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Henri de Toulouse-Lautrec : ode à la bohème

Agathe Lautréamont 23 novembre 2016

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Le 24 novembre 1864, une petite ville du sud de la France, Albi, voyait naître un des grands peintres du XIXe siècle : Henri de Toulouse-Lautrec. Complet noir, monocle vissé sur l’œil, éternel chapeau sur la tête, Toulouse-Lautrec joua toute sa courte vie de son apparence atypique, tandis qu’il égayait les soirées parisiennes entre peintres de ses attitudes fantasques et volontairement provocatrices. Et son art, lui, resta dans l’histoire comme une des plus flamboyantes illustrations de la légèreté parisienne typique de la seconde moitié du XIXe siècle.

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Henri de Toulouse-Lautrec, Bal au Moulin Rouge, 1890 © Philadelphie, Philadelphia Museum of Art

C’est au cours de son enfance qu’Henri de Toulouse-Lautrec commence à apprendre à dessiner. D’abord en dilettante, puis plus sérieusement une fois que la maladie du peintre se déclare ; une affection qui provoque un retard de croissance des os : toute sa vie, il garda une petite taille. Un  handicap qui ne l’empêcha cependant pas de nourrir de grandes ambitions : il sera peintre, et célèbre, s’il vous plaît !

À compter de 1882, Toulouse-Lautrec entra dans les ateliers d’artistes comme Princeteau, Bonnat ou encore Cormon, chez qui il étudia les œuvres des peintres impressionnistes, s’intéressa beaucoup à Edgar Degas tout en se penchant sur les courbes d’Ingres.

Mais au cours de sa carrière artistique, il refusa toujours obstinément de faire partie d’un quelconque groupe d’artistes, préférant s’adonner à tout une série de registres artistiques différents (peintre, lithographe, affichistes, illustrateur…) tout en se tenant éloigné d’une éventuelle classification.

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Henri de Toulouse-Lautrec, La Goulue arrivant au bal du Moulin Rouge, 1892 © MoMa, New York

Loin des centres d’intérêt des impressionnistes de son temps, Toulouse-Lautrec tourna son regard vers le monde de la nuit et trempa son pinceau dans les couleurs chamarrées des soirées parisiennes à Montmartre, où l’animation ne semblait jamais avoir de fin. À Paris, Henri de Toulouse-Lautrec se lia d’amitié avec Félix Vallotton et eu l’occasion d’encourager Vincent van Gogh lorsqu’il fut de passage à la capitale pour habiter quelques temps avec son frère Théo.

S’inscrivant dans une mouvance artistique dont l’ambition n’était rien de moins que de dépasser l’impressionnisme, Toulouse-Lautrec puisa une grande part de son inspiration dans l’estampe japonaise, que la France découvrait en cette seconde moitié du XIXe siècle, Hokusai et Kuniyoshi étant les deux chefs de file de cet art asiatique.

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Henri de Toulouse-Lautrec, Reine de joie, 1892 © Wikimedia Commons

Lignes continues, disposition compacte des couleurs, espace bidimensionnel… ces œuvres eurent une influence indéniable sur sa propre pratique artistique, un effet particulièrement visible dans ses lithographies et ses affiches publicitaires. Ces créations qu’il destinait aux cabarets parisiens ou aux cafés animés de la capitale arborent des contours sinueux et des rehauts de lignes noires directement inspirées de l’estampe nippone.

Dans sa peinture, on peut déceler des coups de pinceaux d’une grande rapidité, apposés par petits traits, tandis que ces touches modestes peuvent parfois côtoyer des aplats importants de couleurs vives, aux volumes soulignés de teintes sombres.

À l’aise dans les soirées parisiennes embrumées par la fumée des cigarettes et des pipes, Henri de Toulouse-Lautrec mène une vie de bohème auprès d’une population de petite vertu, que l’on ne représente traditionnellement pas et que l’on ignore parfois avec beaucoup de dédain. Il peignit d’un œil rieur les petites femmes des maisons closes, l’animation souvent fiévreuse des vélodromes, la population pittoresque et légère qui fréquente les bals publics de Montmartre et s’enivre dans un tourbillon de musique et d’absinthe.

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Henri de Toulouse-Lautrec, Au Moulin Rouge, 1892 © Chicago, Institut d’art de Chicago

Toute sa vie, il fut en quête d’une stylisation qui lui aurait permis de rendre compte au mieux des personnages les plus caractéristiques de cet univers de la nuit. Ses couleurs criardes, ses cadrages audacieux, son utilisation de la contre-plongée témoignent de son désir d’originalité et de renouveau. Pourtant, sous les oripeaux de la gaîté et de l’insouciance, Toulouse-Lautrec révèle le visage grimaçant de ce monde de la fête parisienne.

Car derrière les frous-frous de ces dames, derrière le maquillage outrancier des danseuses, derrière les rires goguenards des badauds, se terre une tristesse cachée, une certaine misère sociale ; que l’on oublie en se grisant de musique et d’absinthe trop fortes.

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