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Cinquième édition de la Biennale de Rennes : à la croisée de l’art et de l’économie

Laura Bourdon 11 octobre 2016

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L’art contemporain bat son plein en ce mois d’octobre. Après le Printemps de septembre, la Nuit Blanche, les foires et salons que l’on attend avec grande impatience, l’un des rendez-vous majeurs de ce second semestre est la Biennale de Rennes. Pour sa cinquième édition, la Biennale se différencie en ce qu’elle se déploie sur une vaste quantité de lieux, au cœur de la métropole rennaise mais aussi dans les villes de Brest et Saint-Brieuc. En tout, douze lieux partenaires et des propositions marquées par l’inédit, dont la conception est confiée cette année au commissaire d’exposition et critique d’art François Piron.

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Du 1er octobre au 11 décembre 2016, l’art contemporain est à l’honneur en Bretagne. La Biennale de Rennes marque sa cinquième édition et perpétue la thématique qui en fait sa singularité depuis ses débuts, à la croisée de l’art et de l’économie. « Comment donner forme aux émotions dans un monde qui les formule en termes de besoins des marchés ? » Incorporated!, nom donné à la biennale, traite de cette question. Inc. pour Incorporated, est un terme emprunté au monde de l’entreprise ; il désigne l’intégration d’une entité individuelle dans un champ plus vaste auquel il s’incorpore.

Incorporated! explore à travers l’art et le regard des artistes sélectionnés notre rapport au monde de l’économie ; il interroge par là-même, les limites entre le privé et le public, les conséquences psychiques et relationnelles de l’économie comme mode de gouvernement de nos vies. Une pluralité de voix est ainsi invitée à s’exprimer, puisque 29 artistes présentent des projets relevant pour la plupart de créations nouvelles. La programmation pensée par François Piron croise les générations, les genres, valorisant aussi des pratiques a priori peu représentées dans ce type de manifestation comme c’est le cas de la peinture, particulièrement présente avec notamment le travail de Karolina Krazouli et Michaela Eihwald.

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Mark Manders, Room with Unfired Clay Figures, 2011-2015, Incorporated! Les Ateliers de Rennes 2016, Courtesy de l’artiste, Tanya Bonakdar Gallery et Zeno X Gallery © Aurélien Mole

De par son éclatement depuis le centre de la ville jusqu’à sa périphérie, la Biennale de Rennes donne voix au chapitre à toutes les structures qui œuvrent au quotidien dans la diffusion de l’art ; non dans une ligne esthétique unique, les atmosphères diffèrent selon les lieux investis d’expositions collectives (Halle de la Courrouze, Centre d’art contemporain La Criée) ou de solo-shows (Galerie Art & Essai, Le Praticable). Au gré de sa visite, le public découvrira par exemple le saisissant travail de l’artiste Mark Manders. Il présente dans le Patio du Musée des Beaux-arts de Rennes une sculpture intitulée Room with Unfired Clay Figures, où deux visages d’enfants se trouvent brutalement traversés par une structure de bois. Une œuvre qui nous saisit d’emblée, par l’impassibilité exprimée sur les visages de ces deux identités qui se trouvent fragmentées.

A quelques pas, le visiteur découvre la vidéo de l’artiste britannique Ed Atkins qui ne manque pas, elle non-plus, de nous interpeller. L’artiste ayant forgé sa pratique sur les médias digitaux à la figuration hyperréaliste, il présente pour la Biennale de Rennes Safe Conduct, sur les sonorités lancinantes du Boléro de Ravel. L’on y découvre un homme au visage brûlé, se tenant dans un aéroport au décor froid et aseptisé, devant un tapis roulant dont la course n’a de cesse. L’homme se livre alors dans un triste spectacle, témoignant d’un regard tragique de la société de contrôle.

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Mélanie Gilligan, The Common Sense, 2014-2015, Incorporated! Les Ateliers de Rennes 2016, Courtesy de l’artiste, Galerie Max Mayer © Aurélien Mole.

Toujours dans l’exploration du média vidéo, le FRAC Bretagne met en scène sur une structure d’échafaudage une série de 15 épisodes par la canadienne Mélanie Gilligan, au cœur de laquelle une technologie inédite intitulée « patch » agit tel un détecteur de vérité, un outil capable de contrôler les émotions. The Common Sense décrypte un futur proche, l’utopie d’une communication directe et sans filtre où nulle émotion ne peut être dissimulée ; le patch est ici choisi comme la représentation d’un outil d’aliénation.

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Mélanie Matranga, You, 2016, Incorporated! Les Ateliers de Rennes 2016, Courtesy de l’artiste, Les Ateliers de Rennes 2016 © Aurélien Mole.

Mélanie Matranga quant à elle propose sa dernière production dans un atmosphère intime, où le visiteur peut s’allonger à l’envi dans l’un des matelas déposés à cet effet sur le sol du FRAC Bretagne. Un lieu de détente, où l’on s’asseoit pour admirer un film mettant en scène les relations, sensuelles, entre les personnes qui s’approchent et se détachent tour à tour. You, titre du film, reflète le flottement des frontières entre l’affect et le fonctionnel, la vie quotidienne et le travail, dans un cadre intime paradoxalement projeté à la vue de tous.

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Jean-Pascal Flavien, Dancers sleeping inside a building, 2016, Incorporated! Les Ateliers de Rennes 2016, Courtesy de l’artiste, Catherine Bastide, galerie Esther Schipper © Aurélien Mole

L’intimité d’une chambre, c’est aussi le point de départ de l’oeuvre proposée par Jean-Pascal Flavien dans le jardin entre l’école d’art de Rennes et le Musée de la danse. Il crée une maison joliment intitulée Dancers sleeping inside a building, en référence aux danseurs qui, chaque nuit, viennent y habiter se livrant à une performance, séquencée à heure fixe. L’oeuvre ici interroge le mouvement, la répétition et le temps, le sommeil devenant chorégraphie… le travail pénétrant le sommeil. Puis, pendant toute la durée de la Biennale l’artiste Camille Blatrix fera irruption dans différents lieux de passage de Rennes. Plutôt connu pour son travail de sculpture minutieux, l’artiste a ici conçu une scène mobile, support d’une installation itinérante.

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Emmanuelle Huynh, première danseuse invitée dans la maison de Jean-Pascal Flavien dancers sleeping inside a building, 2016, Incorporated! Les Ateliers de Rennes 2016 © Aurélien Mole.

Œuvres itinérantes, solo-show, expositions collectives, éditions (livre fragmenté d’Eva Barto), la Biennale de Rennes révèle une programmation pointue et éclectique, rassemblant artistes reconnus et émergents, pour un moment artistique singulier permettant au visiteur de nourrir sa propre réflexion, repenser son rapport à l’univers de l’entreprise, loin de la perception que nous en avons au quotidien. D’abord assez confidentielle, la Biennale de Rennes a été créée en 2008 sous l’impulsion de Bruno Caron (Président d’Art Norac), animé par la volonté de construire un pont entre deux mondes : celui de l’entreprise et celui de l’art contemporain, notamment pour sa richesse en termes de réflexion et d’imagination. De plus en plus, l’événement a suscité la curiosité, et attire aujourd’hui un public de plus en plus nombreux, comptant pour sa dernière édition plus de 50 000 visiteurs.

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