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Au Rijksmuseum, la magie de la rencontre entre photographie et cabinet de curiosité

Agathe Lautréamont 9 novembre 2016

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C’est une petite, mais néanmoins fascinante exposition que nous avons eu la chance de découvrir au Rijksmuseum d’Amsterdam. Disposées dans un espace épuré, toutes entourées de cadres identiques, plus d’une centaine de photographies accueillent le visiteur curieux de se plonger dans la photographie de la fin du XIXe siècle. Un herbier gigantesque, fourmillant de détails, figé pour toujours à la chambre noire. Mais est-ce bien là tout ? Martin Gerlach (1846-1918), graveur, éditeur et photographie de son état nous allons le voir, a bien plus d’un tour dans son sac et n’aime rien de plus que nous étonner sans cesse…. Si d’aventure vous avez prévu un passage du côté des Pays-Bas, courez-y ! L’expo dure jusqu’au 8 janvier prochain.

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Martin Gerlach. Festons und decorative Gruppen, 1897 © Rijksmuseum, Amsterdam

Tout débute avec la redécouverte d’un livre rare, on ne peut plus rare. Dans son fonds photographique, le Rijksmuseum a retrouvé un exemplaire de la troisième et dernière édition de l’ouvrage Festons und decorative Gruppen (paru en 1897) du photographe, illustrateur et graveur autrichien Martin Gerlach. L’ouvrage s’inscrit dans la mode flamboyante des « livres d’exemples » qui fleurirent à la fin du XIXe siècle et qui étaient particulièrement prisés par les artistes, puisqu’ils y puisaient une inspiration bienvenue pour leurs compositions picturales bucoliques (paysages, scènes de genre ou encore natures mortes).

Jusqu’ici, rien de bien exceptionnel, nous direz-vous. À la différence que si le Rijksmuseum a décidé d’exposer 90 des 140 planches que compte le merveilleux ouvrage de Gerlach, c’est bien à cause de l’adjectif dont nous venons de faire usage en début de cette phrase : merveilleux. Et nous pesons nos mots.

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Martin Gerlach. Festons und decorative Gruppen, 1897 © Rijksmuseum, Amsterdam

Poésie

Avec une esthétique délicieusement surannée, le noir et le blanc disputent la place d’honneur au sépia, les tableaux de Martin Gerlach (car il serait terriblement réducteur de parler ici de simple photographie) nous transportent. Des bouquets de fleurs séchées étendent leurs belles fines tiges sur un fond beige comme jaunis par les décennies, tandis qu’à ses côtés, la légèreté des plumes d’un petit serin confère à la création cette note finale de grâce qu’il ne lui manquait plus pour s’envoler très haut dans notre imaginaire.

Notre regard est ébahi. Nos yeux semblent se poser pour la première fois sur un trésor enfoui depuis de temps. Ils détaillent, émerveillés, les tulipes dont la corolle caresse la fourrure épaisse d’un renard. Notre pupille court le long du rhizome d’une citrouille qui vient malicieusement chatouiller le bec d’une mouette tandis qu’en fond de cette scène espiègle, des fougères séchées ornent l’ensemble. Les photographies de Gerlach sont admirablement baroques, foisonnent de détails, qu’on analyse, découvre, reconnaît, à la manière d’un jeu de piste.

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Martin Gerlach. Festons und decorative Gruppen, 1897 © Rijksmuseum, Amsterdam

Une centaine de compositions uniques

On pourrait parfois sourire de bon cœur face à la naïveté de certaines images présentées par le Rijksmuseum. Les visiteurs ayant perdu toute once d’âme d’enfant ne percevront dans le travail du photographe que des collages surprenants d’éléments végétaux collectés dans les campagnes austro-allemandes, agrémentées çà et là de quelques spécimens d’animaux empaillés.

Mais l’artiste du XIXe siècle a su conserver, justement, cette âme d’enfant. Il a laissé son imagination se teinter à nouveau d’innocence, afin de créer des images que l’on pourrait sans ciller qualifier de fééries, exubérantes et mirifiques à la fois. C’est ainsi qu’il est passé du monde de l’édition à la création de véritables poèmes visuels recelant chacun des trésors de surprises. Sur les 90 images présentés dans la galerie de photographie du musée d’Amsterdam, vous n’en trouverez pas une seule ressemblant un tant soit peu à une autre.

Chaque image est unique. Chaque photographie offre une composition originale, parsemée de graminées, de cucurbitacées, de roses et de feuilles mortes (on ne sait pas s’il les a ramassées à la pelle, en revanche). Le règne animal vient parfaire l’ensemble, ajoutant une note sauvage et gracile à ces clichés que l’on pourrait croire pris au sein d’un cabinet de curiosité d’un prince allemand du XVIe siècle.

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Martin Gerlach. Festons und decorative Gruppen, 1897 © Rijksmuseum, Amsterdam

Le spectacle de la nature

C’est ainsi que nous assistons à un spectacle visuel inattendu et précieux au Rijksmuseum. Et l’on frissonne devant ces formes si belles rendues éternelles par le procédé photographique. C’est là une célébration des grandeurs de la nature, un chœur photographique qui chante les diversités du règne végétal, en les arrangeant dans des mises en scène superbes, dans d’indénombrables tableaux qui résonnent, dialoguent, cohabitent et se superposent.

L’imagination de Martin Gerlach devait être sans fin, se surprend-on à penser tandis que l’on marche, émerveillé, parmi les photographies. Au détour ‘une branche de thym, d’une tulipe toute ronde ou d’une branche de cerisier en fleurs, on part e quête de la source de cette étonnante inspiration. Il y a du cabinet de curiosité, bien sûr, mais aussi une indéniable démarche naturaliste. Parfois, on décèle une influence japonisante. Allons ! Le mieux est encore de laisser Martin Gerlach à ses mystères, c’est probablement mieux ainsi.

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Martin Gerlach. Festons und decorative Gruppen, 1897 © Rijksmuseum, Amsterdam

Envie de faire un tour du côté d’Amsterdam pour découvrir cette belle exposition ? Toutes les informations pour organiser votre voyage aux Pays-Bas peuvent être trouvées sur le site holland.com/culture  !

nbtc

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