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Grâce au MoMa, les émoticônes sont désormais des œuvres d’art !

Agathe Lautréamont 27 octobre 2016

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Le saviez-vous ? Depuis mercredi dernier, votre téléphone vient de se transformer en une minuscule collection d’art moderne. C’est en effet en ce milieu de semaine que le Museum of Modern Art de New York s’est mis en tête d’enrichir ses collections permanentes avec une acquisition pour le moins inattendue… La collection originale des 176 tous premiers émoticônes réalisés en 1999 !

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La planche originale des premiers émoticônes © Shigetaka Kurita, DoCoMo

En 1999, 176 petits symboles pixélisés au possible apparaissaient dans les tous premiers téléphones portables mis sur le marché japonais. Aujourd’hui, on ne compte pas moins de 2000 émoticônes réparties dans nos téléphones portables qui ne quittent plus nos poches ou nos sacs à main. Rudimentaires, cubiques (qui a dit « Minecraft » ?), aux couleurs criardes, ils nous rappellent pourtant les temps de l’arrivée des téléphones mobiles dans nos vies, une véritable révolution.

Ces émoticônes originaux ont été mis au point par un graphiste japonais, Shigetaka Kurita et entrent tous dans une grille carrée de douze pixels de côté. Originellement créés en noir et blanc, ils furent colorisés peu de temps après via un schéma comprenant six couleurs : noir, rouge, orange, mauve, vert et bleu. Quant à leurs motifs, nombre d’entre eux aujourd’hui dominent une part de notre communication dématérialisée, et c’est ainsi que l’on retrouve en toute logique le soleil, le cœur, un chien ou encore un chat. Et pour les spécialistes de la culture nippone, il est possible de déceler dans ces petits symboles une forte inspiration venue de l’univers du manga, mais qui aujourd’hui est largement passée dans la culture populaire.

À l’origine, Shigetaka Kurita n’avait pas mis au point ces émoticônes pour un jeune public désireux de se connecter, mais pour des entreprises qui auraient souhaité atteindre une autre clientèle. C’est pourquoi l’on retrouve les symboles liés au climat (qui furent exploités pour diffuser des bulletins météo) ou encore un talon haut pour indiquer une boutique de vêtements.

coeur

L’émoticône cœur © Shigetaka Kurita, DoCoMo

On peut donc rester quelque peu circonspect face à cette surprenante acquisition du musée d’art moderne de New York. Pourtant, ce n’est là qu’un choix logique, qui se situe dans la continuité d’une politique d’achats de l’institution culturelle américaine portée vers l’univers digital. Le MoMa a en effet acheté le symbole arobase (@) ainsi qu’une sélection de jeux-vidéo !

D’ailleurs, au moment de l’achat de l’arobase, la conservatrice en chef du département de design et d’architecture du musée avait expliqué à la presse : « C’est là le seul véritable objet gratuit se trouvant dans les collections du MoMa ». Ainsi, il est donc possible pour un musée de posséder quelque chose sans que le bien en question ne soit nécessairement matériel… En toute logique, les conservateurs ont désormais la possibilité d’acheter des objets bien trop vastes pour être exposés, ou des travaux trop éphémères ou dématérialisés pour être visibles du public (ici, les émoticônes).

Dans un sens, le MoMa a fait preuve de flair en se portant acquéreur d’une nouvelle forme de communication entre les êtres humains. Et dans le même temps, ces émoticônes ne sont rien de moins que des idéogrammes, une des formes les plus anciennes de communication. Une belle façon de relier des époques pourtant si éloignées…

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Un verre de Martini © Shigetaka Kurita, DoCoMo

Cette acquisition surprenante des émoticônes a été faite après accord passé avec le créateur des petits dessins colorés et la société qui les a diffusés en 1999 : DoCoMo, ce qui autorise l’institution muséale à les « exposer ». Dès le mois de décembre prochain, le MoMa prévoit donc une grande présentation de ce nouvel achat dans le lobby du musée, dans le cadre d’un accrochage qui mêlerait aussi bien dessins en 2D qu’animations en 3D.

Les visiteurs du musée new-yorkais auront donc bientôt tout le loisir de découvrir une exposition dédiée à des symboles aussi bien anciens que modernes, allant du hiéroglyphe égyptien aux mangas les plus récents.

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