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À Boston, un rouleau japonais du XVIIIe est restauré sous les yeux du public

Agathe Lautréamont 10 novembre 2016

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C’est l’un des secrets bien gardés du petit monde de l’art : celui de la restauration d’une œuvre. Si dans les faits, il est possible d’imaginer les grandes étapes nécessaires à un sérieux coup de propre apposé à une œuvre d’art, dès qu’il est question de donner plus de détails, on se trouve bien ennuyés… C’est pourquoi le Musée des Beaux-Arts de Boston a décidé d’une opération originale : laisser travailler des restaurateurs directement dans le musée, afin que le grand public en apprenne davantage sur leurs missions et techniques. Et l’objet de toutes les attentions est un parchemin japonais du début du XVIIIe siècle…

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Les restaurateurs en action © Museum of Fine Arts, Boston, 2016

Mais comment font-ils ? Comment est-il possible qu’une œuvre encrassée par de trop nombreuses couches de vernis ressorte aussi belle qu’au premier jour ? Comment la technologie peut-elle découvrir des repentirs sous les touches de peinture ? Comment l’œil des experts décrypte-t-il le mouvement de la main d’un grand artiste ? Autant de secrets que possèdent les restaurateurs d’œuvres d’art, acteurs de l’ombre qui sont pourtant cruciaux pour la préservation des pièces exposées dans les musées du monde.

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Le parchemin de Hanabusa Ichō © Museum of Fine Arts, Boston, 2016

Après le Musée d’Orsay et le Louvre-Lens, c’est au tour du Musée des Beaux-Arts de Boston d’offrir l’opportunité à ses visiteurs d’observer une restauration en directe. Un long parchemin japonais, qui est habituellement conservé dans la galerie de peinture asiatique de l’institution américaine avait besoin d’une rénovation. L’œuvre signée de l’artiste Hanabusa Ichō, La Mort de l’Historique Bouddha, date de 1713 et est entrée dans les fonds du musée en 1911, mais sa dernière restauration datait de 1850. Il était donc temps que le rouleau ait droit à son coup de propre !

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Un détail de l’oeuvre © Museum of Fine Arts, Boston, 2016

Car au fil du temps, la précieuse œuvre voit ses peintures se ternir, le support du parchemin se relâcher légèrement… Il devient alors nécessaire d’intervenir. Or, intervenir sur un parchemin large de trois mètres et long de deux (c’est le plus grand parchemin de toutes les collections du Musée de Boston) est loin d’être une mince affaire ! Ce ne sont donc pas moins de cinq restaurateurs (dont deux spécialisés en art asiatique) qui se sont mis au travail au printemps dernier. Mais le travail est long, fastidieux. En août dernier, l’œuvre a été transportée dans les salles d’exposition, afin que les visiteurs puissent assister à un spectacle rare.

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Une restauratrice au travail © Museum of Fine Arts, Boston, 2016

D’abord, les experts se sont attelés à dépoussiérer la surface du rouleau, puis les pigments de couleur ont été consolidés. Ensuite, le parchemin a été délicatement démonté de son support, tout en s’assurant que l’opération ne portait pas le moindre dommage à la précieuse œuvre d’art. Les restaurateurs se sont ensuite livrés à une analyse des différentes couches de papiers, qu’ils ont littéralement « épluchées » à l’aide de petites pinces à épiler. L’occasion de faire quelques surprenantes trouvailles…

Ainsi, sur l’une des chevilles du support, les experts ont retrouvé une inscription laissée par les précédents restaurateurs (il y a plus de 160 ans, tout de même !) expliquant que la cheville était originale à la peinture et qu’elle avait été réutilisée lors de leur restauration. Chaque pièce composant le rouleau est précautionneusement retirée, stockée, numérotée, afin de faciliter le remontage. Et le 19 octobre dernier, les restaurateurs ont enfin pu commencer le remontage de toutes les parties du parchemin. Mais tout n’est pas terminé ! Si jamais vous avez la chance de passer du côté de Boston d’ici au 16 janvier 2017, vous aurez la chance d’assister aux étapes finales de la restauration !

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