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Une nouvelle peinture de Raphaël découverte au Royaume-Uni ?

Agathe Lautréamont 3 octobre 2016

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Aurait-on découvert une nouvelle œuvre de Raphaël ? C’est en tout cas la question qui secoue tout le Royaume-Uni depuis ce début de semaine. Le National Trust for Scotland, organisme écossais en charge de la protection et de la promotion du patrimoine culturel d’Écosse, aurait découvert dans une riche résidence une peinture que les historiens de l’art soupçonnent être de la main du grand peintre de la Renaissance italienne…

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La Madone anciennement attribuée à Innocenzo Francucci da Imola © Positive Image

On est là face à une toile de taille modeste, mais aux couleurs toujours vives. Les cheveux auburn de la madone, sa robe rouge, son auréole légèrement dorée… Comme si elle n’avait pas pris une ride depuis cinq cents ans. Pourtant, au fil des siècles, de multiples couches de vernis avaient terni son éclat, la surface avait jauni, puis noirci, à tel point que les experts peinaient à admirer les détails de ce petit tableau qui, faute d’analyse en profondeur, avait été attribué à un artiste mineur. Son potentiel, son statut de grande œuvre d’art, vient cependant d’être réévalué grâce au regard aguerri d’un historien de l’art, Bendor Grosvenor. Si l’on en croit l’expert, l’œuvre serait à attribuer à un géant de l’art : Raphaël (1483-1520).

Le tableau a été daté entre 1505 et 1510. Pourtant en 1899, lors d’une première analyse, cette œuvre avait été jugée comme une simple copie et évaluée à environ 20 livres sterling de l’époque (ce qui nous donne aujourd’hui environ 2000 livres sterling). Mais aujourd’hui, depuis qu’il a été attribué à Raphaël, son prix on l’imagine, s’est envolé et avoisinerait les vingt millions ! Et tout cela, grâce… à une émission de télévision !

Secret d’Histoire de l’art

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Jacky Klein et Bendor Grosvenor avec l’oeuvre de Raphaël © BBC

Bendor Grosvenor était en effet en visite à la Haddo House (une demeure du XVIIIe siècle qui abrite les locaux du National Trust for Scotland) dans le Aberdeenshire afin d’examiner quelques tableaux conservés en ces lieux dans le cadre d’une émission pour la chaîne britannique BBC, quand il fut soudain frappé par une petite peinture discrète, très simplement accrochée au-dessus d’une porte, anonyme et (apparemment) sans histoire. L’éclairage n’était pas optimal et l’œuvre était affreusement ternie par plusieurs couches de vernis de mauvaise qualité qui, au fil du temps, avaient jaunis. En se renseignant plus avant, Grosvenor découvrit que la toile avait été achetée au XIXe siècle comme étant un Raphaël, et exposée en tant que telle à partir de 1841 à la British Institution de Londres, aux côtés d’autres peintures (celles-ci bien authentifiées) de l’artiste de la Renaissance italienne.

Cependant, quelques années plus tard, l’œuvre se vit rétrogradée, passant d’un Raphaël prestigieux à une oeuvre mineure « d’après Raphaël », suggérant ainsi que ce tableau ne serait qu’une simple copie. Les experts d’alors jugèrent que la peinture pouvait avoir été exécutée par un artiste mineur de la Renaissance, un certain Innocenzo Francucci da Imola. Mais Grovenor n’est résolument pas de cet avis. Pour lui, le trait est bien trop affirmé, bien trop fin, pour être de la main d’un peintre peu connu.

La peinture fut par la suite emmenée en restauration, où on retira du visage de la belle madone les couches de vernis usé et ainsi que la poussière accumulée au long des siècles. Alors fut révélée une peinture d’une extrême beauté et d’une qualité de réalisation en tous points exceptionnelle. On admire le trait, on reste bouché bée face aux couleurs somptueuses, et l’on se demande comment de tels talents pouvaient exister…  Quant aux analyses scientifiques plus approfondies, elles ont permis de révéler des esquisses sous les couches de peinture, mais également des repentirs, notamment au niveau d’un des doigts de la Vierge (on note un changement de position du doigt). Or, la présence de repentirs indique le plus souvent que l’œuvre est un original et non une copie ! Le profil de la Madone, son modelé, son teint délicat, ressemblent trait pour trait à d’autres Vierges de Raphaël. Si la découverte est bel et bien confirmée, nous serions là face à la seule œuvre de Raphaël appartenant à l’Écosse.

Pour les anglophones, cette incroyable histoire sera racontée en détails lors de la diffusion le 5 octobre prochain du reportage de la BBC, intitulé « Les chefs-d’œuvre perdus du Royaume-Uni », co-présenté par Grosvenor et une autre historienne de l’art, Jacky Klein. On pourra également croiser dans le petit film un ancien directeur de la National Gallery, Sir Nicholas Penny, qui parlera en détails de la découverte. En attendant, la belle Madone de Raphaël est toujours accrochée au sein de la Haddo House. Seulement, elle ne se trouve plus au-dessus de sa triste porte, mais est désormais bien en vue de tous les visiteurs… !

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