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Bordeaux célèbre la nature selon Odilon Redon

Agathe Lautréamont 9 décembre 2016

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Jusqu’au 26 mars 2017, la galerie des Beaux-Arts de Bordeaux rend hommage à un de ses habitants les plus illustres. Odilon Redon (1840-1916), peintre symboliste à l’univers aussi coloré que mystique et dont on fête cette année le centenaire de la mort, est ainsi mis en lumière par sa cité natale. L’exposition « La Nature Silencieuse » propose un regard inédit sur le travail de l’artiste qui, toute sa vie durant, ressentit une profonde fascination pour les paysages changeants, bruts et propices à la rêverie, de sa région d’origine ; mais aussi plus largement de la France entière. Visite d’un accrochage hypnotique, où le mystère des grands espaces côtoie les visions chimériques de l’artiste…

Médoc, l'arbre

 Odilon Redon, Médoc, l’arbre © Musée d’Orsay

C’est d’abord une photographie de grand format qui nous accueille dans la galerie des Beaux-Arts de Bordeaux. Une modeste ferme de la campagne bordelaise, aux allées bordées par la silhouette longiligne des peupliers. Le cliché date de la toute fin du XIXe siècle et aujourd’hui, si l’on se rendait sur place pour admirer cette scène bucolique, on ne trouverait plus que de maigres murets de pierre mangés par le lichen et brûlés par le soleil aquitain. La maison où Odilon Redon passa toute son enfance n’est plus.

Ne demeure de Peyrelebade que cette image et la toile peinte par l’artiste en 1897, où la ferme se mue en havre de silence. Le silence justement, ce vide sensoriel apaisant et d’où naissent les rêveries, sera le fil rouge de la nouvelle exposition temporaire de l’institution bordelaise. Car la thématique de l’événement dédié au centenaire de la disparition de l’artiste est cela même : « La Nature Silencieuse ». Un silence omniprésent, seulement troublé par le vent agitant les branchages d’un orme ou par le cri d’un épervier.

Le chemin à Peyrelebade

Odilon Redon, Chemin à Peyrelebade © Musée d’Orsay

Né au cœur de la ville de Bordeaux, Odilon Redon fut très vite éloigné de la cité par ses parents, soucieux de la santé fragile du petit garçon. Jusqu’à ses onze ans, l’enfant resta donc auprès de son oncle qui possédait une exploitation agricole à la campagne. C’est là que Redon admira la nature. Il grandit au milieu des vignes, des landes, des collines et des vastes plaines sèches du sud de la France. Ses camarades de jeu furent l’ombre portée par un arbre, la cabane aménagée dans le creux formé par une racine de chêne séculaire, ou alors les couleurs chaudes de ce sol aride propice à la production viticole.

De nos jours, Odilon Redon (Bertrand de son vrai prénom) est principalement connu pour ses œuvres sombres, empreintes d’une atmosphère ésotérique où des créatures étranges, hybrides entre l’humain et l’animal, évoluent dans des univers où il est difficile de déceler des éléments familiers. Le parcours de cette exposition a le mérite de mettre en avant une toute autre facette du travail du peintre, qui était également dessinateur, graveur et écrivain.

JEUNE FILLE DEBOUT AU PIED D'UN BOUQUET D'ARBRES

Odilon Redon, Personnage dans un site montagneux © Petit Palais

Il s’agissait d’offrir au public un Redon qu’on ne soupçonne pas mais également de ne pas opérer une redite de la grande exposition qui lui avait été dédiée au Grand Palais de Paris en 2011. Ce sont donc dans la très grande majorité des œuvres de petit format que les visiteurs pourront découvrir au sein de l’institution culturelle bordelaise.

Des carnets de croquis, des dessins au fusain ou au graphite (mine qu’il utilise principalement pour sa qualité et la finesse du trait), des aquarelles, des huiles sur toile, qui proviennent de la majorité des réserves du Musée d’Orsay, principal prêteur de cette grande exposition. Le parcours temporaire a été divisé en trois temps.

La Baie des Trépassés (Finistère)

Odilon Redon,  © Musée d’Orsay

Au rez-de-chaussée, une introduction à l’univers de Redon, sa vision du paysage et sa fascination pour les arbres. Au premier étage, une exploration plus en profondeur des différents voyages de l’artiste à travers la France, en particulier les représentations de sa région d’origine et de la Bretagne. Enfin en sous-sol, une étape plus convenue puisqu’elle revient finalement à l’Odilon Redon que l’on connaît tous : le symboliste, le fasciné par les mystères littéraires et les figures mythologiques qu’il insert dans un merveilleux maelström de couleurs abstraites.

Les arbres d’Odilon Redon, sujet le plus récurrent dans ses paysages, sont pourtant eux aussi empreints de cette magie qui a caractérisé la plus grande part de son œuvre. Leurs troncs épais et noueux ont des silhouettes étrangement humaines. Leurs branches nues, généralement dépouillées de toutes feuilles, se tendent vers le firmament comme les bras d’un malheureux implorant le ciel. Ils peuplent les paysages de Redon, ces vastes étendues de plaines douces où aucune âme humaine n’est visible.

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Odilon Redon, Saint Sébastien, 1910 © Musée des Beaux-Arts, Ville de Bordeaux

Car c’est probablement le point le plus fascinant de l’œuvre d’Odilon Redon : ses vues de paysages sont presque systématiquement dénuées de présence humaine. Pas d’habitations, peu de personnages, les routes semblent effacées dans la broussaille ou la bruyère. Ce qui l’intéresse, c’est la nature pure, représentée en elle-même et pour elle-même. Celle qui n’a pas été dénaturée par le passage de l’Homme, celle qui n’a pas été balafrée par un chemin ou défigurée par une ferme. D’où le silence. Un silence apaisant, profond comme les célèbres « Noirs » de Redon mais d’où se dégage un calme rare et précieux.

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