Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CIAO ITALIA

28/03/2017 > 10/09/2017

Musée de l'histoire de l'immigration

- PARIS

expo_cercle_2 STEVEN PIPPIN

14/06/2017 > 11/09/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_3 ED VAN DER ELSKEN

13/06/2017 > 24/09/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_4 MONTMARTRE, DÉCOR DE CINÉMA

04/04/2017 > 15/01/2018

Musée de Montmartre - PARIS
expo_cercle_5 LE PAYSAGE JAPONAIS

21/06/2017 > 02/10/2017

Musée Guimet - PARIS

LA NEWSLETTER

Made in Japan : le Mois du graphisme à Echirolles

Laura Bourdon 23 novembre 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Depuis le 19 novembre, la ville d’Echirolles, près de Grenoble en Isère, accueille une manifestation devenue incontournable pour tous les férus de design graphique, amateurs et professionnels. Par-delà la reconnaissance nationale dont il bénéficie, le festival a su attirer un public venu des quatre coins du monde, par le choix de thématiques pointues et ouvertes à de nouvelles cultures. Un essor qui se révèle d’autant plus important cette année puisque la ville inaugure un nouveau centre culturel, Echirolles Centre du graphisme, qui vient asseoir la place de choix de la ville dans la diffusion de la culture graphique et des arts visuels, en France, et à l’international.

echirolles-1

© Hideki Nakajima – Seven Exhibition affiche réalisée pour les Pao Galleries de Hong-Kong Arts Centre, 2005

C’est dans les locaux de l’ancienne mairie, un bâtiment Art déco du centre-ville, que s’est installé le nouveau Centre du graphisme, à Echirolles. Il s’appuie sur l’effervescence du Mois du graphisme, un Mois qui se prolonge jusqu’au 29 janvier 2017, pour annoncer son ouverture définitive et accueillir sa première exposition. Dans une volonté de proximité et d’ancrage auprès de son public, le centre prévoit l’organisation d’expositions, de rencontres et de débats. Son rôle, à travers la promotion du design graphique, est de permettre à tout un chacun de s’approprier son environnement visuel, dans une société où l’image détient une place majeure.

La transmission des connaissances, ainsi que la pérennisation de ses actions auprès de l’ensemble des structures artistiques de la ville sont au cœur de la mission du Centre du graphisme d’Echirolles. Une connaissance appuyée, depuis 26 années maintenant que la ville accueille le festival du graphisme, qui lui confère un rayonnement international.

echirolles-2

Illustration réalisée pour «Vinothèque», le magazine mensuel du vin © Kazuo Kuribayashi

Made in Japan

Afin d’accompagner l’ouverture de ce centre permanent, Michel Bouvet assisté de Blanche Alméras ont conçu une salve d’expositions disséminées dans différents lieux de la ville, choisissant comme invité d’honneur le Japon. Ce choix est apparu comme évident, tant le pays du Soleil-Levant exerce une grande fascination en Europe. « La peinture, la laque, l’estampe et la calligraphie, mais aussi une méticuleuse observation de la nature, y ont tracé les sillons qui mènent à un design graphique moderne et contemporain », précise Michel Bouvet.

Après l’estampe, l’affiche détient une place prépondérante dans la culture japonaise. Emballages, enseignes, objets usuels : la pratique du graphisme est pleinement intégrée au Japon, où même les plus petits objets du quotidien révèlent un raffinement inouï. Le silence de la nature d’un côté, le tumulte industriel de l’autre : là est tout le paradoxe de cette culture, qui voit se côtoyer tout autant le kitsch et l’anarchie visuelle au cœur de certains quartiers de grandes villes comme Osaka, avec une ultra-modernité, un « hyper-design », aux traits des plus fins, aux lignes des plus douces et des plus épurées. « Un design qui sait, quand il le faut, rester discret », affirme le commissaire.

echirolles-6-jpeg

© Mitsuo Katsui – Letters and Love, affiche pour Morisawa & Company Ltd, 2008

Héritiers d’un passé millénaire, les graphistes japonais n’ont cessé de croiser tradition et modernité. I Love Japan, graphisme et modernité, rend compte de ces ambivalences et démontre l’immense inventivité des créateurs japonais. « Japon : les Grands Maîtres de l’affiche » présentée au Musée Géo-Charles regroupe notamment une centaine d’affiches historiques, des années 50 à nos jours, signées par certains des plus grands graphistes japonais. C’est le cas de l’engagé UG Sato, qui rafle toutes les médailles dans les biennales. Ce dernier s’est notamment fait connaître en 1995 pour avoir protesté contre les essais nucléaires menés par la France. Son travail est extrêmement fort, tant sur le plan formel que conceptuel, l’affiche étant pour cet artiste un véritable moyen de contestation, d’expression de ses idées politiques (ce qui n’est pas nécessairement très courant dans un pays comme le Japon).

echirolles-5

© Couverture de Dajiro Ohara pour le magazine IDEA n° 339, « Privately Public, Pubcly Private », 2010

A l’image des quartiers de la ville, les magazines revêtent une grande diversité dans leur composition : tour à tour raffinés, populaires, branchés ou alternatifs. Certains magazines sont saturés d’images tandis que d’autres exaltent la simplicité. Une importance particulière est donnée aux couvertures et doubles-page du magazine IDEA, l’une des références les plus prestigieuses en la matière.

Le Festival du graphisme délivre ainsi un panorama des plus larges de toute la diversité que revêt le design graphique au Japon, une pratique artistique aujourd’hui pleinement intégrée et reconnue. Bien que la mondialisation des échanges ait pu engendrer un style graphique « universel », le Japon, fort heureusement, fait exception à cette règle. Perméable aux influences mondiales, ce pays a su, malgré tout, conserver son authenticité, et s’emparer de tous les sujets, qu’ils soient politiques, commerciaux ou publicitaires, toujours avec beaucoup d’humour et une gigantesque fantaisie.

echirolles-7

© Kazumasa Nagai – Ueno Zoo, affiche pour les jardins zoologiques de Ueno, 1993

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE