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Photographie : Au Musée de l’Homme, rencontre avec les tribus du monde

Agathe Lautréamont 17 octobre 2016

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C’est un travail tout en retenue, en pudeur, mais aussi d’une immense beauté, que nous convie à découvrir le Musée de l’Homme dans le cadre de sa programmation 2016/2017. Dans une scénographie pensée en deux temps, d’une part introductive, d’une autre immersive, l’exposition « Tribu/s du Monde » propose un accrochage photographique d’un nouveau genre. Ni travail ethnologique, ni mise en scène, les compositions d’Anne de Vandière sont avant tout de vifs hommages à ceux et celles qui ont su conserver un lien indéfectible avec la Terre-Mère…

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Mains d’une femme Masai © Anne de Vandière – Musée de l’Homme

Ce sont en premier lieu des carnets de notes, qui nous accueillent au cœur de l’exposition de la photographe Anne de Vandière. Comme enchâssés dans de petites vitrines en verre, à hauteur de nos mains, notre curiosité nous pousse à tenter de soulever le couvercle de ces boîtes qui, on le devine, renferment des trésors faits de rêves, de souvenirs et de terre accumulés au fil de ans. Car ces carnets de bord tenus par la photographe qui erre sur les terres les plus reculées du globe depuis 2009 sont des reliques de ses aventures, des journaux où elle enregistre, dessine, croque, note, colle et découpe le plus infime élément, renferme la plus mince réminiscence.

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Peintre de la tribu des Warlis © Anne de Vandière – Musée de l’Homme

Cheminement

D’où leur épaisseur, ahurissante. D’où leur aspect fripé, gondolé, malmené, taché et sali. Ces carnets ont connu le sol rougeâtre et aride de l’Afrique de l’est, la moiteur des forêts tropicales, le gel coupant comme un couteau des toundras du Nord de notre planète. Ils ont été les compagnons de route de la photographe actuellement mise à l’honneur par le Musée de l’Homme ; une infatigable curieuse qui grâce à son appareil argentique autour du cou, donne un visage et une voix à des populations, des tribus, des ethnies qui sont bien trop souvent l’objet du dédain, voire du mépris de nos sociétés dites civilisées.

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Femme Hamar, sude de l’Éthiopie © Anne de Vandière – Musée de l’Homme

Immersion

Puis l’on passe dans l’étape suivante de l’accrochage. Deux salles toutes drapées de noir nous attendent. Nous sommes introduits aux populations rencontrées par Anne de Vandière, grâce à des petits films de quelques minutes. Femmes, enfants et hommes s’affairent à leurs travaux du quotidien, au cœur d’une nature luxuriante ; et l’intimité, on le sent déjà, est particulièrement présente. Après ce préambule, nous passons un rideau épais et là, le choc. La lumière se fait éblouissante, le noir et blanc au fort contraste explose à nos rétines.

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Vue de l’exposition © Agathe Lautréamont

Un millier de visages, un millier de mains nous accueillent, nous enveloppent et nous projettent dans un autre univers ; loin, très loin de nos cités de béton et de verre où l’on n’entend plus un seul oiseau chanter. C’est véritablement là que l’on prend toute la mesure du cœur du travail d’Anne de Vandière. Plongés dans ces petites pièces lumineuses, sont reproduites, éparpillées, affichées, des centaines de photographies en noir et blanc prises au long de sept années de travail intense, où il ne serait jamais question de simplement voyager et découvrir des populations qui sont parvenues à rester en contact avec la Terre nourricière.

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Potier Newar, au Népal © Anne de Vandière – Musée de l’Homme

L’histoire par les mains

L’on découvre ainsi des identités, des métiers, des rôles, des ordres. Il y a le chamane de l’ethnie en charge des bons rapports entre les Hommes et les forces de la Nature. On découvre le berger qui veille sur les troupeaux de chèvres et qui, de son œil aux aguets, guette les animaux sauvages qui s’approcheraient d’un peu trop près. Il y a le vannier qui raconte comment, depuis sa plus tendre enfance, il tresse des paniers solides et fiables. « Au début, mes mains en souffraient. Maintenant, elles ont des cals, des crevasses et des bosses, elles ne sentent presque plus rien et travaillent seules. Je ne m’en occupe pas. »

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Vue de l’exposition © Agathe Lautréamont

Ces moments d’intimité qui nous sont contés en quelques lignes nous touchent au plus haut point et après quelques minutes de lecture, la réflexion, l’humilité et la sagesse de ces inconnus nous frappent au plus haut point. Accompagnant la parole de ces rencontres uniques, les photos prises par Anne de Vandière sont d’une beauté à couper le souffle. Son noir et blanc est d’une intense luminosité, tandis que les clichés représentant les mains au travail reflètent tant d’années de labeur mais aussi d’amour de la terre et du travail exécuté avec patience et délicatesse.

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Membre de la tribu des Karo © Anne de Vandière – Musée de l’Homme

Magnifique

Anne de Vandière travaille avec un objectif macro, des optiques connues pour avoir un bokeh très doux (idéal pour magnifier des portraits saisis sur le vif, jamais posés, l’artiste y tient scrupuleusement) mais aussi un piqué d’une grande finesse, à même de refléter tous les détails de la matière, toutes les rides des mains et des avant-bras, toutes les aspérités d’une sculpture ou d’un objet d’artisanat. On se perd dans la contemplation de ces photographies d’une rare qualité tandis qu’au-dessus de nous, retentissent des chants d’oiseaux, des craquements de bois, le clapotis d’un cours d’eau. L’immersion est parfaite, l’accrochage est sublime. L’exposition « Tribu/s du Monde » au Musée de l’Homme est sans conteste, un passage obligatoire.

L’exposition du Musée de l’Homme s’accompagne de l’édition d’un magnifique catalogue, publié aux éditions Intervalles. L’ouvrage est épais, lourd dans nos mains fébriles, on hésite à tourner ses pages fragiles et d’une grande finesse. Tout est de noir, tout est de blanc, mais la lumière captée par l’objectif d’Anne de Vandière irradie à chaque page tournée et à chaque fois, la surprise est au rendez-vous. Il y a de la sensibilité dans ces clichés saisis sur le vif, le temps fugace d’un instant, tandis qu’une plume précise et poétique nous livre des descriptifs, anecdotes ou observations; comme des réflexions philosophiques. Un bel objet donc, pour une belle exposition.

TRIBUS DU MONDE

12/10/2016 > 02/01/2017

Musée de l’Homme

PARIS

Depuis 2009, la photographe et artiste Anne de Vandière s’intéresse à ces nombreuses ethnies et parcourt les cinq continents à leur re...

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