Disallowed Key Characters.
Magazine » Comptes-rendus
Actualités - Comptes-rendus - Voir + clair - Entrer dans l'œuvre - Entretiens - Voir + loin


expo_une_favori
expo_cercle_1 CÉSAR

13/12/2017 > 26/03/2018

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_2 DEGAS

28/11/2017 > 25/02/2018

Musée d'Orsay - PARIS
expo_cercle_3 PHOTOGRAPHISME

08/11/2017 > 29/01/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_5 FRANÇOIS 1ER ET L'ART DES PAYS-BAS

18/10/2017 > 15/01/2018

Musée du Louvre - PARIS

LA NEWSLETTER

À la Maison de Victor Hugo, on fait d’un poème une exposition

Agathe Lautréamont 18 novembre 2016

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

« Amis, ne creusez pas vos chères rêveries ; Ne fouillez pas le sol de vos plaines fleuries ; Et quand s’offre à vos yeux un océan qui dort, Nagez à la surface ou jouez sur le bord. » Ce sont là les premiers vers du poème actuellement mis à l’honneur par la Maison de Victor Hugo : La Pente de la Rêverie. Un poème donc, un sujet peu commun pour une exposition, mais c’est pourtant le défi que s’est lancé la Maison de Victor Hugo. Revenir le temps qu’un accrochage temporaire sur un poème composé par un écrivain alors âgé de moins de trente ans, mais qui a rédigé là sa toute première œuvre véritablement visionnaire. Découverte d’un parcours en trois temps, où trois regards, trois époques, trois thèmes viennent explorer un texte à la beauté universelle.

10

Melissa Pelazza, Étude pour « La Pente de la rêverie » © Melissa Pelazza

L’idée de la nouvelle exposition de la Maison de Victor Hugo est résolument de se laisser porter. Un poème aussi puissant et beau que La Pente de la Rêverie doit être  parcouru, il convient de se laisser porter par la rime, se laisser prendre par la main par la musicalité des mots et être subjugué par la force des formulations de cet écrivain qui a survolé les Lettres de tout le XIXe siècle.

L’exploration doit se faire par l’émotion, le ressenti, la rêverie ; celle qui figure en bonne place dans le titre de l’œuvre qui nous occupe. C’est ce qu’a cherché à faire la Maison de Victor Hugo, en créant un parcours original, ni vraiment thématique, encore moins chronologique.

LA VILLE MORTE

Victor Hugo, La ville morte © Maisons Victor Hugo/ Roger-Viollet

La première salle est entièrement dédiée aux créations de plusieurs classes d’élèves, les adolescents ayant imaginé des œuvres en lien avec le poème. Le second temps fait la part belle aux Beaux-Arts, ceux qui ont inspiré Hugo et ceux créés de la main du poète-même.

L’ultime passage de l’accrochage se centre sur les productions de deux artistes contemporains, l’une peintre l’autre photographe, qui ont également glissé le long de la pente du rêve.

Dix classes de seconde et de première ont été sollicitées pour la création de la première salle de l’exposition. Des photographies en noir et blanc, saisies dans différents quartiers de la capitale, illustrent des vers tirés du poème de Victor Hugo. Les étudiants n’ont pas été enfermés dans le carcan du texte, au contraire, carte blanche fut donnée à leur imaginaire, à leur créativité, à leurs envies propres et profondes.

7

Anne Slacik, La Pente de la rêverie V, 2016 © Jean-Louis Losi

 Une seule règle : ne pas rendre un travail scolaire d’explication de texte. Alors les jeunes ont laissé vagabonder leurs visions. Et en sont sorti des images abstraites, des constructions invitant à la déambulation, des vêtements cousus des fils dont on tisse les songes, des textes ont été rédigés en laissant la plume courir d’elle-même, des films ont été tournés dans une ambiance éthérée et mystérieuse.

Il est très intéressant de constater à quel point les élèves ont choisi des médiums terriblement variés pour exprimer ce qu’ils avaient à dire, pour donner corps à ce que le poème de Victor Hugo leur avait inspiré.

La troisième et dernière étape du parcours livre un dialogue surprenant entre deux artistes contemporains : la peintre Anne Slacik et le photographe Jean-Christophe Ballot. L’une livre des toiles de grand format, où le bleu, couleur chère aux surréalistes, inonde de sa luminosité la salle d’exposition de la Maison de Victor Hugo.

9

Jean-Christophe Ballot, Sainte Marguerite, 2014 © Jean-Christophe Ballot

Sa touche abstraite n’indique pas quelque chose au visiteur, mais au contraire, l’invite à imaginer ce que bon lui semblera au sujet de ces étranges peintures. Sommes-nous là face à un ciel à perte de vue ? Ou plutôt une mer déchaînée ? Ou serait-ce une vision bienheureuse de l’Autre Rive ? À chacun d’imaginer…

Et face à l’immensité du bleu, on trouve le contraste puissamment marqué des clichés en noir et blanc de Jean-Christophe Ballot. Spécialisé dans la photographie de paysage et d’architecture, Ballot braque son objectif sur les sculptures de la main de l’Homme et celles réalisées par Mère Nature. Les rives nues d’un lac à l’eau calme comme un miroir répondent donc aux courbes d’un buste antique fait d’un albâtre pur, tandis que des vers courent sous chaque photographie.

4

François de Nomé, David dans la fosse aux lions © Musée de la cour d’or

Mais l’étape la plus bouleversante de l’exposition demeure la seconde étape, celle qui joue les traits d’union entre l’imaginaire des générations futures et celui des temps contemporains. Cette salle se focalise sur la thématique des cités. Antiques, célestes, imaginaires, perdues, détruites, dissimulées, rêvées, peu importe ; elles ont toutes en commun de nourrir depuis des temps immémoriaux les visions des hommes.

En bonne place, une toile du mystérieux peintre François de Nomé, dont on ne sait presque rien, hormis que son style fort atypique pour le XVIIe siècle ne cesse d’intriguer les historiens de l’art. Ses personnages minuscules, parfois réduits à quelques traits, sont les jouets de scènes bibliques violentes, où les empires sont tombés en ruine et où des cieux sombres menacent sans cesse. La fascination exerce son pouvoir dans l’instant. Il y a du Dalí dans cette toile, du Gustave Doré, du William Blake… Tout, mais pas une période à cheval entre les XVIe et XVIIe siècles. Qui est ce visionnaire aux images torturées ? Mystère.

pra

Giovanni Battista Piranesi, Les Prisons, 1784 © ENSBA

Face à la fantastique toile Daniel dans la fosse aux lions de Nomé, se dressent les lignes obsédantes, oppressantes, tourmenteuses du Piranèse : deux gravures issues de sa série des Prisons répondent par le noir et blanc à la monochromie dominante de la pièce. Et ce ne sont pas les propres peintures de Victor Hugo, au lavis et à l’encre, qui viendront éclaircir ces visions apocalyptiques de mondes qui s’effondrent à la manière de colosses aux pieds d’argile. Mais ces géants, toujours, nous invitent à rêver.

LA PENTE DE LA RÊVERIE

17/11/2016 > 30/04/2017

Maison de Victor Hugo

PARIS

La maison de Victor Hugo rend hommage au poète et à la poésie en consacrant une exposition à un poème de Victor Hugo : La Pente de la r...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE