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Trois jours après leur reprise, les travaux des serres d’Auteuil de nouveau suspendus

Jéremy Billault 10 octobre 2016

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Trois jours après avoir été de nouveau autorisés, les travaux entrepris par la Fédération Française de Tennis sur les serres d’Auteuil pour l’extension de Roland Garros ont à nouveau été suspendus. Si l’objection des associations de défense du patrimoine avait été rejetée, c’est un autre aspect du chantier qui, finalement, pose problème. 

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© Agathe Lautréamont

Un, deux, trois, soleil ! C’est un peu le jeu auquel jouent la Fédération Française de Tennis (FFT) et les associations de défense du patrimoine, laissant les pelleteuses avides de gravier démarrer et s’arrêter brusquement sans cesse, pliant sous le regard changeant d’un Tribunal de Grande Instance (TGI) qui ne sait plus où donner de la tête. En guise de terrain de jeu, un terrain de tennis (voire plusieurs) et un jardin, celui des serres d’Auteuil, construites au XIXème siècle par, détail important, l’architecte Jean-Camille Formigé. En 2010, la Ville de Paris cède le terrain à la FFT qui désire donner un coup de jeune à son vieux Chelem en élargissant le site du côté des serres d’Auteuil, l’accès lui ayant déjà été interdit côté Bois de Boulogne.

S’ensuit une bataille sans fin entre la FFT et les défenseurs de ce site classé Monument Historique en 1998. Depuis 2010, les plaintes succèdent aux propositions, les autorisations et les interdictions s’enchaînent et laissent en plan des travaux éternellement en cours. Coup de théâtre, le 3 octobre dernier : le Conseil d’Etat autorise les travaux en suspend à reprendre leur cours, satisfait de la valorisation des nouveaux espaces par la FFT (promenades, espaces verts…). En attendant la décision définitive du TGI, les travaux ont donc repris, la semaine dernière (en causant d’éventuels dégâts irréversibles d’ici leur potentielle interdiction définitive).

Ex Machina

Le 3 octobre dernier, donc, les travaux immobiles peuvent avancer : les moteurs vrombissent, les pelleteuses pellettent et les violettes bleues tremblent au fond de leurs serres. Mais, évidemment, on ne pouvait en rester là. Si l’objection des défenseurs du patrimoine, balayée d’un revers à deux mains sur la ligne par la proposition conciliante de la FFT, n’est pas revenue sur la table, les héritiers de ce cher Jean-Camille Formigé, architecte bien inspiré des serres d’Auteuil, sont revenus à la charge. Désireux de sauvegarder l’oeuvre de leur ancêtre, les héritiers Formigé on donc obtenu la suspension des travaux « engagés ou à engager » d’ici la fin de l’année et le verdict. Les travaux ont donc été stoppés net, le 6 octobre dernier. Soit, trois jours après avoir repris.

Du côté de la FFT, on s’insurge, on accuse la « décision de suspension des travaux prise par le TGI dans des conditions douteuses de manière non contradictoire » et on dénonce « une possible manipulation des faits de la part des opposants ». Désaccord sur la date de création de certaines serres (qui seraient moins historiques qu’on veut bien le croire), désaccord sur les multiples propositions et éventuels arrangements, la situation devrait s’éclaircir à la fin de l’année : le Tribunal Administratif se penchera sur la demande des associations de défense du patrimoine (le retrait du permis de construire) et le TGI s’attaquera à la requête des héritiers Formigé, opposés à ce que l’oeuvre de Jean-Camille, l’architecture des serres, soit modifiée. Sauf rebondissement d’ici là, n’est-ce pas ?

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