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Photographie : les multiples visages d’Ellis Island

Agathe Lautréamont 3 octobre 2016

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Entre 1892 et 1954, il n’existait qu’une seule porte d’entrée vers les États-Unis d’Amérique pour les vagues de migrants espérant une vie nouvelle : Ellis Island. Ce petit îlot de moins de 130 000 mètres carrés servait de point de passage aux populations venues des quatre coins du monde. Des hommes, des femmes et des enfants demeuraient sur l’île, en transit, en attendant de pouvoir enfin atteindre leur objectif, dont ils n’avaient jamais été aussi proches. Augustus Francis Sherman, qui travaillait sur Ellis Island au début du XXe siècle, photographia nombre de ces migrants. Aujourd’hui, les clichés ont été restaurés et… colorisés !

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Une femme ruthène, en 1906 © The Paper Time Machine

« Give me your tired, your poor, Your huddled masses yearning to breathe free, The wretched refuse of your teeming shore. » Ces quelques lignes font partie d’un des plus célèbres poèmes de la culture américaine. Deux strophes qui se trouvent gravées sur le socle de la Statue de la Liberté qui se dresse à l’entrée de la ville de New York, sur Liberty Island. Huit cent mètres plus loin se trouve une autre île au passé très lourd : Ellis Island.

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Une femme guadeloupéenne, en 1911 © The Paper Time Machine

Entre son ouverture le 1er janvier 1892 et sa fermeture définitive le 12 novembre 1954, ce bout de rocher à quelques encablures de New York a vu passer pas moins de douze millions de personnes. La plupart des hommes et des femmes ayant posé le pied sur cette île étaient issus du continent européen, mais une part non-négligeable des migrants venaient également des pays arabes alors dominés par le puissant Empire Ottoman.

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Une femme italienne, vers 1910 © The Paper Time Machine

À l’origine, cet îlot se nommait Little Oyster Island (littéralement « l’île de la petite huître ») mais elle fut renommée Ellis Island d’après le colon écossais Samuel Ellis qui fut propriétaire de cette langue de terre à la fin du XVIIIe siècle. Des bâtiments furent ensuite érigés pour l’accueil des immigrants, et c’est là qu’on enregistrait systématiquement tous les noms des personnes qui passaient par cette île.

Grâce aux registres, on sait ainsi que l’année 1907 fut une des plus actives avec un million d’arrivants. Pour la journée du 17 avril de cette même année 1907, ce ne sont pas moins de 11 747 personnes qui durent décliner leur identité au bureau d’enregistrement de l’île.

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Un berger roumain, vers 1906 © The Paper Time Machine

La toute première migrante était une jeune femme de 18 ans nommée Annie Moore, originaire du comté de Cook en Irlande. Elle arriva le 1e janvier 1892 dans le but de rejoindre ses parents qui s’étaient établis à New York, quatre ans plus tôt. Quant à la dernière personne à poser le pied sur Ellis Island, ce fut un homme, un marchand norvégien nommé Arne Peterssen venu à New York en 1954.

Cette même année, Ellis Island cessait d’être la porte d’entrée des immigrants arrivant aux États-Unis d’Amérique. On estime aujourd’hui qu’environ cent millions d’américains auraient au moins un ancêtre qui serait passé par Ellis Island.

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Une petite fille alsacienne, en 1906 © The Paper Time Machine

C’est à un employé d’Ellis Island, Augustus Francis Sherman, que l’on doit les clichés en noir et blanc présentés dans cet article (la colorisation est signée des studios Dynamichrome). On sait bien peu de choses sur ce personnage, hormis qu’il est né le 9 juillet 1865 dans l’État de Pennsylvanie et qu’il fut embauché par le Bureau de l’Immigration de l’île en 1892. À partir de l’année 1904, il fit montre de ses talents de photographe en prenant des clichés des nouveaux arrivants.

Pendant vingt ans, il prit des centaines de clichés, fasciné par la beauté des costumes traditionnels très souvent portés par ces populations venues des quatre coins du monde. Sans le savoir, Sherman allait créer des archives capitales pour l’histoire des États-Unis, offrant à la postérité un témoignage puissant de cette période dynamique mais aussi controversée de l’histoire américaine.

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Une néerlandaise, vers 1910 © The Paper Time Machine

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