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Le mythe Beethoven #1 : le grand homme face à l’Histoire

Jéremy Billault 2 novembre 2016

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En cette fin d’année 2016, la Philharmonie de Paris a décidé de s’attaquer à une figure majeure de l’Histoire de la musique et à la légende immortelle qu’elle est devenue : Ludwig van Beethoven. Face à un sujet et un événement aussi particuliers, exponaute se devait de traiter en détail ce personnage mystifié, dont le corps, l’esprit et l’oeuvre n’ont cessé de marquer les arts jusqu’à nos jours. Voici donc le premier épisode de notre série consacrée à l’exposition Ludwig van Beethoven qui vous invite à la découverte de l’exposition et à son parti pris original. Et pour vous en faire profiter, on vous invite à surveiller de près notre compte Instagram qui, d’ici peu, pourrait bien vous réserver une petite surprise ! 

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Carl Schweninger (1854 – 1912), Beethoven dans un paysage d’orage © Musée de la musique / Jean-Marc Anglès

Fasciner le regard, interpeller l’esprit et charmer les oreilles : l’ambition de la nouvelle exposition de la Philharmonie de Paris est grande, presque tout autant que son sujet. Après s’être attaquée, généralement avec succès, à de grandes figures de la musique (David Bowie , Pierre Boulez ou le Velvet Underground) ou à de grands noms des arts dans leur rapport à la musique (c’était notamment le cas de Chagall l’an dernier), l’institution parisienne a cette fois choisi un musicien dont le rayonnement n’a cessé d’éblouir l’ensemble des pratiques culturelles depuis plusieurs siècles au point de devenir un mythe : Ludwig van Beethoven.

Antoine Bourdelle (1861-1929) accoudé sur un Beethoven. XIXe -XXe. Photographie anonyme. Paris, musée Bourdelle. Dimensions: 17,8 x 12,9 cm

Antoine Bourdelle (1861-1929) accoudé sur un Beethoven. XIXe -XXe. Photographie anonyme. Paris, musée Bourdelle.

Plus que Ludwig van, sa vie, son oeuvre, la Philharmonie a choisi l’angle pertinent et presque infini du « mythe » Beethoven, de ses influences sur tous les arts depuis l’instant même où il est mort, son masque mortuaire offrant à l’éternité la puissance des traits de son visage. C’est d’ailleurs ici que tout commence, par la fin. Loin d’une rétrospective biographique, l’exposition est d’emblée très claire sur son propos : le début, c’est ça fin, le parcours commence le 26 mars 1827, à la mort de Ludwig van Beethoven. Après quelques publicités inspirées par l’oeuvre du compositeur arrive immédiatement ce visage, ce masque mortuaire que l’on n’oubliera pas de si-tôt (et pour cause, il est présent sous toutes sortes de formes aux quatre coins de l’expo). De l’homme comme de l’artiste, la fascination prend rapidement une ampleur faramineuse : son corps est enterré plusieurs fois, sa maison devient un lieu de pèlerinage, on collecte ses cheveux comme des reliques (dont un exemplaire est présenté dans l’exposition) et le personnage devient symbole, immortel jusque dans les traits de son visage et dans sa vie, rapidement composée d’anecdotes symboliques par la postérité.

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John Baldessari (né en 1931), Beethoven’s trumpet (with Ear), opus 131, 2007,Los Angeles County Museum of Art, Gift of Margo Leavin
© Courtesy of John Baldessari

Le parcours thématique de l’exposition permet d’explorer les effets fascinants de l’Histoire, de la réputation, de l’immortalité d’une figure fascinante, rockstar avant l’heure, virtuose, artiste, prophète, dans lequel chaque époque a su trouver quelque chose de nouveau et de familier. Reliques, représentations physiques, le corps de l’artiste est réinterprété autant que l’est son oeuvre, dans tous les styles et toutes les pratiques. C’est ainsi que Beethoven est un sujet en or, traité à merveille par les commissaires de l’exposition dans un accrochage varié et passionnant de bout en bout. De la peinture, de la sculpture, du cinéma (une salle lui est consacrée), tout y passe, de l’influence à l’hommage en passant par la caricature et la parodie.

 

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© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc-Adagp, Paris-2016

On a évidemment pris soin d’éviter de parler de ce qui pourrait être considéré comme le plus important, qui l’est probablement mais que la Philharmonie parvient brillamment à nous faire vivre dans une expérience muséale hors du commun : la musique. Si l’on reviendra bientôt en détail sur ce dispositif, il fallait obligatoirement l’évoquer dans cet article introductif. Au long de cette exposition très vaste et très riche, vous serez  accompagné d’un audioguide pas comme les autres. En trame sonore, une immense playlist parmi laquelle il faut faire des choix (ou rester plusieurs heures dans l’exposition, ce que l’on vous conseille) : dans les salles, au même titre que les œuvres « matérielles », des titres d’œuvres musicales sont inscrites au mur avec leur numéro pour être écoutée. Du Beethoven, évidemment, mais aussi beaucoup, beaucoup d’autres choses (des musiques de film, de la pop, du folk, du banjo, du metal industriel…) qui agissent, comme des œuvres, sans se contenter d’offrir une atmosphère à l’exposition. Dans la chronologie, les pratiques et les styles, l’exposition est une analyse profonde du mythe culturel que représente le compositeur autrichien, dès sa mort mais aussi au siècle dernier et jusqu’aujourd’hui. A suivre, donc, ici même, une série d’analyses, de détails et d’anecdotes autour de Ludwig van Beethoven mais aussi autour de l’exposition elle-même, qui frappe fort et donne un rôle unique à la musique au sein d’un tel événement.

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