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A Toronto, les artistes de rue sont rémunérés pour embellir la ville

Laura Bourdon 14 novembre 2016

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Faire appel aux street-artists pour transformer les passages souterrains de la ville, construire un environnement visuellement stimulant et revitaliser les espaces publics, voici en quelques mots la brillante opération lancée par la municipalité de Toronto. Une initiative qui apparaît peu de temps après que l’ancien maire Rob Ford ait pourtant cherché à entièrement nettoyer la ville de ses fresques murales…   

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The Phlegm mural © Kim Graham and associates

C’était en 2011, le très controversé Rob Ford, alors maire de la ville, visitait les rues de Toronto muni d’un jet d’eau à haute pression afin de « nettoyer » entièrement ses murs. L’opération suscita l’engouement général de la part des artistes ; heureusement, cette sombre histoire semble désormais bel et bien révolue depuis que le nouveau gouvernement local ait décidé de remettre le travail de l’ensemble des street-artists de rue en pleine lumière. Et pour cause : les membres de l’administration comprennent qu’il serait moins coûteux d’embaucher les artistes, plutôt que les poursuivre en justice… La municipalité conçoit donc un programme visant à rémunérer les street-artists dans le cadre d’appels à projets, comme le fait parfois la ville de Paris.

Le programme StreetARToronto (StART) lancé en 2012 utilise le street-art comme vecteur permettant de célébrer le caractère culturel diversifié de la ville. Tout d’abord en autorisant, en encourageant puis en rémunérant le travail des street-artists, StART accroît la sensibilisation de cette forme d’art auprès du public qui semble conquis.

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Outside of the Box © StART

Le principe de l’opération est le suivant : des organismes sans but lucratif proposent leurs projets, et reçoivent en contrepartie jusqu’à 70% de leur coût de production, une enveloppe totale pouvant s’élever à 50 000 dollars. L’un des plus gros succès du programme est manifestement Outside of the Box, visant à revêtir d’œuvres d’art les boîtes de signalisation routière de la ville (elles mesurent généralement plus de deux mètres de haut). Au cours de ces trois dernières années, pas moins de 120 boîtes ont été peintes, parmi les 300 financées par la ville. Deux œuvres d’importance ont aussi été dévoilées cet été : une fresque de huit étages par l’artiste anglais Phlegm et des portraits de Troy Lovegates de Toronto (alias OTHER) au cœur de l’Underpass Park.

Mais le projet le plus spectaculaire reste celui de la ruelle Rush Lane, située dans le Fashion district. Renommée Graffity Alley, la ruelle est entièrement revêtue de fresques s’étendant sur un kilomètre de long. Véritable galerie d’art en plein air, le lieu est désormais devenu un incontournable des amateurs de street-art. En témoigne la récente initiative de l’organisation Heritage Toronto, qui dédie à ce lieu emblématique un compte Instagram présentant 1 300 photos sous forme de mosaïques, reconstituant la frise gigantesque.

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© Compte Instagram Graffity Halley

Un engouement partagé par les maisons de production cinématographiques et des propriétaires de plus en plus nombreux à engager des demandes auprès d’artistes de rue, à tel point qu’un annuaire faisant le lien entre les artistes aux clients demandeurs a dû être créé. Toronto est ainsi devenue une destination mondiale pour l’art urbain, tant est si bien que le programme StART lance en septembre Passing Through, un guide audio d’une heure permettant de découvrir ces innombrables trésors disséminés aux quatre coins de la ville.

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Keele Underpass © StART

« Je pense que nous vivons à un âge d’or pour les artistes urbains », déclare Lilia Zendel, directrice du programme StART, dont la prochaine opération marquera le 150e anniversaire de la Confédération du Canada le 17 juillet prochain. A cette occasion, des graffeurs du monde entier seront invités à s’emparer d’un passage souterrain de la ville afin d’en revisiter l’ensemble des piliers intérieurs : un nouveau lieu qui s’apprête à devenir une véritable galerie d’art en plein air.

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