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Résidence LVMH Métiers d’Art, Thomas Mailaender expose le fruit de son travail aux Tanneries Roux

Laura Bourdon 7 novembre 2016

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Les Tanneries Roux situées dans la ville de Romans-sur-Isère ont accueilli de janvier à juin 2016 la résidence inaugurale de LVMH Métiers d’Art. Dirigée par Léa Chauvel-Lévy, journaliste et critique d’art, la première édition met à l’honneur le travail de l’artiste français Thomas Mailaender. Il y a produit une trentaine d’œuvres sur cuir en lien avec l’histoire de ce lieu bicentenaire, fruit d’une exploration de divers procédés photographiques anciens tels que le cyanotype et le Van Dyke, qu’il croise avec des techniques d’impression plus récentes. En résulte une synthèse entre innovation et tradition, source de créativité alimentant les procédés de production de la filière LVMH dédiée au cuir. Découverte.

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Mermaid, 2016 © Alexandre Guirkinger

Créée en 2015, la structure LVMH Métiers d’Art a pour objectif de développer et d’enrichir les matières et le savoir-faire d’excellence des Maisons du Groupe. Pour cela, elle investit et accompagne ses fournisseurs par le biais de projets communs et de partenariats externes. Elle acquiert en 2012 les Tanneries Roux, ayant traversé deux siècles, fondées en 1803 et aujourd’hui l’une des dernières tanneries françaises spécialisée dans le tannage des peaux de veau.

En créant une résidence d’artistes, l’ambition de LVMH Métiers d’Art est de créer un dialogue fécond entre art contemporain et savoir-faire d’excellence. Cette collaboration permet à la fois de soutenir un créateur dans sa démarche artistique et de développer des procédés industriels novateurs qui à terme, pourront avoir une existence commerciale.

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Etude de fleurs, 2016 © Alexandre Guirkinger

« En me proposant une carte blanche au sein des Tanneries Roux, LVMH Métiers d’Art m’offrait un terrain de jeux rêvé : investir le travail du cuir tel que le pratique une entreprise au savoir-faire et au patrimoine impressionnants. Près de quatre mois durant (…) j’ai ainsi pu donner libre cours à mes désirs visuels et d’expérimentation, décloisonner les techniques et supports d’impression, le tout en m’intégrant à un environnement industriel riche et rigoureux », précise Thomas Mailaender.

La pratique de Thomas Mailaender consiste d’abord à construire une histoire visuelle ; il choisit dans un second temps les éléments matériels lui permettant de transcrire son propos. A l’image des civilisations anciennes qui utilisaient les fresques ou la peinture pour donner une idée de leur manière de vivre, Thomas Mailaender utilise des images composites qu’il rassemble dans un corpus. Il superpose les couches visuelles, plastiques, techniques. Considérées comme un tout, elles se portent témoin d’une époque et racontent une histoire.

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Fruit of the Loom, 2016  © Alexandre Guirkinger

Initialement, Thomas Mailaender souhaitait s’inspirer des archives des Tanneries. Or ces dernières ayant subi deux incendies, l’ensemble des documents mémoriels a disparu. Il a donc fallu tout recréer. Thomas Mailaender s’est attelé à la reconstitution d’archives, fantasmées, à l’aide de coupures de presse, d’imprimés publicitaires et de cartes postales glanés par ses soins chez divers marchands de photographies. Un ensemble de documents faisant se côtoyer l’imagerie liée au corps, à l’animal, la mythologie et la culture populaire.

Pendant trois mois de nombreuses phases de tests ont été réalisées. Avec le soutien du pôle recherche et développement, des personnes en charge de la préparation des peaux au tannage, des techniciens, du contrôle qualité et de la maintenance, un vrai travail collaboratif a été mené avec l’ensemble des corps de métier de la tannerie. « Mon rôle était clairement celui de l’élément perturbateur, confie l’artiste, j’ai souvent essayé de déplacer les manières de faire, afin de voir ce qui pouvait en découler ».

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Tie and Dye, 2016 © Alexandre Guirkinger

Copiant des images visibles sur le support du cuir, des traitements inédits ont pu être créés par la juxtaposition de techniques d’impressions de pointe à des procédés ancestraux comme le cyanotype. Originellement mise au point en 1842, le cyanotype s’appuie sur la sensibilité des sels de fer à la lumière permettant d’obtenir un tirage photographique bleu de Prusse ; le Van Dyke repose quant à lui sur un principe argentique aux tirages sépias sombres. « Pour moi cela faisait sens en choisissant le cuir comme support pour ce projet, d’utiliser des techniques photographiques anciennes, voire primitives, afin de dérouler un fil narratif empreint d’une certaine nostalgie, d’un certain héritage ».

Plusieurs pièces sont réalisées à partir de cercles en inox, sur lesquels des cuirs transparents sont tendus, imprimés numériquement grâce à des pigments spécifiques. Fruit of the Loom condense une série d’images de fruits, originellement achetés sous forme de stickers didactiques pour enfants, qui une fois imprimés sur la surface ont permis de faire naître des sortes d’ « accidents heureux » créant de nouvelles textures. Thomas Mailaender expérimente aussi la technique du tie and dye, faisant cohabiter sur une même peau des zones recouvertes de poils avec des zones tannées. En résulte des pièces à la poésie remarquable, alliant au savoir-faire technique l’inspiration sans borne de l’artiste ; réinventant dans chacune des pièces de nouvelles histoires à la rencontre de sirènes, d’oracles, de souvenirs et de cartes postales.

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The Bottle, 2016 © Alexandre Guirkinger

Cette collaboration s’inscrit dans la continuité du projet artistique de Thomas Mailaender, régulièrement exposé dans des lieux prestigieux (Tate Modern, MoMA PS1) ; dont l’oeuvre explore diverses formes d’expressions. Le travail d’impression sur cuir réalisé dans le cadre de LVMH Métiers d’Arts intervient peu après une première expérience d’impression sur peau, réalisée avec la fondation Archive Modern Conflict basée à Londres. Parmi la trentaine d’oeuvres conçues, cinq d’entre elles rejoindront la collection LVMH Métiers d’Art. Un ouvrage (RVB Books) a également été publié, retraçant ces six mois de résidence foisonnants.

« Le meilleur artisan ne peut créer l’inédit, élever son savoir-faire à son plus haut niveau, sans des rencontres, des croisements de regards. Rien de nouveau ni de supérieur, s’il ne s’ouvre pas à d’autres manières de voir et de faire, s’il n’accepte pas d’être bousculé, mis au défi, pour se surpasser », souligne Jean-Baptiste Voisin, président de LVMH Métiers d’Art.

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