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Cy Twombly, une rétrospective exceptionnelle au Centre Pompidou

Jéremy Billault 1 décembre 2016

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Cet automne, le Centre Pompidou organise une rétrospective historique, grande première depuis la mort de l’artiste qu’elle célèbre : Cy Twombly. Des années 50 au XXIème siècle, de l’abstraction la plus radicale à la douceur de ses derniers tableaux, l’exposition est un véritable événement, une opportunité éblouissante d’entrer en contact avec toute une carrière, toute une vision du monde qui joua un rôle déterminant dans l’Histoire de l’art au siècle dernier. 

Gem‰lde / Acryl auf Leinwand (2005) von Cy Twombly [1928 - 2011] Bildmafl 317,5 x 417,8 cm Inventar-Nr.: UAB 488 Person: Cy Twombly [1928 - 2011], US-amerikanischer Maler, Fotograf und Objektk¸nstler, Vertreter des abstrakten Expressionismus Systematik: Personen / K¸nstler / Twombly / Werke

, 2005 © BKP, Berlin. RMN-Grand Palais / Image BStGS

Il est peut-être là question d’Histoire, avec un grand H. Probablement question d’Hommage aussi, le H toujours grand. Les superlatifs défilent, galvaudés, nous restons incrédules. Quelques secondes avant d’entrer en contact avec Cy Twombly, tout n’est que question, remise en question, doute ou attirance mal informée. Quelques secondes après l’avoir quitté, l’incrédule, choqué par l’incroyable, s’est dissipé. Les questions, elles, ont changé. Pourquoi ici, pourquoi nous, pourquoi maintenant ? Pourquoi à Paris, pour la première fois depuis sa mort ? Pourquoi pas à Rome, son éternelle terre d’accueil ? Pourquoi pas au-delà de l’Atlantique, là d’où il vient ?

from Quattro Stagioni (A Painting in Four Parts), Quattro Stagioni: Primavera

Quattro Stagioni: Primavera, 1993 – 1995 © Tate, London

Pourtant il est bien là, ici et maintenant. Jusqu’en avril prochain, Cy Twombly est à Paris. Du moins son esprit, sa subjectivité, incarnée au Centre Pompidou par un ensemble plus complet que jamais, par près de 150 œuvres (dessins, toiles, photos et quelques sculptures), des débuts à la toute fin, des premiers dessins à une toile monumentale et inachevée. La première, la plus grande, la plus complète, cette exposition est d’ores et déjà historique, d’autant que son sujet est un monument, l’un des plus grands du XXème siècle, l’un des plus grands tout court, qui incarne à lui seul tout un pan de l’Histoire de l’art. Abstraction radicale, savante, bouleversante, symbolique et, chose rare, de la poésie pure.

Lettres

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Achilles Mourning the Death of Patroclus (Achille pleurant la mort de Patrocle), 1962

© Centre Pompidou / P.Migeat / Dist. RMN-GP

Dans son essai commandé à l’époque par Yvon Lambert pour évoquer l’artiste qui nous intéresse, Roland Barthes met l’accent sur une chose : Cy Twombly, c’est de la littérature. Barthes analyse ici la Calligraphie, les lettres omniprésentes et discrètes qui ornent les toiles et les dessins de Cy Twombly, comme il analyse le geste, nerveux, spontané et presque érotique d’un pinceau devenu plume. Dans son geste comme dans ses inspirations (beaucoup de mythes et de poètes antiques), Twombly touche à l’universel grâce à une radicalité que l’on pourrait juger trop simple, camouflage d’une intelligence et d’une spiritualité débordantes.

