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Frans Post : l’histoire fascinante d’un artiste à la découverte du Nouveau-Monde

Jéremy Billault 7 novembre 2016

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Suite à la découverte d’une trentaine de ses dessins, études d’animaux rencontrés au Brésil, le Rijkmuseum organise une exposition fascinante consacrée au peintre Frans Post (1612-1680) et à sa découverte de la faune lors d’une expédition au Nouveau-Monde. Des dessins, donc, mais aussi des tableaux et, coup de génie de l’exposition, une dizaine d’animaux naturalisés pour une découverte totale, dans les pas du premier peintre à avoir représenté, sur place, ces paysages somptueux. 

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Vue d’Olinda, Brésil, Frans Post, 1662. Rijksmuseum

La découverte récente d’une trentaine de dessins totalement inconnus au fin fond des archives de la ville de Haarlem au Pays-Bas a permis de saisir plusieurs opportunités. Pour le Rijksmuseum d’Amsterdam, celle d’une belle exposition, riche, drôle et émouvante et pour nous, celle d’une histoire à raconter. Au cœur de cette exposition et au cœur de notre histoire, Frans Post, auteur des 34 dessins retrouvés dans les archives de sa ville natale, qui, au XVIIème siècle, a participé en sa qualité d’artiste peintre à une expédition néerlandaise au Brésil. Grâce à une collaboration avec le  Naturalis Biodiversity Center de Leyde, les travaux d’études de Frans Post portant sur la flore et la faune locale sont exposés accompagnés de spécimens empaillés très fidèles à ceux qu’il a découverts, fasciné, au cours de son voyage.

Expédition

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Vue du Rio São Francisco avec le Fort Maurits et un capybara, Frans Post, 1639, Musée du Louvre

Au début du XVIIème siècle, alors que l’Empire colonial portugais s’affaiblit, les néerlandais prennent le contrôle d’une partie du nord du Brésil pour y installer une colonie, la Nouvelle-Hollande ou Brésil néerlandais. Cette colonie de courte durée (entamée en 1630 elle prendra fin sous la pression des portugais en 1654), qui avait pour Capitale l’actuelle Recife (Mauritsstad, à l’époque), a tout juste laissé le temps aux Pays-Bas d’envoyer une équipe constituée de toutes sortes de scientifiques et d’artistes chargés de découvrir les caractéristiques de ce nouveau territoire exotique et de mettre en valeur ses nombreuses richesses. Cette équipe est une commande du gouverneur général des colonies hollandaises au Brésil, Johan Maurits van Nassau-Siegen, connu sous le nom de « brésilien » qui donna son nom à la fameuse Mauritsstad. Réputé pour son comportement charitable envers la population locale, Johan Maurits considérait les indigènes comme, chose rare, des êtres humains. C’est en partie cet humanisme et cet intérêt sincère qui l’encouragea a inviter, au sein de l’expédition, deux peintres en plus du médecin Willem Piso et du géographe Georg Markgraf : Albert Eckhout et Frans Post, qui deviendra le premier européen à peindre sur place les paysages exotiques du Nouveau Monde.

Pécari, capybara et tamanoir

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Jaguar, Frans Post. Inscription:  « Un tigre large comme un veau. Ils sont très féroces et puissants, certains de cette espèce sont noirs ».

En 1637, Frans Post pose donc un premier pied curieux au nord du Brésil à l’âge de 25 ans, il y restera jusqu’en 1644. Et les découvertes qu’il y fera sont fascinantes : des singes, des félins tachetés, des capybaras, une flore luxuriante, on imagine le peintre comme un enfant, émerveillé et un tantinet naïf à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui. On l’imagine, et pour cause, on le voit. La mise en scène pleine d’esprit du Rijksmuseum nous offre plusieurs points de vue. D’abord, on découvre nous même ces animaux étranges et amusants, présents sous la forme de spécimens empaillés prêtés par le  Naturalis Biodiversity Center de Leyde, on les observe en détail, de près.

Nederland, Amsterdam, 04-10-2016. Frans Post: Animals in Brazil in het Rijksmuseum. Foto: Olivier Middendorp

Photo: Olivier Middendorp

Les rénovations que s’apprête à subir le centre ont ainsi permis au Rijksmuseum d’exposer une dizaine d’animaux, parmi lesquels  un pécari à lèvres blanches, un coendou à queue prenante, un tatou, un capybara, un jaguar, un tamanoir, un paresseux ou encore un opossum à oreilles blanches ! Ensuite, on regarde l’artiste observer : autour des œuvres exotiques et colorées prêtées par le Louvre de Paris, le musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, ou encore la Fundação Estudar de São Paulo, les études et les notes présentes sous la forme des 34 dessins récemment découverts (ils étaient anonymes jusque là) sont une occasion rare d’entrer dans le processus créatif d’un peintre.

Retour en enfance

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Paresseux, Frans Post Inscription: Paresseux d’une taille de deux pieds et demi. Il est si lent qu’il lui faut plus d’une journée pour grimper sur un arbre où pousse la nourriture. Il a donc toujours faim.

Et ce processus-là est doté d’une saveur particulière. Entre les notes parfois farfelues d’un artiste à la rencontre d’espèces d’animaux dont il ne soupçonnait pas jusqu’à l’existence et les tentatives techniques qui ont servi à composer les grands tableaux que l’on admire en parallèle (certains animaux représentés à l’envers, certains détails modifiés entre le dessin et le tableau…), c’est tout une sensibilité qui se révèle, l’approche d’un homme face à un Nouveau-Monde qui le fascine et un témoignage unique portant sur la vie des colons néerlandais pendant la courte période qu’ils passèrent au Brésil. Frans Post sera tellement marqué par ce qu’il découvrira au fil de son voyage qu’il ne cessera de représenter ces paysages à la végétation luxuriante et à la faune presque fantastique une fois revenu aux Pays-Bas.

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Vue d’Olinda, Brésil (détail), Frans Post, 1662. Rijksmuseum

Les toiles de paysages exotiques, de plantes, d’animaux et d’indigènes ont rapidement suscité un vif intérêt de l’Europe pour ce Nouveau-Monde dont les chanceux qui en ont foulé le sol reviennent éblouis. C’est ainsi que  Johan Maurits « le brésilien » van Nassau-Siegen offrit à plusieurs reprises des œuvres de Frans Post à Louis XIV, 34 en tout, dont certaines appartiennent aujourd’hui au Louvre. Grâce à la découverte des études animalières de l’artiste, le Rijksmuseum a donc pu proposer un tout nouveau regard sur la pratique de Frans Post focalisé sur l’émerveillement de ses découvertes directement sur place, quasi en direct.

Nederland, Amsterdam, 04-10-2016. Frans Post: Animals in Brazil in het Rijksmuseum. Foto: Olivier Middendorp

Photo: Olivier Middendorp

Le résultat est une exposition fascinante, pleine de fraîcheur, de découverte et de redécouverte que le musée tient particulièrement à dédier aux enfants qui pourront, à travers les animaux, faire une entrée ludique dans le monde de la peinture. Mais, à l’instar du jeune Frans Post découvrant jour après jour les merveilles du Nouveau-Monde, difficile, à tous les âges, de ne pas immédiatement retomber en enfance…

Infos Pratiques :

Exposition Frans Post, les animaux du Brésil, jusqu’au 8 janvier 2017.

Pour une visite culturelle au Pays-Bas et pour toutes les informations autour de l’exposition et du musée, rendez-vous sur holland.com/culture !

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