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Le goût de la parure : faste, joyaux et richesse au Château d’Angers

Agathe Lautréamont 18 octobre 2016

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Dans le cadre prestigieux du Château d’Angers, le Centre des Monuments Nationaux et le château de Versailles se sont associés pour proposer un parcours qui nous transporte à des époques où, plus que jamais, l’habit faisait le moine. Ces époques, ce sont celles allant du XVIIe au XIXe siècle, que l’on explore au travers de portraits de cours, tous plus prestigieux les uns que les autres. Grâce à une collection d’une quarantaine de tableaux et gravures, le parcours nous propose de débuter notre découverte du bijou et de la parure du règne de Louis XIV jusqu’aux derniers feux du Second Empire. Le faste est extrême, les modes se font et se défont et toujours, cette célébration d’un certain goût à la française de la grande aristocratie vouée à disparaître.

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Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans, dite Madame © RMN

Si le parcours de l’exposition du château d’Angers se construit sur un ordre purement chronologique, il sert pourtant idéalement le propos qui va nous occuper aujourd’hui tout au long de trois siècles : dresser une typologie de la parure à la française (qu’elle soit pensée pour ces dames ou ces messieurs), grâce à l’analyse de portraits de cours.

Quelle était la signification des différents types de couronnes que l’on peut admirer au fil des siècles ? Pourquoi a-t-on porté plus de saphirs que de diamants à une époque ? Comment l’évolution de la mode vestimentaire a pu provoquer des mutations sur le choix des joyaux et des pierres exposées sur les vêtements des têtes couronnées ? Autant de petits mystères qui se trouvent élucidés par cet accrochage issu d’un partenariat prolifique entre le CMN et le Château de Versailles.

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Anonyme, France XVIIe siècle, Louis XIV, roi de France © RMN

Les diamants sont éternels

Dans la première salle du parcours, le visiteur se voit accueilli par le Roi Soleil. Louis le Grand est assis sur un siège à pattes de lion, posant pour un portrait dont l’objectif est bien sûr de vanter la puissance tout comme le port altier du souverain de droit divin. C’est donc dans un vêtement  aux teintes à dominantes chaudes que le monarque prend la pose, la couronne royale reposant sur un guéridon à côté de lui.

En ce temps, les diamants étaient un bien qui arrivait en abondance de l’Inde, où les mines étaient déjà exploitées. Le diamant fut tout particulièrement apprécié des souverains mais aussi des nobles gravitant autour du couple royal de Versailles. Son éclat sans pareil était ardemment recherché, en particulier par les femmes qui, souvent, l’associaient à la blancheur des perles.

Un détail cependant amusant à souligner serait la petit coquetterie que Louis XIV arbore à ses mollets. On y voit de somptueuses jarretières à boucles. L’or du lien porté par-dessus des bas rouges est rehaussé par la brillance des perles et des diverses pierreries. Pourquoi ces jarretières ? Car le Roi Soleil était un danseur hors-pair : les jarretières servaient à souligner le galbe de ses jambes.

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Représentation exacte du grand collier en brillants des sieurs Boehmer et Bassenge © RMN

« Diamonds are a girl’s best friend »

Avec une nouvelle époque arrive en toute logique un nouveau goût. C’est en effet au Siècle des Lumières que les artisans-joailliers de Paris glanèrent une réputation prestigieuse, aidés et vantés par les têtes couronnées (Louis XV et Louis XVI, en particulier) qui faisaient très régulièrement appel à leurs services. Les créateurs osaient alors toutes les fantaisies, les parures les plus riches et ostentatoires pour orner les corps de l’aristocratie qui n’aimait rien de moins qu’afficher son rang et donc son prestige.

Et cette démesure dans l’esprit créatif des bijoutiers trouve probablement sa quintessence au cours de l’année 1785, lorsqu’éclate la fameuse « Affaire du collier ». Une gravure d’époque présente le bijou aux visiteurs, dans toute la finesse et la délicatesse de sa réalisation, tout comme dans l’étalage de sa préciosité inimaginable. Jugez plutôt : pas moins de 550 diamants et une centaine de perles blanches avaient été nécessaires à sa réalisation.

Cette folie fut l’œuvre de deux joailliers français qui connaissaient bien le goût de la noblesse pour les diamants. Pourtant, la reine Marie-Antoinette (dont le nom est indéfectiblement lié à cette affaire digne d’un roman policier) ne porta jamais le bijou (la pièce coûtait un million six cent mille livres, tout de même…)

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Joseph Franque, Marie-Louise impératrice des Français et le roi de Rome © RMN

Shine on you crazy diamond

Arrive enfin le XIXe siècle, troisième et ultime étape du parcours du Château d’Angers : « Le goût de la parure ». Long siècle dont on considère de plus en plus le début en 1789 et non en 1800 comme le voudrait la logique, tant la Révolution française représenta une fracture sans précédent dans l’histoire du pays. Avec l’arrivée de Napoléon Bonaparte au pouvoir en tant qu’empereur, c’est un régime très codifié qui se mit en place. Son règne se devait d’être symbolique, aussi le nouveau dirigeant se fit-il confectionner couronne, globe, sceptre, main de Justice et collier de la Légion d’Honneur.

Et cet enrichissement du Trésor se poursuit sous le règne de Louis XVIII (la Restauration), où l’exposition des bijoux de la Couronne est une manière de légitimer tout autant que vanter le basculement vers le régime monarchique. Au cours du Second Empire, l’aristocratie opère un retour à une existence de cours qui rivalise de faste et de richesse ave les siècles passés.

Si les toilettes  des dames se voulaient un peu plus simples dans leur structure (formes fluides, abandon du corset, tissu vaporeux…), il n’en demeure que les joyaux sont tout autant portés, voire enrichis. La chute de Napoléon III signe pourtant la fin de l’âge d’or de la joaillerie française, tandis que le trésor est vendu dans le cadre d’enchères qui, symboliquement, dispersent les reliques de temps définitivement révolus.

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Edouard Dubufe, Eugénie de Montijo de Guzman, impératrice des Français © RMN

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