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Carnet de dessins de van Gogh : y a-t-il eu falsification ?

Agathe Lautréamont 30 novembre 2016

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Avec la parution de l’ouvrage « Vincent van Gogh : Le brouillard d’Arles », les éditions du Seuil ont-elles tenté un gros coup éditorial et rien de plus ? C’est l’hypothèse qui s’impose de plus en plus, au vu des nouvelles révélations du Musée van Gogh d’Amsterdam. Ces nouveaux éléments publiés en début de semaine tendent à démontrer que ce fameux carnet de dessins sorti de nulle part ne serait rien d’autre qu’un faux…

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Des exemplaires de l’ouvrage du Seuil © Jacques Demarthon – AFP

La bataille au sujet de l’authenticité du carnet de dessins retrouvé de Vincent van Gogh vient de s’intensifier en ce début de semaine. Paru le 15 novembre dernier, l’ouvrage « Vincent van Gogh : Le brouillard d’Arles » contient les reproductions de soixante-cinq dessins présentés par la maison d’édition (avec l’appui de l’historienne de l’art Bogomila Welsh-Ovcharov) comme de la main du peintre néerlandais, supposément exécutés entre 1888 et 1889.

Or, le jour-même de la sortie du livre dans les librairies françaises, le Musée van Gogh d’Amsterdam, figure d’autorité en matière d’authentification des œuvres du maître originaire du Brabant Septentrional, s’est fendu d’un communiqué long, précis et détaillé, expliquant point par point pourquoi ces dessins inattendus ne peuvent pas être de van Gogh. Le 29 novembre dernier, l’institution culturelle située en plein cœur d’Amsterdam a définitivement enfoncé le clou, critiquant Bogomila Welsh-Ovcharov (historienne de l’art qui a authentifié les dessins et écrit l’ouvrage paru au Seuil) et Ronald Pickvance (auteur de l’avant-propos de l’ouvrage) pour leur négligence au sujet des questions d’authentification.

Des pages « oubliées »

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Les deux pages manquantes de l’édition du Seuil, datées du 19 juin 1890 © Van Gogh Museum, Amsterdam

En plus d’avoir avancé des arguments touchant aux erreurs topographiques grossières, à l’étrange qualité du papier, au choix du type d’encre ou encore à des témoignages discordants quant au don fait par le néerlandais Vincent van Gogh de ce « brouillard » (les détails ici) , le Musée van Gogh pointe un élément des plus étonnants, que les éditions du Seuil vont avoir du mal à justifier.

Le livre publié par les éditions du Seuil comporte le fac-similé d’un carnet tenu par une employée du Café de la Gare, d’où provient le fameux « brouillard » d’Arles (brouillard pour brouillon du livre de comptes). Ce carnet, qui tient un compte-rendu des activités du Café de la Gare d’Arles, aurait été retrouvé en même temps que le miraculeux carnet de dessins et évoque à de nombreuses reprises van Gogh; ses feuillets sont donc un outil d’authentification précieux pour le Seuil. Or, il semblerait que certaines pages de ce fameux carnet ont été soit « omises » par la maison d’édition, soit carrément modifiées.

Le Musée van Gogh explique ainsi dans un nouveau communiqué que sur les vingt-six pages que compte le petit carnet retrouvé avec les dessins (26 pages que le Seuil a affirmé avoir reproduites dans leur intégralité), quatre étaient déjà connues de leurs experts, puisqu’elles leurs avaient été adressées en 2012 par la propriétaire du carnet qui souhaitait savoir si oui ou non les dessins étaient authentiques. Le Musée van Gogh a bien sûr conservé des reproductions de ces pages.

Des dates différentes

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Un passage de la note datée du 10 juin 1890 dans l’ouvrage du Seuil © Van Gogh Museum, Amsterdam

Et sur ces quatre mêmes pages, deux sont manquantes dans l’ouvrage publié par le Seuil. Or, ces fameuses pages contenaient une note datée du 19 juin 1890 faisant référence à Vincent van Gogh. Celle-ci explique que les meubles de son atelier à la Maison Jaune ont été déposés ce jour-là au sein du Café de la Gare. Pourtant, dans l’édition du Seuil, cette information est bel et bien livrée… mais à une date différente ! Le 10 juin 1890. Alors, falsification ? Le Musée van Gogh s’interroge dans son communiqué : « Dans quelle mesure ce document est-il fiable si exactement la même déclaration peut être trouvée à deux dates différentes ? ».

Toujours est-il qu’aujourd’hui, les raisons qui ont motivé ces modifications restent peu claires. Mais il demeure une chose de certaine : la maison d’édition a volontairement omis de publier des pages et a changé une date. Le Musée Vincent van Gogh d’Amsterdam passe donc à la vitesse supérieure, en rendant public les photographies de ce petit carnet passé entre ses mains en 2012. L’institution néerlandais attend maintenant une réponse claire et précise de la part du Seuil. Du côté de la maison d’édition, on se contente de contre-attaquer en disant que le musée d’Amsterdam a refusé le débat public d’experts qui lui était proposé.

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