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Il y a soixante-dix ans, naissait Robert Mapplethorpe

Agathe Lautréamont 4 novembre 2016

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Célébré par les admirateurs de son art photographique unique, férocement critiqué de son temps par les tenants d’un ordre moral quelque peu rance, ami fidèle et artiste que l’on adore ou que l’on déteste, Robert Mapplethorpe ne saurait laisser indifférent. À la question : pourquoi photographiez-vous, il avait répondu : « Je me suis tourné vers la photo car cela me semblait le médium idéal pour commenter la folie de nos existences actuelles ». En ce 4 novembre 2016, l’artiste américain aurait eu soixante-dix ans. Hommage en images…

Autoportrait

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Robert Mapplethorpe, Autoportrait, 1988 © Robert Mapplethorpe Foundation

Probablement une des photographies les plus connues de Mapplethorpe. L’image prise dans un noir et blanc très pur se révèle également chargée d’une grande émotion lorsque l’on apprend qu’elle fut prise par le photographe un an seulement avant sa mort, des suites du SIDA, en 1989. Vêtu de noir jusqu’au cou, Mapplethorpe semble comme se fondre avec le fond de son studio, tant et si bien que seuls son visage, sa main et sa canne ressortent pleinement du cliché.

L’illusion perturbe notre œil, nous interroge sur ce que nous percevons véritablement, tandis que cette lutte entre le noir dominant, sourd et impénétrable, vient étrangement rehausser la pâleur du teint du photographe. Les yeux cernés, les joues creusées par la maladie, Robert Mapplethorpe crée avec ses propres traits un pont avec le pommeau de sa canne qu’il place bien en avant sur la photographie. Serions-nous là face à un memento mori à peine dissimulé de la part de l’américain, tandis que son regard franc et direct nous transperce ? L’image quoi qu’il en soit, exerce sur le spectateur une ineffable fascination…

Fleurs

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Robert Mapplethorpe, Flower, 1986 © Robert Mapplethorpe Foundation

Robert Mapplethorpe est passé à la postérité pour ses nus masculins, ses portraits de Patti Smith ou d’Andy Warhol, or il demeure une phase de son travail qui brille d’un éclat incomparable en matière de composition et de sens de la délicatesse photographique : ses clichés floraux. Orchidées, roses, iris, marguerites, compositions monochromes ou macro sur les détails d’un simple pétale, les images de fleurs de l’américain dénotent une profonde connaissance de l’histoire du motif floral en peinture.

Grâce à des mises en scène léchées au possible, savamment bâties et parfois immortalisées à l’aide d’un simple polaroïd, Mapplethorpe a grandement contribué à un renouvellement de l’esthétique florale, ajoutant des notes de grâce parfois délicieusement surannées ou au contraire explicitement sexualisées à un sujet que l’on avait trop tendance à considérer comme terriblement classique. Les choix d’éclairage sont aigus, les touches de lumières tranchent avec la douceur et la rondeur des fleurs…

Nu masculin

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Robert Mapplethorpe, Derrick Cross, 1983 © Robert Mapplethorpe Foundation

C’est là probablement pour quoi Robert Mapplethorpe est le plus connu. Les nus de l’artiste américain ne se contentent jamais d’être simplement ce qu’ils sont, la provocation n’est jamais l’unique objectif du créateur qui a dû subir à de nombreuses reprises les foudres de la critique pour ce travail superbement exécuté. Chez Robert Mapplethorpe, comme on admirerait un nu antique grec, le regard est invité à glisser le long de la musculature saillante, des veines proéminentes, des courbes naturelles ou minutieusement sculptées du corps humain.

Lorsqu’il photographie un homme à la peau noir, il choisit un fond blanc pour créer un contraste aussi saisissant qu’esthétiquement réussi. Quand il choisit de cadrer un torse aux pectoraux huilés, on croirait voir un détail d’une peinture représentant le martyr de Saint Sébastien. Les codes picturaux, les références artistiques ne sont jamais très loin dans le travail de Mapplethorpe et pour les déceler, il suffit simplement de chercher à voir au-delà de ce que les codes moraux les plus frileux cherchent à nous inculquer.

Patti Smith

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Robert Mapplethorpe, Patti Smith, 1976 © Robert Mapplethorpe Foundation

L’amie d’une vie. C’est en 1967 que Robert Mapplethorpe rencontre Patti Smith et, après avoir été amants, les deux personnages deviennent amis et collaboreront artistiquement à de très nombreuses reprises. Ce n’est pourtant que trois ans après cette rencontre que le jeune américain commence à s’intéresser à la photographie, faisant l’acquisition d’un petit polaroïd. Piqué par le virus de l’image, il acheta de nombreuses pellicules malgré les difficultés financières qu’il rencontrait à cette période et de suite, son « œil » photographique fit des miracles.

Tant et si bien que trois ans plus tard, les premières images de Mapplethorpe sont exposées. Patti Smith fut une modèle idéale pour Mapplethorpe. Du fait de l’intimité qui liait les deux amis, le photographe réalisa des portraits poignants, profonds et d’une grande délicatesse. La jeune femme apparaît en pleine confiance sur ces clichés en noir et blanc, et pourtant quelque peu démunie face au regard de l’artiste qui la connaît mieux que quiconque.

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