition

Deux femmes regardent un Picasso au Musée de Téhéran © Kaveh Kazemi – Getty Images

C’est non ! Après des mois et des mois d’hésitations et de négociations avec les autorités iraniennes, Berlin a finalement dû renoncer à exposer l’étonnante collection d’art moderne et contemporain qui fut rassemblée par Farah Pahlavi, l’épouse du dernier Shah d’Iran. Cette prestigieuse collection, rassemblant des grands noms de la création artistique de notre époque moderne comme Andy Warhol, Jackson Pollock, Mark Rothko, Pablo Picasso, Joan Miró ou encore Francis Bacon, ne sortira donc pas d’Iran, l’Allemagne n’étant pas parvenue à trouver un accord avec les autorités du pays.

Dans un communiqué publié mardi 27 décembre, le directeur de la Fondation des Biens Culturels de Prusse, Hermann Parzinger, a expliqué non sans amertume que l’Allemagne avait finalement jeté l’éponge. « Nous avons dû nous résoudre à cette décision avec de profonds regrets », a indiqué le président de cette fondation, qui a espéré jusqu’au bout que l’Iran accepterait qu’une partie des trois cents œuvres qui composent la collection rassemblée par Farah Pahlavi, épouse du Shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi, sorte des frontières du pays.

Tehran Museum of Contemporary Art Exhibition

Une femme regarde un Vasarely au Musée de Téhéran © Kaveh Kazemi – Getty Images

Soixante œuvres avaient été sélectionnées dans la collection (31 tableaux d’artistes iraniens et 29 œuvres des grands maîtres de l’art cités plus tôt dans ce papier) pour être exposées au sein de la Gemäldegalerie, un des principaux musées de la capitale allemande, entre décembre 2016 et février 2017.

Mais l’Iran, pour des raisons qui restent encore obscures, n’a eu de cesse de retarder ou suspendre le processus de prêt. Finalement, c’est un nouveau retard qui a poussé Berlin à abandonner la partie, de nouveaux retards n’étant « pas envisageables » selon les mots d’Hermann Parzinger. L’Iran a en effet bien trop tardé à délivrer les autorisations de sortie du territoire iranien. La coupe était pleine.

Pourtant, depuis le début de l’année 2016 où les premières annonces ont été faites dans la presse, l’Allemagne se réjouissait de cette exposition qui marquait, selon les observateurs de l’international, un nouveau signe d’ouverture au reste du monde de la part de ce vaste pays chiite du Moyen-Orient.

Tehran Museum of Contemporary Art Exhibition

Trois iraniennes admirent un Dubuffet au Musée de Téhéran © Kaveh Kazemi – Getty Images

Car depuis la révolution de 1979, qui a porté au pouvoir l’ayatollah Rouhollah Khomeini et instauré une théocratie dans le pays, les œuvres de l’épouse du Shah n’ont quasiment jamais été montrées, ou alors très partiellement. Après Berlin, c’est Rome qui devait recevoir ces mêmes œuvres pour une durée de cinq mois.

Après la Révolution islamique iranienne et la fuite du Shah Pahlavi accompagné de sa famille, le Musée d’Art Contemporain de Téhéran a décidé de minutieusement cacher les œuvres de la collection dans ses caves, craignant de les voir purement et simplement détruites par les assauts révolutionnaires et la chasse aux sorcières organisée par l’ayatollah contre tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à de la culture occidentale. La dernière fois qu’une partie de cette collection avait été exposée en public, c’était en 1999.

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