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À la Maison de la Culture du Japon, quand la tradition du kimono rencontre la modernité

Agathe Lautréamont 16 novembre 2016

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Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de rencontrer un Trésor National Vivant. Ce personnage exceptionnel, artisan passé maître dans la maîtrise de sa technique, c’est le Japonais Kunihiko Moriguchi, qui conçoit des kimonos dans la plus pure tradition, mais tout en y insufflant un vent de modernité aussi rare que surprenant. La Maison de la Culture du Japon présente cet automne l’exposition « Kunihiko Moriguchi : vers un ordre caché », un parcours inspirant où le visiteur a l’occasion de découvrir vingt-six kimonos, onze peintures mais surtout un art séculaire encore pratiqué par une poignée de créateurs au Japon : le yūzen.

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Deux kimonos dans l’expositon © Exponaute

De larges vitrines, encadrées d’un bois clair, subtilement éclairées. À l’intérieur de l’exposition, le silence le plus parfait règne, brisé de temps à autres par le discret grincement d’une latte de parquet. Les lumières sont chaudes, mais douces, n’agressent pas les délicats mètres de soie qui s’exposent sous nos yeux, bigarrés, pliés, dépliés, détaillés, mystérieux, merveilleux.

Tout au long de la nouvelle exposition temporaire de la Maison de la Culture du Japon, le visiteur est invité à admirer vingt-six kimonos, tous réalisés au cours de la seconde moitié du XXe siècle, dont un spécialement pour cette exceptionnelle rétrospective. Du vert tilleul, du doré subtile, du prune sourd, du blanc pur et autant de motifs géométriques, hypnotisants, qui se répètent à l’infini ou créent un trompe-l’œil inattendu.

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Kunihiko Moriguchi, Écailles, 2012 © Kunihiro Shikata

Kunihiko Moriguchi, formé par son propre père au travail délicat de la confection de kimono, s’est chargé personnellement de la visite. Petite silhouette aux gestes vifs malgré son grand âge, les yeux toujours allumés d’un éclat rieur, il nous explique les nombreuses et subtiles étapes de la réalisation de ce vêtement traditionnel.

Car si le port du kimono est, on le devine, codifié à l’extrême avec des étapes et un ordre à respecter scrupuleusement, il en va bien sûr de même pour sa réalisation ! Il nous explique alors en quoi consiste le yūzen, une tradition de teinture de la soie transmise par son père, également Trésor National, Kakō Moriguchi.

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Quatre kimonos dans l’expositon © Exponaute

Conception du motif, reproduction du motif, teinture de la soie, brossage du tissu, lavage à l’eau claire, pose de caches en papier, grain saupoudré sur le tissu, élimination des pigments en excès, passage à la vapeur, couture des cinq parties (appelées kamon) différentes du kimono… Nous ne sommes pas là face à un travail machinal, rythmé, classique, mais bien devant un art millimétré à l’extrême (à la japonaise, diront les esprits taquins), chaque étape ayant son propre nom et ses codes qu’il est nécessaire de respecter si l’on tient à obtenir un vêtement unique.

Pour les plus curieux, un film est diffusé dans le parcours d’exposition. Tourné dans l’atelier de Kunihiko Moriguchi, le documentaire détaille la conception d’un des kimonos du maître japonais.

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Kunihiko Moriguchi, Sables en mouvement, 1984 © Harumi Konishi

Kunihiko Moriguchi, d’ailleurs, parle parfaitement le français. Rien de surprenant à cela. Dès son plus jeune âge, l’artiste quitta son Japon natal pour venir s’installer en France. À Paris, il compléta sa formation à l’Université des Arts de Tokyo en intégrant l’École Nationale des Arts Décoratifs, où il se lia d’amitié avec le peintre Balthus, qui a très vite décelé un talent exceptionnel dans le jeune Moriguchi.

L’artiste poussa alors le jeune homme à se consacrer au yūzen et ainsi marcher dans les traces de son père. Kunihiko rentra au bout de quelques années dans son pays natal, et se forma alors à la conception du kimono d’apparat, aux manches courtes et aux teintes sombres, mais dans lequel il insuffla au cours de sa vie une modernité étonnante.

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Des kimonos dans l’expositon © Exponaute

Là où la tradition nippone orne le vêtement traditionnel masculin de motifs floraux, végétaux ou de paysages calmes et épurés dans la directe lignée zen, Kunihiko Moriguchi choisit la géométrie. Lignes, triangles, pentagones et cercles forment des mandalas étranges, des kaléidoscopes hypnotisants qui semblent se mouvoir sur la soie tandis qu’on les admire.

Grâce au talent exceptionnel de Kunihiko Moriguchi, nous avons une preuve supplémentaire que les traditions les plus ancestrales peuvent tout à fait s’accommoder de la modernité, tant que la seconde respecte la première.

KUNIHIKO MORIGUCHI

16/11/2016 > 17/12/2016

Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP)

PARIS

Élevé au rang de « Trésor national vivant », Kunihiko Moriguchi perpétue la tradition de teinture de tissus appelée yûzen qu’il a ...

Exposition terminée
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