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Pécheresse, tentatrice, icône : les multiples visages de Marie Madeleine

Agathe Lautréamont 22 novembre 2016

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Elle a bien des noms et également bien des rôles. Celle que l’on nomme tour à tour Marie de Magdala, Marie Madeleine ou encore Marie la Magdaléenne a vu ses rôles évoluer, changer, s’enrichir au fil des siècles et des interprétations des textes chrétiens. Apôtre du Christ, compagne de Jésus, pécheresse repentie… Son rôle est complexe, une complexité qui s’est retrouvée au long des ans dans l’Histoire de l’art. Le monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, propose pour la première fois en France un parcours exclusivement tourné vers ce personnage énigmatique ; tandis qu’il décrypte la fascination des artistes pour cette femme, de l’ère médiévale à nos jours.

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Artiste inconnu, Portrait en Marie Madeleine, vers 1500-1510 © Musée Condé de Chantilly

Passer en revue l’image d’un personnage biblique sous le prisme de l’Histoire de l’art est une entreprise complexe, car l’iconographie ne manque pas. Cette abondance se retrouve d’ailleurs sensiblement dans la nouvelle exposition du monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse. Pas moins d’une centaine d’objets ont été réunis afin de brosser le portrait le plus précis possible du personnage de Marie Madeleine.

Peintures, gravures, manuscrits richement enluminés, sculptures mais également des objets du quotidien plus modestes comme des flacons de parfum ou des coffrets à bijoux ont été regroupés dans un parcours qui, annonçons le de suite, s’avère fort intéressant.

Et le parcours parvient à ne pas tomber dans l’écueil pourtant facile de se perdre dans son propre foisonnement d’artefacts, puisque nous l’avons dit, l’histoire de ce personnage biblique féminin est des plus complexes. C’est ce qui explique le choix du parcours, qui se fera essentiellement sur un ordre thématique, afin de décrypter qui était, est et sera probablement Marie Madeleine dans l’imaginaire populaire.

Autres temps, autre esthétique

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Laurent Pécheux, Madeleine pénitente, 1768 © Didier Michalet

Cet imaginaire, nous le constatons très vite après quelques pas dans l’exposition, fourmille autour de Maria de Magdala et selon les époques tout comme la zone géographique, ce sont des visages sensiblement différents que la sainte nous expose, à notre plus grande surprise.

La période médiévale s’est grandement intéressée à la sensualité mystérieuse mais tout dans le même temps paroxystique qui émane de cette femme à la beauté troublante, une beauté telle que des personnalités princières n’hésitèrent pas à se faire représenter sous les traits de la sainte, leurs longs cheveux portés dénoués et, dans les mains, un flacon de parfum : l’iconographie de Marie Madeleine myrophore (qui porte une fiole de parfum) battait alors son plein.

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Guido Reni, Sainte Madeleine en prière, XVIIe siècle © Musée des Beaux-Arts de Quimper

Et au long des siècles passant, d’autres aspects de la vie du personnage sont exploités par les artistes. Son isolement dans le désert se révèle un thème récurrent, propice à aiguillonner l’inspiration des peintres.

Ceux-ci d’ailleurs, révèlent des huiles sur toile troublantes, où Marie Madeleine pose à demi-nue dans une grotte ou dans un paysage fantasmé, les cheveux masquant à peine sa scandaleuse nudité tandis que le regard tourné vers le ciel, lèvres entrouvertes, Marie Madeleine semble perdue dans sa prière, ou dans une toute autre sensation d’extase…

Variations

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Adolphe Lalyre, La Madeleine, vers 1900 © Château Royal de Blois

Car c’est là un aspect plaisant des Évangiles : ils sont rarement d’accord sur tout et les éléments de l’existence de Marie Madeleine peuvent varier sensiblement selon que l’on consulte les écrits de Saint Jean ou l’Évangile selon Marc. La belle jeune femme est-elle bien une synthèse de trois personnages bibliques différents ?

Est-elle véritablement la première personne à avoir vu Jésus ressuscité et donc chargée par ce dernier d’aller répandre la nouvelle autour d’elle ? Était-elle vraiment la jeune fille vouée aux plaisirs terrestres qui y renonça si facilement pour se convertir à la foi chrétienne ? Toujours est-il que les variations dans le récit de sa vie n’étaient pas pour déplaire aux artistes.

Enlumineurs, graveurs et dessinateurs ont pu représenter tour à tour une pécheresse n’ayant d’yeux que pour les parures et les onguents précieux, une repentie qui se flagelle en regardant un crucifix ou encore la plus fervente des apôtres de Jésus. Nous l’avons vu, ce personnage religieux a connu bien des évolutions, voire des mutations si on laisse s’écouler plusieurs centaines d’années entre deux réalisations artistiques. Et c’est ce qui fait, probablement, qu’elle fascine toujours.

MARIE MADELEINE

29/10/2016 > 05/02/2017

Musée de Brou

BOURG-EN-BRESSE

Sainte la plus vénérée à travers les siècles mais aussi la plus ambivalente, Marie Madeleine a nourri tous les fantasmes, à la fois p...

Exposition terminée
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