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Paysage rythmique, quand la peinture et la musique se rencontrent

Laura Bourdon 19 octobre 2016

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Dans le cadre du Salon Réalités Nouvelles, l’un des tout derniers salons entièrement géré par les artistes et dédié au courant de l’abstraction, visible jusqu’à la fin du week-end au Parc Floral de Paris, exponaute a décerné un Prix à l’artiste Bruno Keip pour son œuvre intitulée Paysage Rythmique. Nous avons rencontré Bruno Keip afin d’en apprendre davantage sur sa démarche artistique. Lumière !

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Paysage Rythmique, Technique mixte, 190 x 100cm © Bruno Keip

« Je considère la musique comme un art abstrait, et ce qui m’inspire dans ma démarche actuelle c’est l’interaction visuelle et sonore. Cela me permet de créer mon propre langage. Peindre est pour moi le prolongement des sons dans l’espace et le temps », Bruno Keip.

Bruno Keip est né en 1959 à Paris, il travaille et vit en région parisienne. C’est un artiste autodidacte, dont la pratique picturale s’est forgée depuis tout petit puisqu’il débute ses premières reproductions dès l’âge de huit ans. Fasciné par les tableaux de grands maîtres, Bruno Keip a dès lors transformé l’espace de sa chambre en atelier de peinture, où il s’attelle à reproduire, notamment, Renoir et ses Jeunes Filles au Piano.

Plus tard, il découvre la galerie Louis Carré & Cie, qui présente une exposition de Serge Poliakoff (peintre français d’origine russe, appartenant à la nouvelle Ecole de Paris). C’est un choc visuel pour le futur artiste, une véritable prise de conscience face à la structure et la dynamique des couleurs présentées. C’est de là que sa pratique de reproduction figurative s’échappe vers le courant de l’abstraction. S’ensuivra de nombreuses découvertes artistiques, comme le travail de De Staël et de Kandinsky, puis plus tard, Soulages ou encore Richter.

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© Bruno Keip

Petit à petit, Bruno Keip forge sa propre pratique picturale en lien avec la musique, travaillant de concert avec un compositeur en orchestre symphonique. Associer la musique est aujourd’hui devenu presque incontournable, lorsqu’il s’agit d’illustrer le propos créatif par une ambiance ; cela l’est bien moins lorsqu’il s’agit, vraiment, de tenter de « peindre la musique », de « jouer la peinture » comme autant d’émotions qu’elles expriment.

Or « Peindre la musique », c’est ce que fait Bruno Keip depuis toujours. Depuis une trentaine d’années, l’artiste résout à sa manière les équations émotionnelles posées par les sonorités, à travers des séries de peintures aux noms évocateurs : Equilibre sonore, Sonorités, Ecritures Rythmiques, Partitions, et celle à laquelle nous nous sommes particulièrement intéressés, puisque célébré par un prix, Paysage Rythmique.

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© Bruno Keip

« En écoutant (…) les œuvres d’Henri Dutilleux, et en suivant les mouvements musicaux avec la partition d’orchestre, j’ai été étonné de constater que les gestes qui accompagnent la musique sont similaires aux miens lorsque je peins. Le peintre, comme le musicien, trace des lignes, des traits, dans une action physique qui a un rapport étroit avec la respiration et la conscience d’une tension musculaire ».

S’inspirant d’illustres compositeurs comme Olivier Maessian et le Quatuor pour la Fin du Temps, Bela Bartók ou encore Stravinsky, Bruno Keip se saisit de la musique comme d’une source subjective de sensations et de pensées, qu’il traduit dans la peinture. L’artiste travaille véritablement la partition, qu’il lit, décortique et déconstruit à son gré afin de recréer quelque chose de nouveau. La peinture est pour l’artiste, un prolongement des sons dans l’espace et le temps.

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© Bruno Keip

Travaillant majoritairement les teintes sombres dans un rapport à la lumière autour de la notion de clair-obscur, l’artiste travaille la géométrie spatiale. C’est-à-dire qu’il pose tout d’abord la structure de son œuvre, son squelette, il la structure afin de lui donner un équilibre. Dans chacune de ses toiles des lignes de force se détachent, autour desquelles il va tourner afin d’y ériger sa propre partition sonore. Pour Bruno Keip, chaque sonorité est égale à un trait, tout comme chaque trait est égal à une sonorité, créant par là-même sa propre calligraphie de la musique, sa propre partition sonore.

En collaboration avec les musiciens Nicolas Robert et Christian Husson, Bruno Keip poursuit sa démarche créant de véritables spectacles vivants qu’il intitule Contrapainting, où les musiciens et le peintre se donnent le ton. C’est ainsi qu’il performe à Montpellier en 2009, à Royan en 2010 où l’artiste bénéficie des 1000 m² du Palais des Congrès pour présenter son œuvre. Bruno Keip remporte diverses distinctions, notamment le Prix peinture Edouard Marcel Sandoz décerné par la fondation Taylor en 2008. Membre du Groupe Comparaison, réalité seconde, il eut aussi l’opportunité d’exposer ses toiles sous la nef du Grand Palais.

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© Bruno Keip

Dans un spectacle en constante mouvance, Bruno Keip cherche à créer ce qui ne se voit pas. Comment faire passer une forme sans la représenter ? Comment montrer ce qui est là sans que ce ne soit là ? Là est le propos de l’artiste qui, lorsqu’on l’interroge sur la lecture de l’œuvre, invite tout un chacun à s’en saisir personnellement, laissant libre cours à l’interprétation. Bruno Keip nous ouvre en tout cas un immense champ des possibles, un horizon nouveau, dans un champ pictural rythmique sans commune mesure, une invitation à un grand bal symphonique, où les mélodies nous embarquent, tantôt avec intensité, tantôt avec légèreté, mais toujours avec une grande subtilité.

Le travail de Bruno Keip est à découvrir jusqu’au 23 octobre au Salon Réalités Nouvelles, au Parc Floral de Paris. D’autres œuvres de l’artiste sont actuellement visibles à Art Cité, Fontenay-sous-Bois.

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