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Au Portugal, un touriste pulvérise une statue du XVIIIème siècle en prenant un selfie

Jéremy Billault 16 novembre 2016

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Le 6 novembre dernier, au Portugal, un touriste brésilien a malencontreusement glissé en essayant de prendre un selfie devant une statue du XVIIIème siècle. La statue, tombée au sol et brisée en plusieurs morceaux, pourra être réparée mais le musée devra se lancer dans d’important travaux pour qu’elle retrouve sa forme originale. Histoire. 

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La statue de l’Archange Saint-Michel, époque pré-selfie © Musée National d’Art Ancien de Lisbonne

Les dégâts ne sont pas irréversibles mais les images sont spectaculaires. Au musée National d’Art Ancien de Lisbonne, au Portugal, une oeuvre d’art a une nouvelle fois été la victime d’un touriste prodigieusement maladroit : une statue polychrome représentant l’Archange Saint-Michel éclatée en morceaux qui aura beaucoup de peine à retrouver sa splendeur originale.

Dernier selfie avant la fin de l’Archange

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Nous sommes le dimanche 6 novembre 2016, un vacancier brésilien qui, tu m’étonnes, a tenu à garder l’anonymat (mais que nous appellerons totalement gratuitement Fred) visite le musée National d’Art Ancien de Lisbonne en observant avec intérêt ses 40 000 « trésors nationaux » et en se réjouissant des pluies de likes de « j’adore »et de « wouah » (sans parler des « grrr » de jalousies, les meilleurs) qui inonderont son compte facebook quelques heures plus tard. Au fil de sa visite (ou de sa chasse), arrive l’inévitable épiphanie : l’archange Saint-Michel se tient devant lui, lumineux, coloré, rayonnant. Fred en est sûr, Saint-Michel fera le buzz à ses côtés. Cette statue aura donc le privilège d’être LA 657ème oeuvre photographiée par notre brésilien dans ce musée lisboète.

Evidemment, qui dit statue, dit selfie : figure anthropomorphe, bras grands ouverts, visage juvénile, ça fera marrer au pays. Le désastre est alors annoncé. Car, oui, Fred est particulièrement maladroit. Dos à la statue, Fred tend  son bras et son téléphone pour trouver le cadre idéal… Saint-Michel aura à peine le temps d’admirer ses propres ailes et son armure romaine d’une extrême finesse dans l’écran de l’arme du crime : Fred s’emmêle les pinceaux et s’écroule lamentablement sur la statue de bois.

The sound of silence

Un témoin rencontré par le journal local « Publico » raconte la scène et le calme post-apocalyptique dans lequel est plongé la salle : « Il y avait des gardiens dans la salle au moment où cela s’est produit… Personne n’arrivait à croire à ce qui venait de se passer, il y a eu un grand silence ». Rapidement, la photo des dégâts est devenue virale, notamment auprès des portugais qui tenaient particulièrement à cette statue. Et pour cause, la jeunesse et la légèreté de cet archange au joues roses flânant ailes déployées et bras ouverts sur son petit nuage est répandue au sol, littéralement éparpillée façon puzzle.

Rien d’irreversible

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© Musée National d’Art Ancien de Lisbonne

« La statue est très affectée au niveau des ailes, d’un bras et de la cape. Les dommages sont majeurs mais pas irréversibles », constate Jose Alberto Seabra Carvalho, directeur adjoint du musée, dans les colonnes du Diario de noticias. Avec un peu de patience, la statue devrait donc retrouver sa prestance mais il faudra en juger le moment venu car nul n’est à l’abri d’une mauvaise restauration.

Si la maladresse soudaine de notre ami Fred pouvait difficilement être appréhendée, Antonio Filipe Pimentel, qui est lui directeur du musée, avait déjà, il y a quelques mois, exprimé ses craintes quant aux restrictions budgétaires et la réduction des effectifs dans son musée : « Nous n’avons que 64 gardiens pour 84 salles ouvertes au public et je suis certain qu’un jour (sic)  cela sera un vrai risque pour le musée. Ça arrivera car nous jouons avec notre héritage ». Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que sa triste prophétie se réalise.

Bis repetita

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Capture d’écran de la vidéo de la destruction d’un oeuvre à Taiwan

Les accidents de ce genre ne sont malheureusement pas si rares : on se souvient de la vidéo du jeune touriste taïwanais qui avait malencontreusement balancé un uppercut dans une toile de Paolo Porpora ou encore de la glissade qui avait coûté la vie à un vase du musée Archéologique d’Héraklion vieux de 4000 ans. Mais, étonnamment, l’exemplaire le plus récent de ces prouesses touristiques avait eu lieu en mai dernier, déjà à Lisbonne, déjà sur une statue (dans l’espace public cette fois) et déjà victime d’un selfie. Plusieurs musées ont pris l’initiative d’interdire les perches à selfies au succès fulgurant mais il s’agirait surtout de veiller sur ce qu’il y a au bout. Et on ne parle pas du smartphone. Quant à Fred, l’histoire ne dit pas s’il a pu prendre son selfie avant ou pendant sa chute mais si c’est le cas, mieux vaut qu’il le garde pour lui…

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