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La Bourse Révélations Emerige apporte une nouvelle fois de belles découvertes

Jéremy Billault 18 novembre 2016

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En seulement quelques années elle est devenue une référence en matière d’art émergent. Créée en 2014, la Bourse Révélations Emerige récompense chaque année un artiste de moins de 35 ans pas encore représenté par une galerie. Cette année, parmi les 610 dossiers examinés par le jury, douze artistes ont été sélectionnés pour présenter leurs œuvres au sein d’une exposition commune ; parmi eux, un lauréat qui bénéficiera d’un studio offert par Emerige pendant un an et du financement, toujours par Emerige, de sa première exposition personnelle au sein d’une galerie partenaire de renommée internationale, cette année la galerie Michel Rein.

Après une exposition 2015 plutôt réussie et des propositions extrêmement intéressantes (à redécouvrir ici), l’édition 2016 de la Bourse Révélations Emerige intitulée une inconnue d’avance devait confirmer la bonne dynamique de la démarche et sa capacité à découvrir des artistes dont on reparlera dans les années à venir. Et cette année encore, il y a beaucoup de chose à voir, à penser et à réfléchir.

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© Ugo Schiavi

D’entrée de jeu, un artiste vise juste. Ce n’est pas tant que les autres visent à côté mais cette oeuvre-là, présentée ici quasi dans la première salle d’exposition de la Villa Emerige, semble résonner parfaitement avec l’état actuel du monde et avec le message que le commissaire de l’exposition déclarait vouloir passer. Cet artiste, c’est Ugo Schiavi qui expose ici une oeuvre saisissante : une sculpture, des sculptures, des bribes de sculptures très détaillées mais en ruine, membres dénués d’un corps qu’on imagine, à la fois massives et fragiles car déconstruites, ou jamais vraiment tout à fait construites. Difficile de ne pas immédiatement s’imaginer face à ce qu’il reste des ruines de Syrie ou d’Irak, dévastées à la chaîne par l’Etat Islamique. Peut-être est-ce là un faux-sens, une contextualisation un peu facile mais le sentiment de fragilité est le même, face à l’un et face à l’autre.

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© Ugo Schiavi

Cette fragilité, on la retrouve quelques mètres plus loin, chez Rémy Brière, à travers plusieurs structures alambiquées qui par endroit soutiennent, on ne sait trop par quel miracle, un œuf. Solidement installé sur une structure très fine, l’œuf semble nous narguer, tout va bien pour lui alors que l’on s’inquiète. Les œuvres de Rémy Brière agissent ainsi : presque narratives bien qu’immobiles, elles marquent, saisissent et provoquent rapidement chez le spectateur toutes sortes d’interprétations.

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© Rémy Brière

C’est également à ce niveau là, dans notre esprit, que se joue le travail du lauréat de cette année. Et pour cause : le mécanisme présenté est annoncé comme n’étant pas l’oeuvre elle-même. Au bout de ce mécanisme, une ampoule qui, de façon totalement aléatoire, s’allume pour transmettre un code en morse. Ce code, que l’artiste a envoyé par la Poste à quelques happy few, ne contient pas LA solution ou l’éventuelle localisation de l’oeuvre arlésienne que l’on attend. Il faut encore chercher, interpréter, aller à droite, à gauche, renoncer, s’y remettre… Tout est dans la réception : l’artiste entre dans l’esprit de celui qui cherche, celui qui cherche tente désespérément d’entrer dans l’esprit de l’artiste. Le jury, lui aussi, a dû apprécier l’expérience.

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© Johanna Benaïnous et Elsa Parra

Parmi les douze artistes (ou duos d’artistes) sélectionnés on a également apprécié le travail intéressant de Johanna Benaïnous et Elsa Parra et leur série d’autoportraits sur lesquels on peine à les reconnaître tant, physiquement, elles sont différentes d’une scène à l’autre. A l’instar de Lucie Picandet, lauréate 2015 actuellement exposée à la galerie Valois ou de Louis-Cyprien Rials, lui aussi exposé en ce moment à la galerie Dohyang Lee, on ne doute pas qu’une bonne partie des artistes de la sélection sera exposée dans de bonnes galeries dans les mois qui arrivent. Car l’estampille Bourse Révélations Emerige est définitivement un gage de qualité.

Infos pratiques

Jusqu’au 20 novembre 2016, De 13 h 00 à 19 h 00

Villa Emerige

7, rue Robert Turquan 75016 Paris

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