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Sabine Weiss au Château de Tours : la photo humaniste à son apogée

Agathe Lautréamont 10 octobre 2016

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Lorsqu’on évoque le nom de Sabine Weiss, une image nous vient immédiatement en tête : une photographie en noir et blanc prise aux heures où le jour se couche, à l’atmosphère éthérée. Un homme, à peine une silhouette, court sur le pavé humide de Paris, en se dirigeant les bras ouverts vers une brutale et envoûtante source de lumière. C’est cela, la magie de Sabine Weiss : des monochromes terriblement léchés, un univers profondément humaniste, des scènes d’une beauté ensorcelante. Le Château de Tours présente jusqu’à la fin du mois d’octobre une rétrospective des photographies de cette grande photographe, dont il faut impérativement découvrir le monde enchanteur. La preuve par trois.

Pennsylvania Station

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Sabine Weiss, Pennyslvania Station, 1962 © Sabine Weiss

Les voies lumineuses dans une photographie confèrent toujours à l’image une harmonie hypnotisante, un charme indescriptible et pourtant, qui fait immanquablement mouche sur notre sensibilité esthétique. Cette image fut saisie par Weiss alors qu’elle était en voyage aux Etats-Unis d’Amérique, en 1962. Avide de tenter sa fortune sur les terres promises de l’Amérique, la photographe débarque le Leica autour du cou, les valises pleines de pellicules vierges.

Son objectif capture le frissonnement étasunien dans un des décors les plus classiques, les plus conventionnels qui soit : une gare ferroviaire. Mais c’est précisément cet instant que le talent de Sabine Weiss entre en scène et transforme la poussière de la banalité en or artistique. Les silhouettes vêtues de longs manteaux noirs perdent leur statut de fantômes citadins, mais participent au contraire au frémissement trépidant d’une ville qui ne dort jamais. On retient en particulier ce petit homme au borsalino, à la droite de la composition.

Le visage levé vers le sommet de la gare, vers la verrière qui laisse filtrer la chaude lumière du jour, il demeure là, immobile, les bras croisés dans le dos, comme perdu dans sa contemplation. Sabine Weiss nous incite nous aussi, à cesser notre course, relever les yeux du cadran de notre montre, pour admirer cette magie figée par son boîtier argentique. La lumière forme une diagonale qui flatte notre œil, mais c’est toute la beauté d’un instant dont nous devons avant tout nous délecter.

André Breton chez lui

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Sabine Weiss, André Breton chez lui, 1956 © Sabine Weiss

L’atmosphère paraît de suite dense, chargée, irréelle… surréaliste ! Face au foisonnement d’images inhérentes à l’image, aux bibelots indénombrables, notre œil se sent brusquement perdu. Aucune règle des tiers, aucun point de force, aucun guide pour notre regard qui aime tant qu’on lui tienne la main pour pouvoir s’orienter à travers une exploration visuelle de l’esthétique… Mais ne serait-ce justement pas là le plan ourdi par Sabine Weiss ?

Cet intérieur que l’on devine bariolé, surchargé, à la manière d’un cabinet de curiosité moderne, n’est autre que l’appartement du génial écrivain André Breton, à qui l’on doit la rédaction du célèbre Manifeste du Surréalisme. Qui pourrait croire que pour présenter un personnage aussi original et iconoclaste, une composition photographique classique aurait fait l’affaire ? Rien de cela dans cette image étonnante prise par Sabine Weiss en 1956. Nous sommes introduits à André Breton non en tant qu’individu, mais comme collectionneur avide, comme esprit curieux de tout et dénicheur de nouveautés inimaginables.

Le principal intéressé, d’ailleurs, ne se trouve pas au centre de la composition, mais est relégué dans un coin de la photographie, en bas à gauche, presque invisible, perdu, se confondant avec l’amoncellement de ses trésors. L’effet, alors, est réussi. Nous avons pénétré dans un autre univers.

L’homme qui court

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Sabine Weiss, L’homme qui court, 1953 © Sabine Weiss

Nous en parlions en introduction de cet article en quelques mots, il était impossible de ne pas l’explorer plus avant. Cette image est devenue une icône, le symbole d’une époque photographique révolue : celle de l’argentique, mais surtout celle où des artistes de talent savaient le manier.

Car nous nous trouvons là face à une image fortement contrastée, propre à « affoler » les capteurs modernes. La ruelle parisienne est plongée dans une pénombre épaisse, noire comme de la suie. Et soudain, l’éclat de cette sublime diagonale, la clarté du soleil qui vient frapper de plein fouet la lentille de Sabine Weiss. Il faut des réglages subtils, une belle ouverture, voire très belle, pour saisir une image de ce type. Car la course de cet individu anonyme a été parfaitement figée, aucun flou de mouvement à déplorer ; ce qui indique une grande vitesse d’obturation. Du talent, pur.

Connaître son appareil sur le bout des doigts, se laisser surprendre par une scène aussi rapide qu’inattendue, et pourtant prendre le temps de choisir cette composition en diagonale d’une grande puissance, d’un dynamisme certain qui pourtant, ne se départit jamais d’une poésie absolument éblouissante. Alors oui, évidemment, c’est tout cela Sabine Weiss. Une photographe de grand talent, qui dans la lignée d’un Doisneau, aimait profondément la photographie humaniste.

SABINE WEISS

18/06/2016 > 30/10/2016

Château de Tours

TOURS

Sabine Weiss est la dernière représentante de l’école humaniste française, qui rassemble des photographes comme Robert Doisneau, Willy...

Exposition terminée
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