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À la découverte de l’ours, au Muséum d’Histoire Naturelle

Agathe Lautréamont 11 octobre 2016

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Passionnante. Voilà le premier terme qui nous vient à l’esprit tandis que l’on sort de la nouvelle exposition temporaire du Muséum National d’Histoire Naturelle. Richement documentée, parfaitement organisée, dotée d’une scénographie immersive conçue aussi bien pour les enfants que pour les adultes, « Espèces d’ours ! » accumule les bons points pour devenir un des accrochages immanquables de cette fin d’année 2016. Le parcours instructif, ludique et judicieusement agrémenté de films et de photos de belle qualité célèbre bien sûr la grande famille des ours, mais plus largement, les merveilles de notre planète…

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Ourse Cannelle © Muséum de Toulouse – Christian Nitard

Ours, où es-tu ?

La plongée en pleine nature est instantanée, comme si nous étions propulsés dans un biotope tempéré et touffu. Il fait un peu sombre, les feuilles bruissent, des branches mortes craquent et soudain ; un sourd grondement, un long ronflement guttural, grave et indescriptible. Ours, y es-tu ? Et oui, il est bien là ! Ou plutôt : « ils » sont là. Car on ne parle pas d’un seul grand animal, mais bien de huit races distinctes qui composent la grande famille des ursidés. Des courtes vidéos, d’une à deux minutes, des os, des griffes de la taille du majeur d’un homme adulte, mais également des croquis et des spécimens empaillés nous introduisent à cette espèce animale. Dans ce jeu des huit familles, je voudrais donc : l’ours à collier, l’ours malais, l’ours lippu, l’ours brun, l’ours blanc, l’ours noir, l’ours à lunettes et… le panda !

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Deux races distinctes d’ours © Muséum National d’Histoire Naturelle, 2016

Oui, oui. L’imaginaire populaire a bien trop souvent tendance à ranger à la hâte ce bel animal du continent asiatique dans un tiroir à part et pourtant, Ailuropoda melanoleuca (a.k.a. grand panda) est bel et bien un ours ! Et des découvertes de cet acabit, le visiteur s’apprête à en faire de (très) nombreuses en se promenant parmi les diverses étapes de l’exposition, pour peu qu’il prenne le temps de détailler tous les cartels, tous les arbres généalogiques, regarder toutes les vidéos et jouer à toutes les bornes interactives qui lèvent des coins de voiles inattendus sur cet animal si célèbre et pourtant si mal connu…

Ours, qui es-tu ?

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Filholictis filholi, un ancêtre de l’ours © Muséum National d’Histoire Naturelle, Victoria Denys

Après le naturalisme, la paléontologie ! Car si l’on espère bien connaître une espèce animale, encore faut-il savoir précisément d’où elle vient. Petits et grands sont alors invités à un formidable bond dans le temps et l’horloge, c’est le moins que l’on puisse dire, remonte loin ! Il y a 35 millions d’années, pour être précis… C’est en effet à cette époque que remontent les toutes premières traces des ancêtres de nos ours actuels.

Puis, la montre se met à nouveau en branle : vingt millions, huit millions, cinq millions puis finalement, « seulement » 150 000 ans. C’est à cette époque que nous sommes introduits à la fameuse race des « ours des cavernes », l’occasion pour l’exposition d’égratigner quelques clichés à la vie dure comme les mauvaises herbes au sujet de ce fier animal. Encore trop souvent dans l’imaginaire populaire, l’ours est comparé à une bête sanguinaire, un monstre cruel qui vit reclus dans des grottes sombres et attend qu’une pauvre victime passe à sa portée pour la happer…

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Arctodus simus, un autre ancêtre © Muséum National d’Histoire Naturelle

Une étude attentive de son anatomie, pourtant, met à mal cette image terrible. Les dents de l’ours indiquent davantage un régime herbivore (ou omnivore) plutôt qu’exclusivement carnivore. Ses longues griffes sont utilisées avant tout pour grimper aux arbres ou saisir les grands poissons dont se nourrissent certaines races d’ursidés. Comment alors, expliquer que l’ours ait si mauvaise presse ? Pour cela, il faut remonter au Moyen-âge. Alors que depuis des temps immémoriaux, l’ours était vénéré comme un être puissant et digne de respect, le christianisme a décidé qu’il était temps d’éliminer ce sujet de cultes « païens », et encouragea donc la chasse impitoyable du fier animal, menant au déclin drastique que l’on sait…

Ours, que t’avons-nous fait ?

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Ours blanc sur la banquise © Annette Holmberg – MNHN

Une réhabilitation est donc plus que bienvenue et surtout nécessaire pour ce magnifique animal. Le parcours de l’exposition s’en sort avec brio, battant en brèche les légendes noires qui collent à la peau de la créature et pointe au contraire, notre propre responsabilité en tant qu’êtres humains. L’ours a été chassé, décimé, traité comme bête de foire, enfermé dans des zoos ou des cirques pour notre seul amusement égoïste. Aujourd’hui, si des organismes de protection de la faune et de la flore tentent de le réintroduire dans certaines régions du monde, il est encore bien trop souvent la victime du trafic automobile, de l’hostilité injustifiée des bergers ou de tirs de chasseurs qui ont bien malencontreusement « confondu » un ours avec un sanglier. On les comprend, les pauvres, les espèces se ressemblent tellement…

Il faut donc courir voir la nouvelle exposition du Muséum National d’Histoire Naturelle. Pour son très beau parcours, pour les informations passionnantes qu’elle nous livre et pour son hommage appuyé à une magnifique créature.

ESPÈCES D'OURS !

12/10/2016 > 19/06/2017

Muséum national d’Histoire naturelle – Grande Galerie de l’Evolution

PARIS

L’exposition Espèces d’ours ! est une véritable plongée dans le monde des Ours.

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