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L’art et la paix s’exposent au Petit Palais

Agathe Lautréamont 20 octobre 2016

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C’est à une exposition polymorphe, pluridisciplinaire et au sujet délicat que nous convie le Petit Palais de Paris jusqu’au 15 janvier prochain. Délicat, car vaste et surtout traité à de nombreuses reprises. Comment parler de la paix, de la diplomatie, de la concordance et de l’amitié entre les nations sans verser dans le convenu ou le bon-sentiment ? Comment surtout réaliser une sélection significative d’œuvres d’arts et de documents diplomatiques quand la guerre et la paix n’ont cessé d’écrire l’histoire de l’Humanité ? L’accrochage, pourtant, s’en sort avec brio et propose un parcours chronologique mais aussi thématique, rassemblant plus de 200 œuvres, dont quelques surprises pour le moins étonnantes…

Coypel, La paix de Nimègue, 1681 © Musée Fabre de Montpellier

Fait étrange : c’est par la guerre que nous sommes introduits à la nouvelle exposition du Petit Palais. Une tapisserie de la Renaissance représentant une armée en marche fait écho à une immense toile représentant des Poilus enterrant un de leurs camarades, à une période indéfinie mais d’une tristesse, infinie, pendant la Première Guerre mondiale.

Or cette guerre si violente, si désespérante, sert de rappel à son pendant lumineux : la paix. Mais que les esprits chagrins se rassurent d’emblée : nous ne sommes pas là face à une exposition opportuniste, qui a choisi un sujet conformiste alors que la France est frappée par le terrorisme (hormis peut-être un élément en fin de parcours, sur lequel nous reviendrons ultérieurement). L’idée du Petit Palais est de brosser un portrait riche et complet de la paix dans l’art, mais pas seulement.

Grâce au concours exceptionnel du Ministère des Affaires Étrangères, le visiteur pourra entre deux huiles sur toiles monumentales, admirer des documents aussi rares que précieux, à l’image du traité de Westphalie datant de 1648 ou encore plus exceptionnel : le serment de Strasbourg du 14 février 842 !

Traité de Westphalie, octobre 1648 © MAEDI – Frédéric de la Mure

Peindre la paix

C’est ainsi que nous sommes amenés à découvrir l’idée de la Paix des Princes, grâce à une première salle délibérément placée sous le signe des Beaux-Arts. Le rôle du roi est décrypté grâce à des œuvres signées Simon Vouet ou Jean-François de Troy. Bien sûr, les portraits sont exécutés avant tout pour glorifier le rôle du souverain qui, grâce à ses grandes bontés et qualités (évidemment !), est parvenu à sauver le royaume, assurer la sécurité des sujets tout en asseyant son autorité sur les autres forces limitrophes…

Les monarques sont souvent représentés accompagnés d’allégories (cornes d’abondances, couronnes de lauriers…) tandis que le recours à la mythologie grecque est assez fréquent. Quoi de plus parlant pour la population de l’époque que le dieu grec Arès s’enfuyant d’une scène peinte face à la gloire d’Eiréné, divinité de la paix, fille de Zeus et de Thémis (le maître de l’Olympe et l’incarnation de la justice et de l’équité, en voilà un sacré pedigree !)

Mais derrière ces œuvres d’apologie du pouvoir (qu’il soit royal ou plus tard dans l’exposition, impérial), on dénote toujours une sincère aspiration à la paix. Les temps troublés de la guerre (caisses de l’État vide, disettes, morts, maladies) ne sont en aucun cas enviables quand mis face à des époques apaisées.

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Traité multilatéral © Petit Palais, 2016

De belles surprises aux Archives

Une rotonde plongée dans une semi-obscurité présente ensuite, dans des vitrines admirablement illuminées, les trésors de la diplomatie. Nous l’avons dit en introduction de ce papier, le Ministère des Affaires Étrangères a accepté d’ouvrir ses archives afin d’exposer aux visiteurs du Petit Palais des documents à la valeur historique inestimable et qui, tout dans le même temps, se révèlent d’une beauté surprenante.

Correspondances entre souverains ornées d’enluminures superbes, actes diplomatiques brodés de fils d’or, lettres de créances délicatement calligraphiées, accord politique décoré d’indénombrables cachets de cire colorée… Ce sont là de petits bijoux que l’on peut admirer de longues minutes sans se lasser ! Ces souvenirs de notre mémoire collective sont autant de témoignages des efforts des dirigeants à maintenir la paix que de petites œuvres d’art méconnues.

Souvenirs du Congrès de la Paix n°1 : Victor Hugo, dans un discours en trois points...

Honoré Daumier, Souvenirs du Congrès de la Paix n°1 : Victor Hugo © musée Carnavalet

Aux grands hommes, la patrie reconnaissante

Un élément très appréciable de l’accrochage du Petit Palais, qui renforce son aspect polymorphe tout comme sa capacité à nous surprendre, serait l’ajout de deux frises d’une modernité étonnante. Elles sont au nombre de deux : « Les artisans de la paix » et « Les penseurs de la paix ». Les visages des protagonistes mis en avant par ces deux frises ont été dessinés par un jeune graphiste, Djama, et c’est avec un plaisir évident que l’on s’amuse à mettre des noms célèbres sur ces traits qui hésitent entre la BD et la caricature.

Dans la catégorie des artisans, on croise le Cardinal de Richelieu, Paul Cambon ou Charles de Gaulle. En ce qui concerne les penseurs, nous rencontrons Saint Augustin, Jean-Jacques Rousseau ou encore Jean Jaurès. Tous sont accompagnés d’une citation tirée d’un de leurs ouvrages célèbres, ou d’un fameux discours lorsqu’il s’agit d’un homme politique. Voilà une très bonne idée, ludique et pédagogique et qui ravira les amateurs de citations d’esprits brillants…

La colombe de la Paix

Pablo Picasso,  La colombe de la Paix, 1950 © Paris, musée d’Art moderne

Fin de partie

Le parcours du Petit Palais s’achève sur la Société des Nations, qui fut créée en 1920 suite à la signature du Traité de Versailles et dont le rêve absolu serait d’instaurer une paix universelle. On suit l’évolution de cette organisation au fil du XXe siècle et de ses nombreux bouleversements, jusqu’au couloir final où le visiteur rencontre plusieurs petits écrans, sur lesquels sont projetées des images d’épisodes marquants de notre époque contemporaine.

On regarde avec émotion Rostropovitch jouer du violoncelle devant le Mur de Berlin, on se remémore François Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main à Verdun, on écoute un discours prononcé par Ban Ki-Moon en tant que secrétaire général des Nations Unies et l’on se dit que ces images ont toute leur place dans cette exposition. En revanche, il fallait bien un point négatif, on est légitimement en droit de se demander ce que vient faire le passage un peu hors-sujet sur la COP 21…

L'ART DE LA PAIX

19/10/2016 > 15/01/2017

Petit Palais

PARIS

Sous le Haut Patronage de Monsieur François Hollande président de la République

Le ministère des Affaires étrangères et du ...

Exposition terminée
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