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Vue de la série Nine Discourses on Commodus, 1963 © Cy Twombly Foundation, Rome
© FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, 2016

Les étapes majeures de la carrière de Cy Twombly sont toutes marquées par la réinterprétation de mythes et de textes issus de l’antiquité gréco-latine. Deux séries, d’abord, séparées de quelques années et, pour ce qui nous intéresse, de quelques mètres, inspirées de l’Illiade, de la guerre de Troie. Exposées pour la première fois en Europe, les toiles de la seconde partie sont le choc qui nous permettent d’entretenir définitivement un rapport intime avec l’artiste : les couleurs sont subtiles et se font rares, illuminées par la blancheur éclatante sur laquelle elles reposent, qui capte la lumière et l’attention au point de faire de l’espace quasi-fermé de la salle le plus blanc (lumineux) de tous les cubes blancs. Ce blanc est l’une des clés. Twombly a toujours considéré le blanc comme « son marbre », intensifiant son éclat couche après couche au point d’en faire une matière rugueuse, sensuelle, tactile, un canevas sur lequel se développent la violence, l’élégance et la pureté des autres couleurs.

Furor

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Fifty Days at Iliam Shades of Achilles, Patroclus and Hector, 1978

© Courtesy of Philadelphia Museum of Art, Philadelphie

La plus significative des séries de Cy Twombly est probablement celle qu’il consacra au règne de l’Empereur Commode en 1963. De cet Empereur du deuxième siècle de notre ère (qui régna entre 180 et 192) l’Histoire a retenu un règne cruel, violent et sanguinaire : fils et successeur de Marc-Aurèle, il mît fin à « l’ère des bons empereurs » pour laisser place à une terrible période de crise. Dans ses Neuf discours sur Commode (oui, discours), Cy Twombly explore la psychologie complexe de Commode, créateur et témoin d’une violence atroce et généralisée, quelques temps après le traumatisme de l’assassinat de J.F. Kennedy. Magistral dans la matière, choquant par les couleurs, génial par l’universalité de l’expression.

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Coronation of Sesostris, 2000 © Pinault Collection / Photo Robert Mc Keever

Ce génie poétique sera le fil rouge de l’exposition : dès ses premiers dessins, dès sa jeunesse, Cy Twombly exprime radicalement son sentiment profond, par une abstraction tellement abstraite qu’elle en est parfois figurative, qu’elle en vient à se représenter elle-même, sous forme de geste, sous forme de pureté, sous forme de poème, ouvertement à des années lumières de ce qui concerne le réel. Au fil des années, Cy Twombly s’apaise : l’incommensurable maelström de rage d’Achille pleurant Patrocle, cette violence qui tutoie Sophocle, Eschyle et Euripide, cette fureur frénétique laisse peu à peu sa place à la sensualité, à l’érotisme et à d’autres poètes, à Sappho ou à Virgile. C’est le cas de la troisième grande série de l’exposition « Coronation of Sesostris« , plus ouvertement et littéralement référencée et parsemée d’éléments narratifs ici et là.

Blooming

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Blooming © Cy Twombly Foundation, courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio © Photo: Studio Silvano, Gaeta

Certains visiteurs se rendront probablement au Centre Pompidou pour les dernières années, pour les quatre tableaux consacrés aux saisons ou pour « le bouquet final » comme on aime à l’appeler dans les couloirs du musée. Blooming magistrale mais inachevée nous tend les bras, point d’horizon d’un long couloir et point d’introduction de la période la plus récente, accompagnée d’autres toiles monumentales, emphase d’un discours parfois peu intelligible mais toujours crucial, toujours intense, savant, profond, violent, épouvantable et émouvant, d’un discours qui nous manipule, nous prend aux tripes parce qu’il nous parle, parce qu’il est la matérialisation radicale de ce qui nous a toujours parlé et de ce qui nous parlera toujours. Pourquoi ici, pourquoi maintenant, peu importe : profitons simplement de ce fragment d’Histoire. Avec un sacré H.

 

CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

PARIS

D’une ampleur inédite, cette première rétrospective complète de l’œuvre de l’artiste américain Cy Twombly est construite autour ...

Exposition terminée
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