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Winterhalter, roi des portraits princiers, au Palais de Compiègne

Agathe Lautréamont 11 octobre 2016

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Qui aurait seulement pu prévoir un tel destin à ce peintre qui, issu d’une famille modeste de la Forêt Noire, allait pourtant devenir un artiste célébré que toutes les cours d’Europe s’arrachaient ? Franz Xaver Winterhalter, jusqu’à ce que le XIXe siècle jette ses derniers feux, a su attacher ses pinceaux et son immense talent à des mécènes prestigieux, se créant ainsi un carnet d’adresse à faire pâlir : la reine Victoria, Louis-Napoléon Bonaparte et son épouse Eugénie, Léopold Ier de Belgique… Mais à travers l’art fastueux, tout en délicatesse et en beauté de Winterhalter, c’est bel et bien dans les lumières de toute une époque que l’on pénètre, grâce à l’exposition flamboyante du Musée de Compiègne.

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Franz Xaver Winterhalter, L’impératrice Eugénie et ses dames d’honneur, 1855 © RMN Grand Palais

C’est un regard de velours qui nous accueille à l’entrée de l’exposition dédiée à Franz Xaver Winterhalter. Un œil aussi doux que l’étoffe noire dont est faite la robe de cette jeune fille anonyme, une suissesse comme le laisse suggérer son costume traditionnel. La légende murmure que cette délicate enfant aurait été le premier amour de Winterhalter, expliquant avec quelle minutie extrême il représenta la peau de porcelaine, l’œil étincelant et le sourire en coin, comme une invitation tant désirée de cette demoiselle. Et d’emblée on le sait : l’exposition sera belle, très belle.

Winterhalter fait partie de cette frange bien particulière d’artistes dont tout le monde connaît parfaitement les œuvres, mais dont le nom, lui, n’est jamais prononcé. Et pourtant, ce patronyme, comme il a pu être scandé, appelé, vanté par les têtes couronnées et les bourses bien remplies de son temps ! Car dès la fin de la première moitié du XIXe siècle, Winterhalter est une star, une vraie, de ceux qui défraient les chroniques de l’époque à chaque présentation au Salon ou lors d’un passage dans la capitale française. Le maître est réclamé, acclamé, dès 1837, grâce à une toile représentant le Décaméron de Boccace.

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Franz Xaver Winterhalter, La comtesse Krasinska et ses enfants, 1853 © National Museum of Warsaw

Le peintre que l’on s’arrache

Puis, un an plus tard, la consécration tant attendue par le peintre vient enfin couronner sa propre tête des lauriers de la gloire : le roi des français Louis-Philippe fait appel à ses services et une commande royale est passée pour la représentation de la famille d’Orléans. Et c’est à compter de cette date que Winterhalter ne posera plus jamais ses pinceaux mais en revanche, fera poser devant son chevalet nombre de personnalités influentes, allant du souverain à la riche famille aristocrate en passant par la comédienne à la mode dont le tout-Paris vante la beauté et le jeu scénique.

Le faste, donc, ne se départit jamais des tableaux de Winterhalter. Le visiteur de l’exposition, navigant entre des toiles de belles tailles aux cadres parfois encore plus décorés que les robes de ces dames, est comme emporté dans un tourbillon de mousseline, de dentelles ou de galons dorés représentant des hauts-faits d’arme ou un rang politique des plus prestigieux et qu’il est important d’afficher sur sa poitrine, à la vue de tous.

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Franz Xaver Winterhalter, Alexandra, princesse de Galles, 1864 © Royal Collection

Un style unique

Et pourtant, prenez seulement le temps de vous approcher au plus près des portraits de l’artiste allemand, car une surprise de taille vous attend. Si les visages des dames et des messieurs sont systématiquement rendus avec une précision exceptionnelle (on croirait voir les lèvres des demoiselles en fleur frémir légèrement, tandis qu’un éclat quelque peu cynique perce dans la pupille du souverain Léopold Ier de Belgique…), il n’en est rien de leur parure ! Car Winterhalter choisit l’audace pour ses portraits de cours, pourtant genre très codifié.

C’est avec un pinceau enlevé, léger, des touches dansantes qui effleurent à peine la toile que l’artiste représente les crinolines de ces dames ou le velours des cols de ces messieurs. Les bouquets de fleurs sont figurés par quelques touches disparates, accolées les unes aux autres, tandis que la transparence du tulle et des mousselines de soie sont des apports de couleurs d’une légèreté surprenante, imprécise, mais qui opèrent une magie étonnante lorsque l’on regarde le tableau de loin. La robe frémit sous le pas de la jeune fille, la toque de fourrure du prince est légèrement agitée par une brise passagère venue d’une fenêtre ouverte dans l’atelier du peintre. Quand l’imprécision volontaire devient rendu précis avec un peu de recul…

Winterhalter,Franz Xaver (1805-1873)

Franz Xaver Winterhalter, Madame Rimsky-Korsakov, 1864 © Musée d’Orsay

On y court !

C’est ainsi que le visiteur de l’exposition « Winterhalter : portraits de cours, entre faste et élégance » part à la rencontre de la reine Victoria d’Angleterre, de son époux le Prince Albert, de Napoléon III et de l’impératrice Eugénie, mais également de quelques personnalités influentes du Second Empire, qui ont également fait des pieds et des mains pour avoir « leur » portrait peint par le grand Winterhalter. Cette exposition d’ailleurs, est pensée comme une forme de complément à l’événement se tenant actuellement au Musée d’Orsay… Alors n’hésitez plus ! Compiègne n’est pas si loin et le Palais est une visite absolument sublime…

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