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Le 28 novembre 1757 naissait William Blake

Agathe Lautréamont 25 novembre 2016

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Le 28 novembre 1757, naissait à Londres un esprit insatiable, un créateur de génie dont la curiosité et les expérimentations n’étaient en quête que d’un seul et unique but : toucher à l’absolu. William Blake, philosophe, poète, peintre, dessinateur, graveur… Tous ces adjectifs peuvent définir un personnage énigmatique, dont les visions aussi bien sublimes qu’infernales nourrirent un art qu’aujourd’hui encore, l’on peine à classifier. Classique ? Romantique ? Peut-être faut-il simplement accepter l’énigme et se délecter des œuvres du maître anglais, qui chacune dévoilaient la part d’un nouveau monde admirable.

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William Blake, Newton, 1805 © Wikimedia Commons

Au cours de l’année 2009, l’énigmatique et fascinant William Blake avait été l’objet d’une rétrospective d’ampleur au sein du Petit Palais ; pour la première fois en France, une large partie de ses œuvres était exposée au grand public. Celui-ci put pendant de longs mois se perdre dans l’observation de ses visions prophétiques mais également dans la lecture de ses poèmes au sens sibyllin, mais au verbe majestueux.

D’ailleurs, il ne serait nullement exagéré d’avancer ici que l’art de William Blake est indéfectiblement lié à sa pratique poétique, tant et si bien que l’un ne saurait se voir décrypté sans l’autre. En ce 28 novembre, date anniversaire, attardons-nous si vous le voulez bien sur une œuvre célèbre de l’artiste insondable : Newton.

Tutoyer la quintessence, coudoyer l’infini était une obsession pour Blake, la quête d’une vie. Rien de surprenant alors à lire qu’il existe en vérité de nombreuses versions de cette illustration, toutes exécutées entre 1795 et 1805.

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Thomas Phillips, Portrait de William Blake, 1807 © Wikimedia Commons

Science sans conscience…

Nous rencontrons alors un Isaac Newton, ou plutôt une allégorie de ce grand scientifique à la puissance évocatrice surprenante, alors que celui-ci ne nous accorde pas la moindre attention. Nu, dévoilant une musculature puissante digne des plus fiers marbres grecs, le chercheur semble absorbé par le tracé de la figure géométrique s’étalant sur le parchemin partiellement déroulé sur le sol. Ses yeux fixés sur le papier, les traits du visage fermés, la conscience du scientifique est toute entière tournée vers la formule mathématique qu’il trace à l’aide d’un compas.

Un triangle, en écho à la composition du dessin qui en vérité, s’axe autour d’une forte diagonale qui guide le regard du spectateur en direction du rouleau, objet de l’intérêt de Newton. Les formes triangulaires sont d’ailleurs omniprésentes dans l’œuvre réalisée à l’encre et à l’aquarelle, de la feuille au compas en passant par la composition générale ou encore le profil du scientifique.

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William Blake, The ancient of days, 1774  © Wikimedia Commons

Spleen et idéal

La science, donc, clé de voûte de cette illustration signée William Blake. Ce domaine de recherche infini se retrouve dans la puissante musculature du personnage central. Peintre et poète, Blake se révélait également un chercheur insatiable, curieux de tout et pour qui l’idéal devait s’appliquer à tout domaine, y compris le corps humain.

Nous ne sommes plus là face à une musculature rêvée comme au temps de l’Antiquité romaine, Blake transcende cet idéal, et illustre par des muscles athlétiquement dessinés son incomparable maestria artistique comme sa connaissance pointue de l’anatomie humaine. Mais sommes-nous là véritablement face à une obsession pour la perfection des chairs ?

D’un œil attentif, il est possible de déceler que le corps dessiné de Newton se trouve être une prolongation de la forme géométrique étalée sur le parchemin ; et ainsi une continuité du message délivré par l’illustration de William Blake : Newton trace la géométrie, est entouré de géométrie (triangles, diagonales, spirale du rouleau de parchemin…) et incarne cette même géométrie avec son apparence physique. Il ne serait pas fantaisiste d’imaginer avoir devant nous un Dieu des mathématiques.

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William Blake, The great red Dragon and the Woman lothed in sun, 1803 © Wikimedia Commons

Divine Comédie

Une nature divine qui semble se confirmer lorsqu’on réalise seulement où se trouve Newton tandis que nous le regardons absorbé par son travail : il repose, serein et silencieux, au fond de la mer. Atmosphère bleutée, anémones aux bras emportés par le courant, sable aux taches blanches étincelantes, rocher recouvert de coraux et de coquillages en voie de fossilisation…

William Blake se sentait-il proche de son modèle, Isaac Newton ? Tous deux ont fait montre au cours de leur existence d’une curiosité que rien ne semblait pouvoir éteindre, tandis que l’interrogation qui obséda leur intellect tout au long de leurs jours fut sans conteste celle portant sur le Divin. Dans ses carnets intimes, Newton relatait son intuition d’avoir été un envoyé du Tout Puissant, chargé d’éclairer les hommes de son temps à la lumière de ses découvertes scientifiques.

Blake de son côté, réalisait des gravures prophétiques, peuplées de créatures apocalyptiques, persuadé à la manière d’un nouveau Messie que ces images dantesques se réaliseraient un jour. Toucher au divin, en dévoiler à la face du monde la vraie nature ? Cela est-il possible ? Newton en tout cas, sur ce dessin s’y essaie. En effet, à l’aide d’un compas, il semble en train de mesurer le triangle, qui figure également… la Sainte Trinité.

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