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MMM : La rencontre planante entre Matthieu Chedid et Martin Parr à la Philharmonie

Jéremy Billault 6 octobre 2016

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Un an après leur première exposition à l’occasion des Rencontres d’Arles 2015, Matthieu Chedid et le photographe Martin Parr débarquent à la Philharmonie pour une version retravaillée et plus intimiste de leur exposition MMM. Les photographies sont illustrées par la musique, par les sons, l’ambiance et les bruits que Chedid a imaginé en les voyants, dans une scénographie originale et… détendue. 

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Martin Parr et Matthieu Chedid Chedid/Cité de la Musique/SDP

Expérimental, mais pas trop. Un peu de neuf, un peu de familier, en cette rentrée culturelle, la Philharmonie a décidé d’innover et d’inaugurer son nouveau concept en invitant deux valeurs sures : Matthieu Chedid (M) et Martin Parr. Cette rencontre devrait être la première d’une série d’exposition consacrées à deux pratiques courantes mais trop rarement réunies dans les musées : la photographie et la musique. Alors que les photographes sont devenus partie intégrante de notre manière d’appréhender la musique et que certains plasticiens travaillent le son autant que la matière (notamment au cours de la Nuit Blanche d’il y a quelques jours), la Philharmonie invite deux artistes majeurs pour créer, à quatre mains, quelque chose de nouveau.

Une rencontre d’Arles

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Martin Parr / Magnum Photos

C’est à la demande de Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles, que Martin Parr et M se sont rencontrés pour, déjà, créer une exposition commune. Ainsi est née la première version de MMM (Matthieu M Martin, vous l’avez ?), dans  l’Eglise des Frères Prêcheurs, à l’opposé de l’espace mis à disposition par la Philharmonie. A l’image de ce qu’avaient communément imaginé la 3ème scène de l’Opéra de Paris et le Fonds Leclerc pour la Culture de Landernau (pour présenter une série de vidéos de manière originale), l’exposition MMM est un espace uni et uniforme qui  nous plonge dans une pénombre intense que seul le défilé des photos de Martin Parr (sur des écrans) vient perturber.

GB. England. Elland. From 'Bad Weather'. December. 1978.

Martin Parr / Magnum Photos

Matthieu Chedid a créé en fonction de Parr, qui présente ici ses tubes, ce pourquoi ceux qui l’apprécient l’apprécient, sa photographie crue, parfois grotesque, belle, humoristique voire même repoussante (les chiens de concours succèdent à des têtes de poulet frites et à toutes sortes d’animaux dans la thématique du même nom). Neuf thématiques deviennent rapidement neuf environnement : Matthieu Chedid a composé au feeling, au ressenti, un morceau unique d’une vingtaine de minutes dont les grands axes accompagnent ceux du photographe. Guitare, basse, percussions, voix, chaque petite zone de l’exposition est enrobée par son environnement sonore propre : à l’image d’une pochette d’album, d’une photo utilisée pour illustrer le son, c’est ici le son qui illustre l’image, qui lui apporte un grain, une émotion, une sensation supplémentaire.

Immersion

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Martin Parr / Magnum Photos

C’est probablement là la réussite de l’expo : un environnement, une pièce unique à l’atmosphère détendue qui permet d’admirer et de s’étonner devant les très nombreuses photos de Martin Parr. Aux quatre coins de l’expositions, les deux artistes nous invitent à réfléchir, à admirer et à ressentir : on s’allonge, on s’affale sur l’un des transats imprimés d’une photos de Parr qu’on avait déjà croisé à Arles, on savoure. L’exposition n’a pas vraiment de début ou de fin, on passe, on repasse, on vient on revient, on déambule, on s’arrête, tout tourne autour des deux artistes, sans distraction textuelles, simplement par le son et par l’image.

 

La rencontre entre les deux hommes a également été l’occasion de réaliser un entretien dans lequel l’un interroge l’autre, leurs voix doucereuses soufflées à nos oreilles dans un casque d’une qualité dont seule la Philharmonie (ou presque) a le secret. MMM est donc le premier volet d’une série (qui accueillera, l’an prochain, Vincent Delerm) à la scénographie originale, qui réussit la prouesse de servir la musique et la photographie, l’une sublimant l’autre dans un voyage immersif et passionnant, à travers les méandres sinueux et forts en émotions de l’univers si particulier de Martin Parr. A voir et à revoir !

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