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Hans Op de Beeck au 104 : un instant de calme, de beauté et de poésie

Jéremy Billault 15 décembre 2016

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Jusqu’à la fin du mois de décembre, le 104 accueille une exposition unique dans le paysage culturel parisien. Cinq installations, un artiste, Hans Op de Beeck, et un univers unique, puissant et profond. Calme, paisible, intime et poétique, l’exposition « Saisir le silence » est un moment hors du temps à vivre absolument pendant les vacances de Noël. 

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© Hans Op de Beeck

Un moment de grâce. Difficile d’exprimer de façon plus sincère ce que cet artiste étrange est parvenu à provoquer au moyen de seulement quelques installations. Pendant encore quelques jours, jusqu’à la fin du mois, c’est le 104 qui nous offre l’opportunité merveilleuse d’une rencontre avec un artiste et, surtout, un univers. Trois installations, deux films et un moment hors du temps, hors du monde, une immersion totale dans un monde où reignent le calme, le silence et la beauté. On contemple tour à tour une caravane, posée devant un manège arrêté, le tout couvert de quelques centimètres de neige éclairé par la lumière d’un feu timide. Nous sommes dans une obscurité totale, quelques notes de musique accompagnent le bruit du vent. Rien d’autre. Nous et l’oeuvre, nous et la situation. Certains trouvent cela morbide : le calme inspire à certains le danger, voire la mort, la peur, l’inattendu. Les autres seront happés par l’instant, en quelques secondes, le temps de franchir le « sas » qui nous sépare du réel.

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© Hans Op de Beeck

Le réel, il faudra pourtant l’affronter. C’est peut-être là l’avantage du 104 : quand, après quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures (on en perd la notion), on décide de s’extirper d’un moment de rêve, il faut sortir affronter la lumière et le monde avant de plonger une nouvelle fois. Plonger dans les eaux sombres au bord desquelles s’est développé un village, plonger dans l’intimité d’un salon entièrement recouvert de gris, des meubles aux fruits en passant par un crâne et des bougies intensément romantiques, des canettes de soda, un chien et des cigarettes. Là encore, certains verront l’angoisse quand il n’y a que la mélancolie. Là encore, l’obscurité eût été absolue si, comme toujours, un timide rayon de lumière ne traversait discrètement un carreau. Impossible de savoir où nous sommes, quand nous sommes, pourquoi nous sommes : dans le fond, peu importe. Peut-être ne sommes-nous nulle part. Une fois n’est pas coutume, tout est dans le titre : « Saisir le silence ». Le voyage que l’artiste nous propose est avant tout un voyage sensoriel, intime et intérieur. Car le silence en question n’est pas littéral (les deux films présentés dans l’exposition sont en permanence accompagnés de musique), il est global et symbolique.

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© Hans Op de Beeck

En ce début de XXIème siècle, face à une abondance d’images et de bruits, d’écrans, d’alertes et de notifications, nous vendre du rêve, de l’inattendu, de l’original, c’est nous offrir le silence. Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, nos pensées sont fixées, figées sur l’histoire immobile d’une situation étrange où sur l’élégance des tableaux qui se succèdent paisiblement, en musique. Certains pleurent, ravis par la beauté de ce cocon d’éternité, loin de tout, loin des bruits, loin des gens, loin du monde. D’autres sourient, émerveillés par la grâce positive de ces couleurs pourtant ternes, de ce noir, de ce gris figées dans le temps. Dans tous les cas, Hans Op de Beeck effleure quelque chose d’universel, une sensibilité originelle enfouie en chacun d’entre nous et fait intensément résonner la poésie à travers nos sens. Un moment de grâce, difficile d’en dire plus.

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