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Le vêtement par qui le scandale arrive, aux Arts Décoratifs

Agathe Lautréamont 30 novembre 2016

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De l’Ancien Régime à notre époque contemporaine, du port du corset à l’invention de la mini-jupe, de Marlene Dietrich à Alexander McQueen, de l’Ancien Testament aux études de genre… L’intention est claire dès de le départ, il s’agit ici d’explorer une question aussi complexe que son histoire est longue : celle du code vestimentaire. Au fil des siècles, la nouvelle exposition des Arts Décoratifs explore le vêtement qui choque l’opinion, qui revendique une avancée, qui pose des questions, qui égratigne la norme. Que l’on s’intéresse à la mode, à l’histoire, à la sociologie ou à la politique, qu’on se le dise : l’événement « Tenue Correcte Exigée » a tout pour plaire.

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Vue de l’exposition © Luc Boegly, 2016

Sur l’affiche de l’exposition, une inscription rageuse s’étale sur la photographie d’un jean déchiré : « Tenue correcte exigée ! ». Et pourtant, en pénétrant dans la première salle du nouveau parcours des Arts Décoratifs, c’est un tableau peint par l’atelier de Lucas Cranach l’Ancien qui nous accueille : Adam et Eve, dans leur plus simple appareil (hormis bien sûr l’heureuse feuille de vigne judicieusement placée).

Qu’on se le dise, le parcours ne sera pas chronologique, ne suivra pas un fil conducteur précis, mais jonglera avec les époques, les styles, les codes et même les pièces exposées ! Dans un très long cheminement (l’exposition court le long des deux étages du musée de la rue de Rivoli), le visiteur aura tout le loisir d’observer plus de trois cents pièces différentes (du col en dentelle Datant du XVIIe siècle aux chaussures à talons de Naomi Campbell en passant par des extraits du film Un Tramway Nommé Désir d’Elia Kazan) qui disent beaucoup d’une époque, par leur seul aspect extérieur.

Scandale, vous avez dit scandale ? Car oui, une simple pièce d’accessoire peut bouleverser tous les mœurs d’un temps précis, pourvu que cette pièce précise soit suffisamment avant-gardiste ou originale pour provoquer les remous dans les normes (trop ?) bien établies.

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Vue de l’exposition © Luc Boegly, 2016

Il serait facile de dire que l’histoire du vêtement s’est écrite avec l’encre dans laquelle on trempe la plume dictant les interdits. Or, les interdictions ne sont-elles pas faites pour être transgressées ? Pourtant, ce sont précisément ces ruptures qui ont peut être aidé à avancer, chacune à leur niveau. Prenons l’exemple d’un portrait par Elisabeth Vigée-Lebrun de la reine Marie-Antoinette : la souveraine, abandonnant toute étiquette et toute norme, a décidé de se défaire de ses lourdes robes cousues de joyaux et de perles pour poser devant sa peintre préférée en simple chemise d’intérieur !

Une façon pour l’épouse du roi de montrer son envie d’autre chose, son souhait de se montrer un peu plus en tant qu’elle-même dans un portrait officiel, et non plus d’incarner un pouvoir. Quelques pas plus loin et nous rencontrons la grande actrice Marlene Dietrich qui, dans Cœurs Brûlés, arbore un costume masculin accompagné d’un chapeau haut-de-forme noir. Opprobre ! Honte ! L’actrice a été vouée aux gémonies pour s’être vêtue de façon expressément androgyne.

Il faut croire que même au début du XXe siècle, la règle édictée par le Deutéronome (XXII, 5) : « Une femme ne prendra point un habit d’homme, et un homme ne prendra point un habit de femme, car celui qui le fait est en abomination devant Dieu » a encore la vie dure.

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Vue de l’exposition © Luc Boegly, 2016

Une manière intelligente pour les Arts Décoratifs de faire une incursion rapide, mais bienvenue, dans la thématique des études de genre. Fille ou garçon ? Sur l’air chanté par Sylvie Vartan (mais si, mais si : « Comme un garçon, j’ai les cheveux longs, comme un garçon je porte un blouson… » bon courage pour vous l’enlever de la tête), les Arts Décoratifs cherchent à comprendre pourquoi les transferts vestimentaires peuvent se faire (difficilement) dans un sens mais non pas dans l’autre.

Les femmes se sont battues de tous temps pour ajouter à leurs placards des pièces masculines comme la tenue de cavalière, le pantalon ou le smoking (rappelons que la loi interdisant le port du pantalon aux femmes dans l’espace public n’a été abrogée qu’en 2013) et ce ne fut jamais sans heurt qu’elles parvinrent à changer radicalement leur silhouette.

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Vue de l’exposition © Jacques Demarthon – AFP

Pourtant, l’inverse peine à avoir lieu. Si aujourd’hui le marché du cosmétique masculin se porte plutôt bien (crèmes, parfums et anti-rides sont entrés dans les mœurs grâce à des publicités mettant en scène des athlètes qui vous expliquent que non, prendre soin de sa peau ne fait pas de vous une femmelette), il demeure toujours inconcevable pour les esprits de 2016 de voir ces messieurs porter des jupes (pourtant, le kilt écossais et la djellaba berbère ne sauraient choquer personne). Ce qui nous amène à l’état de fait suivant : le pluriséculaire statut inférieur du sexe féminin par rapport au masculin empêche encore certains changements.

Et lorsque le féminin fait une entrée trop fracassante dans un univers dominé par le masculin, celui-ci se fait rappeler à l’ordre, non sans une certaine violence morale. La robe à fleur de Cécile Duflot est là pour nous le rappeler : une femme politique a été sifflée, moquée, conspuée parce que portant un vêtement dévoilant ses jambes.

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La robe de la discorde © Exponaute

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